Analyses d'oeuvres


OUVERTURE FESTIVE
de André Waignein


Cette composition a été écrite particulièrement pour le Concours International de Composition, organisé par la Confédération Musicale de France.
Le compositeur a tenu à respecter rigoureusement les consignes imposées du règlement du concours à savoir le niveau de difficulté et l’orchestration pour la 3e division.
L’introduction, d’une grande intensité, se manifeste par l’exposition de sonneries généreuses successivement présentées par les trompettes et trombones (5). Il s’ensuit une phrase mélodique (12) exposée par les gros cuivres (trombones, barytons, euphoniums) ponctuée délicatement par les bois (clarinettes, saxo-phones).
La cellule thématique de l’introduction (20) est représentée-présentée, suivie d’une phrase mélodique (24) exposée par les bois (flûtes, hautbois, clarinettes) durant laquelle les cors et barytons interviennent rythmiquement imités par les trompettes. Un nouveau thème (35), généreux dans sa conception, poursuit le développement de « l’ouverture ».
Les trompettes, cors et trombones (49) rappellent le caractère festif de la composition en ré-exposant le thème principal du début (53).
Le cœur de la composition est peut-être dans cette respiration mélodique (61). Tout en étant d’une extrême simplicité, elle prend néanmoins une allure de grandeur alors qu’un contrepoint libre (74) fait son apparition (basson, cors, barytons). Cette ambiance de sérénité est interrompue par une intervention décidée (87) aux cors, trombones et basses.
Dans l’Allegro qui suit, rythme et mélodie s’entrelacent avec précision pour donner à ce mouvement un caractère très gai.
La conclusion reprend les éléments majestueux présentés lors de l’introduction conduisant progressivement à une allégresse triomphante et conclusive (87).
André Waignein est né à Mouscron en 1942. Il est actuellement Directeur du Conservatoire de musique de Tournai et professeur au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles.
Lauréat de plusieurs prix de composition nationaux et internationaux, dont le Prix de Composition de l’Union Européenne de Radiodiffusion et le Prix de la Musique décerné par la Société belge des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique (SABAM). Son répertoire couvre beaucoup de domaines: la pédagogie, la musique de chambre, la musique pour orchestre symphonique et pour orchestre d’harmonie.
A ce jour, son catalogue est composé de plus de 300 œuvres éditées et interprétées en Europe, aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Australie. Sa discographie comprend 52 CD.





PETITE SUITE EN MI BÉMOL
de Boris Galdo


La Petite Suite en Mi bémol se présente sous la forme de trois mouvements. Cette forme tripartite m’est apparue la plus appropriée afin de dépeindre trois univers différents. L’unité de la pièce est assurée par la présence d’un leitmotiv (mélodie récurrente) dans chacun des mouvements.
L’inspiration générale n’étant liée à aucune référence littéraire ou autre « musique pure », il me semblait évident de séparer les trois caractères sous la forme de mouvements juxtaposés de même façon qu’une symphonie ou qu’une sonate.
Deux thématiques s’opposent dans le premier mouvement Introduction-Moderato con moto à allure de marche, alternant caractères triomphant et lyrique, soutenus par différentes couleurs orchestrales. Le leitmotiv apparaît entre exposition, développement et ré-exposition de ces éléments.
Dans l’Andante grazioso, un choral encadre une mélodie calme et mélancolique qui gagne peu à peu tous les pupitres. Cette progression contrapuntique mène au point culminant du mouvement. Le Leitmotiv plus dissonant et plaintif amorce un évanouissement sonore jusqu’à un accord improbable.
Le caractère folklorique mène la danse dans l’allegro leggiero. L’orchestration met tout à tour certains pupitres en lumière, évoquant différents tableaux d’une fête villageoise imaginaire. La dernière apparition méditative, du leitmotiv précède un tutti orchestral qui conclut le final.... et la suite.
Né en 1982, Boris Galdo a obtenu sa licence de musique et musicologie à l’Université de Montpellier. Il joue du trombone au sein de l’orchestre d’harmonie de Montpellier-Jacou et en petite formation. Joue également du piano




LA VIELLE HORLOGE
de Julien Pondé


Tout le monde s’est un jour retrouvé face à un imposant meuble âgé qui bat sans cesse le temps. Que ce soit chez ses parents ou grand parents, ce tic-tac a toujours fasciné les plus jeunes. « La vieille horloge » montre les derniers temps de l’une d’entre elles, laissée à l’abandon au fond d’une pièce où les personnes passent sans la voir, étant habituées à sa présence.
L’assourdissant Tic-tac retentit majestueusement, mais le seul mouvement visible reste l’énorme balancier à la cadence répétitive. C’est quand tout à coup sonne l’horloge que les regards sont attirés vers le haut. Alors le cadran montre ses aiguilles faisant l’éternelle course au temps, sans jamais le rattraper. Mais c’était hélas la dernière fois que de tels sons se sont fait entendre, car la vieille horloge laissée à l’abandon s’arrête, petit à petit…
« La vieille horloge » est écrite de façon à pouvoir être jouée par de petits effectifs. Les interventions importantes des instruments malheureusement rares comme le hautbois ou la clarinette basse, peuvent être jouées par d'autres musiciens de l’orchestre.
De petites sonorités inhabituelles ponctues l’œuvre de petites touches comiques, qui la rendent aussi agréable à être jouée, qu’à être écoutée par un très large publique.
Le tempo régulier et les rythmes simples ne demandent pas un haut niveau technique, de sortes que même une harmonie de jeunes pourrait la jouer. L’écriture horizontale (thèmes) et verticale (accords) se mélangent et se confondent pour donner à l’œuvre une homogénéité qui fait de l’orchestre un seul et même instrument.
Pour résumer, « La vieille horloge » possède un grand attrait pédagogique, mais procure aussi un grand plaisir aux musiciens et au public.
Après des études au CNR de Bordeaux (solfège, trompette et musique de chambre cuivres), Julien Pondé est trompettiste au sein de l’Orchestre d’harmonie de l’Armée de l’Air de Bordeaux-Mérignac depuis 2001, Chef de l'Orchestre symphonique des jeunes de l’UDEM 33, professeur à l’école de musique de Sainte Hélène et d’Ambarès.




VIBRATIONS
de Jérôme Naulais

Oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie, en 1ère division. Éditions Pierre Lafitan.
C'est une pièce composée dans le style pop-music, rock, jazz-rock, jazz-fusion, toujours en pulsation binaire. La pièce est construite en deux parties bien distinctes.
1ère partie :
Le début (noire = 88) est une grande introduction pour amener un mouvement de rock à la mesure 85 (noire = 132). La multitude d'évènements vont créer les «vibrations». Néanmoins, la totalité de la pièce est articulée autour d'un thyme principal.
C'est à la mesure 90 qu'apparaît pour la première fois ce thème dans sa totalité.
Nous allons analyser brièvement la pièce en commençant par l'introduction.
Début : noire = 88. Très rythmé : jazz rock. Il faut être très précis et avoir la notion de pulsations intérieures des croches avec une prédominance aux instruments graves (mesures 4 à 11). À la mesure 24, arrive un passage phrasé, avec une apparition d'un extrait du thème principal à la flûte solo (mesures 28 à 31).
Effets de vagues de la mesure 41 à 51, qui s'enchaînent en contraste sur un passage rythmique délicat : mesures 51 à 77. (Apparition du thème aux instruments graves : mesures 62 et 63).
Nous enchaînons sur un passage plus calme : noire = 72. La mesure 77 est une amorce pour introduire la 2e partie de la pièce. Tempo de rock binaire : noire = 132. (Ne pas oublier de noter un bout de thème principal dans l'accelerando par les petits bois et les trompettes, mesures 81 à 84.
2e partie :
L'interprétation du thème principal, à la mesure 90, doit être très balancée et très légère, avec des croches piquées. Les évènements étant nombreux, de nouvelles vagues arrivent dès la mesure 98 avec les bois. Apparition du thème avec les cors et le bugle, mesures 102 à 104.
Des escaliers bien liés et homogènes, mesures 106 à 112.
Apparition du thème avec les petits bois, mesures 116 et 117. Bien redescendre au pp mesure 119 et crescendo pendant 4 mesures (avec apparition des trois premières notes du thème aux flûtes, clarinettes, trompettes et bugle). Beaucoup de précision à la mesure 127 en f. Contraste une nouvelle fois important à la mesure 125, en p subito. Toujours les apparitions de début du thème en enchaînements (mesure 125 : cors, trombones, 126 : bassons, saxophones, 127 : petits bois, 128 : bassons, saxophones).
Un évènement soudain vient briser le déroulement de ces phrases solistes, par l'arrivée de deux mesures deux fois plus lentes. L'équivalence «croche=noire» précédente (noire=66) est très importante pour ne pas couper le fil rythmique et pour pouvoir enchaîner (toujours avec équivalence) avec le final de la pièce à la mesure 141 et au tempo initial de noire=132.
Nous entendons pour la dernière le thème dans son intégralité mesures 150 à 157. (La 2e partie étant harmonisée en accords, il convient de s'assurer de l'homogénéité entre les différentes parties).
La coda finale est annoncée avec un fragment du thème de la mesure 165 à la fin en tutti.
En conclusion
La précision, les reliefs, les contrastes (duels entre rythme et vagues mélodiques), le respect des nuances et dynamiques, sans oublier une justesse irréprochable - les harmonies étant riches et variées avec beaucoup de frottements -, sont les clés de la réussite de ces «vibrations».
Jérôme Naulais





TOM SAWYER SUITE

de Franco Cesarini


oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie, en division Excellence.Éd. Mitropa Music.
Franco Cesarini est né en 1961 à Bellinzona en Suisse. Il entame sa formation musicale au Conservatoire de Milan (Italie), où il étudie la flûte traversière et le piano. À partir de 1980, il poursuit ses études auprès de Peter-Lukas Graf au Conservatoire de Bâle. Trois ans plus tard, il reçoit le diplôme de professeur de musique. Franco Cesarini a remporté plusieurs concours en tant que soliste ou chambriste, notamment le premier prix du concours récompensant le meilleur soliste de Suisse en 1981. En 1984, il obtient une bourse de la Fondation Ernst Göhner-Migros. Il poursuit ses études auprès de Peter-Lukas Graf jusqu'à l'obtention du diplôme de concertiste. Parallèlement, il étudie la théorie musicale et la composition avec Robert Suter et Jacques Wildberger ainsi que la direction d'orchestre d'harmonie auprès de Felix Hauswirth.
Actuellement, il enseigne la direction d'orchestre d'harmonie au Conservatoire de Zurich. Parallèlement à ses activités de compositeur et d'arrangeur, Franco Cesarini dirige également le Civica Filarmonica de Lugano ainsi que le Civica Filarmonica de Balerna. D'autre part, il est très sollicité en tant que membre de jury et chef invité. Franco Cesarini est un compositeur particulièrement polyvalent. Son catalogue comporte non seulement des pièces pour orchestre d'harmonie et brass band, mais aussi des compositions pour ensemble de musique de chambre, pour divers instruments solo, pour choeur, orchestre à cordes et orchestre symphonique. La plupart de ses oeuvres ont déjà été enregistrées et sont disponibles en compact disc. Franco Cesarini est membre du comité directeur de la World Association for Symphonic Bands and Ensembles (WASBE).
Les Aventures de Tom Sawyer était le livre préféré de Franco Cesarini lorsqu'il était enfant. À partir de ses souvenirs d'enfance de cet univers magique de joie, de peur et de liberté, Franco Cesarini tente de donner vie aux personnages du livre dans cette composition intitulée Tom Sawyer Suite. Chacun des quatre premiers mouvements décrit un personnage de l'histoire. Tom Sawyer est représenté dans le premier mouvement où est utilisé le rythme caractéristique du cake-walk.
Le deuxième mouvement est consacré à Huckleberry Finn, le meilleur ami de Tom Sawyer, et contient le thème de la célèbre chanson traditionnelle américaine Ring, Ring de Banjo.
Le troisième mouvement, plus lent, plus expressif et plus mélancolique est une description du personnage de Becky Thatcher. Puis il y a Joe l'Indien, le meurtrier qui tente de rattraper les deux témoins du crime, Tom et Huck, pour les tuer. Le secret de Joe ne doit pas être révélé et la musique de ce quatrième mouvement se fait menaçante.
Le cinquième mouvement illustre le dénouement heureux de l'histoire.
Tous les thèmes des mouvements précédents se rejoignent en des harmonies joyeuses pour aboutir à un point culminant où les thèmes de Tom et de Becky se conjuguent de façon splendide.
Enregistrement sur le compact disc : Blue Horizons (202.013-3 MD).




LES ROIS MAGES
de Marcel Chapuis

Oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie en 3e division. Éditions Pierre Lafitan.
Cette oeuvre évoque, à travers chaque roi, un aspect de la nuit de Noël, telle que la représente l'imagerie populaire et dont chacun se souvient avec émotion.
Gaspard (1er mouvement), c'est la caravane qui chemine vers Bethléem. Melchior (2e mouvement) apporte une touche de spiritualité et Balthazar (3e mouvement) constitue le moment de réjouissance.
L'unité des trois mouvements est obtenue par l'utilisation de couleurs thématiques et harmoniques, d'inspiration moyen-orientale, par le chevauchement des thèmes d'un mouvement à l'autre, par les citations plus ou moins évidentes du cantique Il est né le divin enfant, du Noël provençal La Marche des rois, et par les rapports de tonalité.
Descriptif
Gaspard (la mineur) 4'20.
Immensité, silence (sons tenus en quintes aux flûtes), pas de la caravane (rythme régulier).
Thème 1 joué au hautbois puis repris avec contrechant (clarinettes et flûtes).
Thème 2 joué aux saxophones et repris par les bois et les trompettes.
Petit développement et, sur pédale en quintes, citation du cantique Il est né le divin enfant.
Retour du thème 1 sur lequel vient se greffer le thème du cantique.
Reprise du thème 2.
La coda est jouée par un orchestre de plus en plus épuré et s'achève sur une longue tenue rythmée par le pas de caravane qui s'éloigne.
Melchior (do mineur ambigu) 4'.
L'introduction est jouée par le baryton solo, ponctuée par des interventions des bois et des cors en triolets decrescendo.
Le thème 1 est joué aux saxophones sur nappes d'accords (clarinettes) avec les mêmes ponctuations.
Reprise enrichie par le contrechant des bois et l'amplification de l'orchestre.
Développement sur le thème en triolets avec effets d'échos.
Le thème 2 est une longue marche harmonique sombre, jouée aux cuivres. Sur la reprise, vient se greffer, à peine modifié, le thème du Noël provençal La Marche des rois, donné par les graves.
Les flûtes en trio apportent une touche céleste, rompant avec le passage tourmenté qui précède (l'étoile ?, l'annonce et la naissance ? ...)
Retour du thème 1 repris en canon à 5 voix par les différents pupitres qui convergent (comme les bienheureux ?) vers le point d'orgue suspensif sur accord de dominante.
Balthazar (mi min./mi maj.) 4'30.
La troisième partie apparaît comme un moment de réjouissance.
Le thème 1, joyeux, joué par les trompettes, est traversé de multiples traits foisonnants.
D'autres thèmes se succèdent, chacun joué par un pupitre différent : les saxophones, les clarinettes. Après une brève interruption suspensive (pendant laquelle on reconnaît la fin du refrain du cantique), les graves, les trompettes et les bois se superposent jusqu'au retour fugace du thème de Melchior introduisant les percussions.
Le thème de Gaspard réapparaît en majeur maestoso et se transforme en fugue rapide à 4 voix.




BANJA LUKA
de Jan de Haan

Oeuvre imposée pour orchestres de fanfare, en division Honneur. Éditions De Haske.
Jan de Haan est né en 1951à Warns, aux Pays-Bas. Son père, grand amateur de musique et tromboniste, lui insuffla cette passion pour la musique. Trés jeune, Jan de Haan s'intéresse à la direction d'orchestre. De 1969à 1973, il étudie l'enseignement de la musique et du trombone au Centre de formation des professeurs de musique de Leeuwarden et obtient en 1976 le diplôme de chef d'orchestre dans la classe de Henk van Lijnschooten au Conservatoire d'Utrecht.
À partir de 1974 et jusqu'en 1994, Jan de Haan dirige le Brass Band Soli Deo Gloria qui sous son impulsion connaît de grands succès et remporte notamment plusieurs concours nationaux et internationaux. Soli Deo Gloria fait désormais partie des meilleurs brass bands européens.
Jan de Haan est fréquemment sollicité en tant que chef invité par de nombreux orchestres professionnels ou amateurs du monde entier, tels que l'Orchestre d'Harmonie de la Radio hollandaise, les prestigieux brass bands anglais Brighouse & Rastrick Band et Desford Colliery Caterpillar ainsi que l'un des orchestres d'harmonie les plus connus au monde : le Tokyo Kosei Wind Orchestra ; sans oublier les quatre orchestres militaires professionnels des Forces Armées des Pays-Bas : la Musique Militaire Royale, la Musique de la Marine, l'Orchestre d'Harmonie Militaire J.W.F. et la Musique Royale de l'Armée de l'Air.
De 1978 à 1989, Jan de Haan travaille comme compositeur, arrangeur, producteur et créateur de programmes pour la Radio Télévision hollandaise. Durant ces années passées au service de l'audiovisuel, il créera plus de 140 programmes. En 1983, il fonde la maison d'édition musicale De Haske Publications en réunissant sous ce label toute une nouvelle génération de compositeurs. Actuellement, Jan de Haan assume ses responsabilités de président des éditions De Haske et se consacre à sa carrière de chef d'orchestre invité et de compositeur.
En 1995, Jan de Haan compose Banja Luka, une fresque illustrant les évènements tragiques de la guerre civile qui déchire l'ex-Yougoslavie. Banja Luka est une oeuvre structurée en huit tableaux et qui relate chacun un fait, une situation ou un évènement de la guerre : la violence du conflit (1er tableau), la tragédie (2e tableau, mes. 24), la prière (3e tableau, mes. 49), l'espoir (4e tableau, mes. 64), l'action des dirigeants (5e tableau, mes. 126), l'intervention des forces armées (6e tableau, mes. 129), la confrontation (7e tableau, mes. 202), le destin (8e tableau, mes. 226).
Banja Luka débute sur une introduction résolument agressive qui témoigne de la violence du conflit. Le pupitre des saxophones dépeint par le biais d'une mélodie plaintive la tragédie que vit la population de Bosnie-Herzégovine. À la plainte succède le recueillement, le trombone et la trompette solos interprètent la prière du peuple meurtri. Après un court rappel du conflit, une mélodie fluide et légère laisse flotter un vent d'espoir et de paix mais les dirigeants des républiques belligérantes en décideront autrement et l'on comprend à l'écoute du dialogue entre le saxophone alto et la saxophone soprano que tout espoir de paix est anéanti. Les armées progressent dans leur destruction organisée laissant derrière elles la désolation et la mort. La population souffre et le cauchemar semble ne pas trouver de fin.
Banja Luka est une ville de Bosnie-Herzégovine d'environ 150 000 habitants. Ses nombreux sites historiques témoignent de la richesse de son passé. Son importance stratégique en avait fait une ville très convoitée, conquise par les Romains, les Turcs et les Autrichiens. Au fil du temps, elle s'imposa comme le point central des échanges commerciaux. En 1969, un tremblement de terre détruit la quasi-totalité de la ville. Elle sera reconstruite dans une architecture moderne. Banja Luka signifie «bain de Luc». D'ailleurs la légende raconte que l'évangéliste aurait été médecin à Banja Luka et y aurait découvert des sources thermales dont les vertus thérapeutiques sont encore mises à profit de nos jours.
Enregistrement sur le compact disc : Banja Luka (DHR 2.018-3




MUSIC FOR CINEMA
de Bertrand Moren

Oeuvre imposée pour brass bands, en 2e division. Éditions De haske.
Bertrand Moren est né le 26 juin 1976 à Vétroz en Suisse. Il reçoit ses premières leçons de piano à l'âge de six ans avant d'entrer dans la classe de la célèbre pianiste Edith Fischer. En juin 1998, il obtient le diplôme d'enseignement du piano de la Société Suisse de Pédagogie Musicale. Parallèlement à ses études de piano, il suit des cours de formation musicale, d'harmonie, d'analyse, de contrepoint et d'histoire de la musique au Conservatoire de Sion.
Bertrand Moren est passionné par les cuivres en général et par le trombone en particulier. À l'âge de huit ans, il débute le trombone avec son père, Géo-Pierre Moren, et bénéficie par la suite de l'enseignement de professeurs renommés tels que Dany Bonvin, Branimir Slokar et Roland Schnohrk. En juin 1999, il obtient son Certificat d'Études Supérieures du trombone au Conservatoire de Genève. Bertrand Moren a déjà remporté de nombreux prix en tant que tromboniste soliste ; il est notamment lauréat du Championnat Suisse des Solistes d'Instruments de Cuivre, du concours de soliste du Swiss Entertainment Contest et du Concours Suisse de Musique pour la Jeunesse. Il est membre et soliste du Brass Band 13 Étoiles et participe toujours activement à la vie des fanfares, berceau de ses débuts musicaux.
Son catalogue comprend 30 oeuvres pour Orchestre d'Harmonie et pour diverses formations de cuivres (quatuor de cuivres, quatuor de tubas, ensemble de cuivres et surtout brass band). En 1997, il est sélectionné parmi une cinquantaine de compositeurs pour participer à la finale d'un concours de composition organisé par l'Harlequin Brass Ensemble (Grande-Bretagne). Avec la pièce European Overture (Ouverture Européenne), il remporte, en 1998, le premier prix du jury ainsi que le prix du public au Concours Européen de l'Association Européenne des Brass Bands, ce qui lui permet de composer l'oeuvre imposée en première catégorie au Championnat Européen des Brass Bands à Munich en avril 99 : The Bandsman's Challenge ("Le Défi du Musicien d'Orchestre"). En 1998, le Fonds pour le développement de la musique pour Brass Band en Suisse lui remet le Prix Ernst Graf qui récompense son travail de composition. Bertrand Moren partage actuellement son temps entre ses études musicales, l'enseignement, la pratique instrumentale (trombone et piano) et la composition. Également pianiste accompagnateur, il se consacre beaucoup à l'accompagnement des cuivres.
Avec Music for Cinema, composé pour le Brass Band de Saulcy en Suisse, Bertrand Moren rend hommage à un genre musical qu'il affectionne beaucoup, la musique de films. Cette oeuvre développe une intrigue qui pourrait convenir à différents films.
L'introduction, sonore et enlevée, rappelle, en filigrane, ces génériques de grands studios hollywoodiens qui annoncent avec solennité le début de la projection du film. Le passage central alterne entre phrases dissonantes et plaintives, et passages soli expressifs et passionnés. L'auditeur se glisse dans l'une de ces somptueuses histoires romantiques qui n'existent qu'au grand écran.
Un passage de transition mystérieux et tendu suscite des sentiments divers et notamment celui de la peur généré par de nombreuses intrigues. Le final reprend la ligne mélodique initiale sur des rythmes plus dansants, plus espiègles.




CARROUSEL
d'Anne-Virginie Marchiol

Oeuvre imposée en batteries-fanfares, formation B, en division Excellence. Éditions Pierre Lafitan.
Oeuvre commandée et enregistrée par la Fanfare de Cavalerie de la Garde Républicaine de Paris. (Tonalité : mib majeur).
Effectif instrumental : trompettes mib, cors mib, trompettes basses mib, contrebasses mib, timbales, 1 xylophone, cymbales frappées, 1 grosse-caisse.
Cette composition a été motivée par la volonté de rendre un effet de puissance et de grande énergie sonore. L'effet provient à la fois de la mise en oeuvre d'un procédé d'écriture fondé initialement sur la succession de consonances parfaites (quartes et quintes justes en mouvement ascendant formulées aux trompettes) et de spécificités instrumentales de cette formation, notamment dues à la présence de nombreuses trompettes de cavalerie.
Le titre Carrousel fait d'ailleurs référence au contexte de la cavalerie et à ses différentes parades.
Le caractère vif (noire = 132), le rythme scandé du thème 1 et l'alternance avec les deux autres thèmes (aux contours plus mélodiques) contribuent à l'évocation musicale du carrousel.
La structure s'apparente à une forme rondo dont le thème 1 constitue le refrain.
1- Schéma de la forme :
- Introduction : mesures 1 à 5 ; unisson sur sib puis modulations.
- Thème 1 : refrain (mesures 6 à13) mib majeur.
- Thème 2 : mesures 14 à 21, mib majeur.
- Transition 1 : mesures 22 à 24.
- Thème 1 : mesures 25 à 32, mib majeur.
- Thème 3 : mesures 33 à 48, mib majeur.
- Transition 2 : mesures 49 à 55, modulant
- Thème 1 : mesures 56 à 63, mib majeur.
- Coda sur le thème 1 : mesures 64 à 74, mib majeur.
2- Procédés d'écriture mis en oeuvre :
La cellule composée de 2 intervalles de quinte juste ascendants (mib-sib et sib-fa) caractérise la première partie du thême 1.
La fragmentation instrumentale de cette cellule (trompettes 3 - trompettes 1 et 2) engendre un effet de ricochet récurrent dans l'oeuvre et déjà présent dans l'introduction. Elle est fondée sur la répétition alternée de deux consonances parfaites (la quarte et la quinte juste en mouvement ascendant) qui couvrent l'ensemble du registre de la trompette : sib 2 - mib 3 - sib 3 - mib 4 - sib 4.
C'est dans la seconde partie du thème 1 que la cellule se trouve modifiée par le renversement de la seconde quinte juste en quarte juste : fa-sib.
L'intervalle de quarte constitue également un des éléments fondamentaux dans l'élaboration de chacun des trois thèmes. Cet intervalle ne représente pas un élément générateur du thème 1 mais sa présence dans le thème 1 prépare néanmoins l'exposé du thème 2 qui suit.
Les thèmes 2 et 3 possédent deux caractéristiques communes :
- un saut de quarte ascendant marque le début de ces deux thèmes,
- le contour mélodique est assez conjoint.
Ce dernier aspect distingue nettement le thème 1 des thèmes 2 et 3.
Néanmoins les deux premiers thèmes s'inscrivent dans une mesure à 4/4 alors que le thème 3 se déroule dans une mesure à 3/4.
La coda construite sur le thème 1 est fondée sur la mise en évidence aux trompettes de deux nouveaux intervalles : la tierce mineure et son renversement la sixte majeure.
Le nouvel aspect de l'élaboration thématique apparaît comme une déformation du procédé d'écriture mis en oeuvre.
Les mesures 71 à 74 rassemblent les divers intervalles (quarte, quinte, tierce et sixte). Ils sont juxtaposés et leur sens est inversé.
Cette récapitulation accroît la sensation de mouvement, de dynamique de l'oeuvre et produit un effet de rebonds multiples.
3- Quelques aspects du timbre :
Les thèmes 1 et 3 sont tous deux confiés aux trompettes alors que le thème 2 est exposé aux cors (mesure 14) puis réitéré à l'octave supérieure par les trompettes 1 et 2 (mesure 18).
Les trompettes, divisées en trois, sont largement mises à contribution tout au long de l'oeuvre.
Enfin, la puissance et l'énergie sonores sont aussi traduites par l'utilisation récurrente du rythme (croche + triolet de double-croches aux trompettes) dans le thème 1 et par la capacité de chaque instrument à effectuer des changements rapides et précis dans la dynamique.
L'exemple suivant illustre particulièrement cet aspect : crescendo (d'une mesure) qui aboutit à un sforzando précédant immédiatement une reprise de son (d'une mesure) allant du mezzo - piano au mezzo - forte (mesure 23 à 25).
Anne-Virginie Marchiol




JAZZY STOMP
de Jack Razydad


Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation E, en division Honneur et Excellence. Édition Ph. Vignon.
Le stomp est un style rapide qui a précédé le boogie-woogie. Il était plutôt une spécialité des pianistes qui pouvaient s'en donner à coeur joie dans ces traits de virtuosité. Il était cependant fréquemment adapté aux orchestres. Ces quelques considérations sont nécessaires avant d'aborder «Jazzy Stomp».
Ce morceau de variété a été écrit récemment dans le cadre du développement du répertoire destiné aux batteries-fanfares de formation E. L'instrumentation est donc très sobre, à base de cuivres si bémol à timbre doux (clairons et saxhorns) et d'une percussion traitée à quatre parties (dont deux dédoublées), soit deux voix de tambours, deux voix de petites percussions, cymbales, grosse-caisse.
Après une introduction déterminant le mouvement, on trouve des phrases avec un découpage en douze mesures, classique pour ce genre de musique. On comprend de suite que les graves (contrebasses toujours et basses selon les passages) participent largement au soutien rythmique. Tout le monde devra bien en avoir conscience. À ce propos, on pourra ici préférer un (ou deux) soubassophone, sans doute davantage dans l'esprit. Afin d'obtenir et de maintenir avec régularité la rapidité requise, une parfaite cohésion sera donc nécessaire entre ces cuivres graves et la percussion.
Au niveau des voix supérieures, plusieurs remarques ont leur importance. On s'attachera d'abord à l'équilibre entre les cinq parties (deux clairons et trois bugles), ou parfois sept (quand se joignent les deux premières basses). Il sera bon d'entendre isolément les différents accords (bons exemplesà la lettre C) afin que chacun comprenne l'importance de son rôle. On doit bien sûr évoquer l'indispensable précision rythmique, indispensable à la légèreté évoquée plus loin. Enfin, par-delà les indications de nuances écrites, on accordera ponctuellement à chaque partie l'importance relative que réclame le bon rendu de chacune des phrases.
On ne s'attardera pas ici sur l'analyse des différentes formules, ce morceau étant destiné à des sociétés d'un haut niveau, généralement habituées à toutes sortes de difficultés. On peut tout de même préciser que l'interprétation générale demande beaucoup de légèreté, y compris dans les passages plus «brillants», une impression d'aisance, une volonté d'obtenir un plaisir certain, tant pour les musiciens que pour leurs auditeurs.
Ph. V.




DAILY
de Philippe Vignon


Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation E, en 1ère division. Éd. Ph. Vignon.
Ce morceau, écrit en 1992, a participé à l'évolution du répertoire pour les batteries-fanfare de formation E. Il s'agit d'une marche dite «de genre» et de construction classique qui pourra prendre place dans un concert.
L'instrumentation type de cette formation E est très sobre, ce qui rend d'autant plus exigeant l'équilibre entre les différentes parties. On pensera bien sûr aux graves, à la percussion. De même, les deuxièmes parties de clairons et de bugles sont très importantes.
Une vue d'ensemble s'avère nécessaire avant d'aborder les différentes phrases par le détail. On constate une unité rythmique, annoncée dans l'introduction, et qui se poursuit aux lettres A, B, C, D. Une rupture est flagrante à E. Elle ne devra pas avoir d'influence sur le tempo, ce qui n'est pas évident au premier abord. D'une façon générale, ce sont bien sûr les subtilités rythmiques qui constituent les seules difficultés éventuelles de ce morceau. Il conviendra de procéder, pupitre par pupitre, à une analyse détaillée. On peut citer ici simplement quelques points particuliers: 1ère et 3e, 9e et 11e mesures de A, 7e mesure de B, 1ère et 3e mesures de C, 4e et 5e, 12e et 13e mesures de E («jouer» les silences).
En ce qui concerne la percussion, elle devra être suffisamment légère, ce qui passe par le nombre d'instrumentistes approprié, en fonction de l'effectif total, mais aussi par une absolue précision.
Pour les tambours, citons la mesure avant B («ra de treize»), la phrase D, à détailler spécialement, la 16e mesure de E. D'une manière plus générale, les nombreuses appoggiatures brèves («fla») ne devront pas, bien sûr, déformer les rythmes, ni nuire à leur clarté.
Enfin, et comme toujours, le directeur musical s'efforcera d'apporter sa touche personnelle dans l'interprétation, de faire apprécier le morceau tant par ses musiciens que par le public.
Ph. V.




JAZZY MARCH
de Jack Razydad

Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation G, en 1ère division. Éd. Ph. Vignon.
Ce morceau a été écrit pour répondre à la demande de nombreuses sociétés comportant un ensemble de clairons et tambours ainsi qu'une partie«harmonie», parfois avec un effectif assez réduit. Il s'agit de proposer une marche assez facile, avec un côté «swing» susceptible de procurer de l'intérêt à tous. Pour cela, on a utilisé la mesureà 6/8, avec des formules rythmiques procurant un certain balancement.
L'instrumentation est donc conforme aux batteries-fanfares de la formation G, avec tout de même une originalité, c'est-à-dire une percussion traitée avec deux parties de tambours (respectivement avec et sans timbre), une partie d'accessoires à deux voix, laissées au choix (par exemple wood-block deux tons), et bien sûr cymbales et grosse-caisse, sans oublier une partie de clavier, qui pourra être faite par un ou deux glocks, y compris en marchant.
La construction est classique : introduction, thème principal (mesures 9à 24) repris, légèrement varié (mesures 41 à 56, puis mesures 78 à 95). En intermèdes, les clairons sont mis en valeur entre les mesures 25 et 40, les tambours entre les mesures 57 et 77. On trouve enfin un «trio» (mesures 96 à 113), qui conduit au da capo.
L'exécution ne posera pas de problèmes majeurs de lecture ou d'analyse. On pourra se concentrer sur l'interprétation, dont la réussite dépendra de la précision des attaques, mais aussi des coupures de notes, du respect des indications d'articulations, de phrasés, de nuances, bien présentes dans la partition. Ceci est évidemment valable pour tous, en particulier pour les clairons et les tambours qui trouveront ainsi matière à se montrer avantageusement.
Ph. V.




ANTIGONE
de
Pierre-Etienne Sagnol

Oeuvre primée dans la catégorie excellence pour le concours de composition brass band 2002, CMF
La vie et le destin tragique de cette jeune femme ont toujours été pour moi d'une grande force. A l'occasion d'un travail théâtral avec des adolescents j'ai écrit des thèmes musicaux venant accompagnés les acteurs sur scène.Ce sont ces thèmes que j'ai repris et retravaillé pour en faire une « fresque », des « tableaux » se succédant, représentant différents moments de la vie d'Antigone, sous le règne de Créon, à Thèbes.
La présence d'un récitant est facultative mais ces interventions qui viennent ponctuer l'oeuvre permettent de décrire l'action d'une manière plus claire.
La harpe également facultative apporte à differents passages une couleur délicate, permet une intimité particulière et se lie fort bien avec les cuivres.
Par un thème mélodique facilement identifiable, on peut suivre cette jeune femme jusqu'à son tombeau. D'autres thèmes l'entourent et prennent sa place petit à petit et le couvrent progressivement à la fin.
Le « leitmotif » ou thème d'Antigone est basé sur deux modes grecs qui se côtoient, se lient : le mode dorien avec sa sensible supérieure, renforcant la sensualité et le mode hypolydien avec sa quarte augmentée, tension suprême. Antigone transmet une image faite de tensions et de sensualité, renforcée par un rythme irrégulier, proche du 5/8.
Le début de l'oeuvre installe une ambiance mystérieuse, nocturne. Une voie solistique annonce par quelques notes Antigone. Le forte «con forza !» qui suit, massif et très sonore décrit Thèbes, ville où se deroule l'action, cité riche et vivante. Les trompettes passent au premier plan pour scander un motif très nourri.
Le jour se lève ensuite (petit clin d'oeil à Bruckner). Peu à peu la ville se réveille, des appels se succèdent. La tension monte, s'arrête brusquement et fait place à une danse ternaire, jouée d'abord par les solos cornets puis reprise en canon par les autres voix de cornets, sur un ostinato d'euphoniums, de harpe et de percussion.
D'autres voix vont faire entendre cette danse qui se transformera en canon à 4 voix.
La danse se transformera en marche saccadée, la crainte, la peur se fait entendre.... soudain Créon apparaît dans un « con fuoco ! » fortissimo de quelques mesures. Apprenant qu'on a outrepassé ses ordres, Créon déclare sa sentence. Le/la responsable sera enterré(e) vivante. Il s'avèrera que c'est Antigone, fiancée de son fils Hémon !
Suit l'opposition entre Antigone qui assume son geste et maintien avoir raison et Créon voulant faire respecter la loi dictée. Antigone semble gagner, enfin le pense-t-elle et l'on entend alors le thème d'Antigone qui revient en entier, mais cette fois « maestoso », forte et très nourri. Il se termine en decrescendo, le doute s'installant quant à la victoire d'Antigone...
Le doute se transforme en suspense puis Créon, à nouveau tranche, hurle son verdict : Antigone sera enterrée vivante !  Ici les fortissimos s'enchaînent avec des chromatismes descendants. Un choral suit, évoquant une pensée « religieuse », la dernière qu'aura Antigone...
La marche funèbre débute alors à la percussion, caisse claire, grosse caisse, timbales. Le bugle, le baryton et l'euphonium jouent le thème d'Antigone, d'une rythmique binaire, implaquable. Les autres voix entourent cette mélodie avec des appels répétitifs, obstinés, avec sourdine.
Un bref choral pourrait servir de fin, triste et nostalgique. Mais la situation de Créon ne peut rester ainsi... Tirésias, le devin annonce à Créon que la portée de son acte est dramatique. Apprenant la sentence pour Antigone, son fils (fiancé d'Antigone) s'est donné la mort ! Sa femme, apprenant la mort de son fils, s'est elle aussi tuée !!
Créon réalise la portée de son geste et la folie, peu à peu s'empare de lui...
Une succession de notes en rythmes aléatoires, basés sur une gamme à tons et demi-tons construit une tension déséqulibrée··· telle un château de cartes, Créon succombe finalement, implorant la mort de s'abattre sur sa tête !!
Trois accords formés de deux notes seulement se succèdent froidement, annonçant l'issue tragique de tous.    4




CAROLINE HYMN
de Nicolas Avinée

Oeuvre recompensée dans la 1ère categorie au concours de composition pour brass band de la CMF
Après une courte introduction, débute un allegro en sib mineur. L'accompagnement agité en triolets évoque l'instabilité de l'âme humaine. La première difficulté technique réside dans le tuilage parfait de ce motif réparti entre les differents instruments. Apparaît alors un premier thème secondaire en valeurs longues au pupitre des cornets.
Mesure 25 débute une marche harmonique virtuose. Elle traduit l'inexorabilité de notre destin.
Le deuxième thème est exposé au saxhorn alto mesure 32, sous forme d'une marche rythmée par les graves, il traduit l'errance et l'inquietude. Ce thème principal est soumis à quelques développements.
Mesure 83, superposition des deux premiers thèmes, retour de cette instabilité (triolets).
Décompression progressive jusqu'à la mesure 104. Largo décisif, fin de l'errance, résolution de certains questionnements. S'ensuit une partie plus calme, sereine en lab majeur, exposition du deuxième thème principal. Cette stabilité amène un fugato enlevé reprenant la tête du thème en lab. Explosion d'une certaine joie bientôt troublée mesure 171. Retour du thème secondaire mesure 182. Modulation en sol mineur. Ré-exposition de la tête du premier thème principal mesure 194. Maestoso lent mesure 203, symbolisant le triomphe de lfhomme qui vainc finalement son destin.    4




CONCERTO POUR ACCORDÉONS
de Celino Bratti


Cette pièce m'a été inspirée par des impressions et des souvenirs.
Le 1er mouvement débute par une série d'accords (partagés entre les 1ers et 2e accordéons) qui introduisent une ligne mélodique en forme de valse. Le 2e thème (n°2 et 3) développe une mélodie au caractere mélancolique. Au n°4, le tempo devient plus agité et se termine par une succession d'arpèges stringendo en 1/2 tons.
À la Coda (n°6), on retrouve les accords et la ligne mélodique du début mais cette fois sotto voce, afin de faire ressortir la variation confiée aux 1ers accordéons. Le mouvement se termine par une envolée des 1er, 2e et 3e ainsi que quatre accords tres contrastés dans la nuance 
Le 2e mouvement, Giocoso, est un souvenir de voyage. Il débute par un rythme provencal, qui va perdurer pendant tout le mouvement, et qui soutient les divers thèmes. À la Coda "A" une variation basee sur le thème du n°2 est exposée par les 1ers et 2e , les 3e les rejoignant sur les deux dernières mesures.
Le 3e mouvement reflète un moment de calme et de rêverie.
Au n°2, les harmonies du n°1 reviennent mais beaucoup plus amples avec quelques fioritures des 1ers accordéons. Au n°4, les phrases par deux mesures se succèdent dans une accélération très agitée se terminant par un allargando qui ramène le calme. Au n°5, le thème du début revient avec les 1ers a la tâche, donnant à l'ensemble un caractere très concertant. Après les deux césures du n°6, un point d'orgue sur la note ré sforzando permet au soliste de préparer, par un autre point d'orgue court, une gamme veloce avec une conclusion de tous sur deux accords fortissimo.
Allegro, ce dernier mouvement, au rythme très soutenu, met en valeur un thème léger et primesautier malgré quelques difficultés techniques assurées par les 1ers et 2e accordéons. Au n°4, le thème est dans la même veine qu'au début avec un effet de quartes. La basse joue un rôle important dans le soutien rythmique. Au n°6, l'ambiance change complètement. Les quatre premières mesures (3/4) introduisent une valse au thème très chantant mais un peu nostalgique soutenu par un effet d'orgue de barbarie assuré par les 3e.
Observation pour la Coda : les accords assurés par les 3e, 4e et la basse sont importants et doivent bien sonner. A la 6e et 7e mesure, les 2e et 3e accordéons sont bien en dehors.   4




n° 503 décembre 2002 copyright © 2003 cmfdiffusion _ www.cmfjournal.org

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