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OUVERTURE FESTIVE
de André Waignein
Cette composition a été écrite particulièrement
pour le Concours International de Composition, organisé
par la Confédération Musicale de France.
Le compositeur a tenu à respecter rigoureusement les
consignes imposées du règlement du concours
à savoir le niveau de difficulté et l’orchestration
pour la 3e division.
L’introduction, d’une grande intensité,
se manifeste par l’exposition de sonneries généreuses
successivement présentées par les trompettes
et trombones (5). Il s’ensuit une phrase mélodique
(12) exposée par les gros cuivres (trombones, barytons,
euphoniums) ponctuée délicatement par les bois
(clarinettes, saxo-phones).
La cellule thématique de l’introduction (20)
est représentée-présentée, suivie
d’une phrase mélodique (24) exposée par
les bois (flûtes, hautbois, clarinettes) durant laquelle
les cors et barytons interviennent rythmiquement imités
par les trompettes. Un nouveau thème (35), généreux
dans sa conception, poursuit le développement de «
l’ouverture ».
Les trompettes, cors et trombones (49) rappellent le caractère
festif de la composition en ré-exposant le thème
principal du début (53).
Le cœur de la composition est peut-être dans cette
respiration mélodique (61). Tout en étant d’une
extrême simplicité, elle prend néanmoins
une allure de grandeur alors qu’un contrepoint libre
(74) fait son apparition (basson, cors, barytons). Cette ambiance
de sérénité est interrompue par une intervention
décidée (87) aux cors, trombones et basses.
Dans l’Allegro qui suit, rythme et mélodie s’entrelacent
avec précision pour donner à ce mouvement un
caractère très gai.
La conclusion reprend les éléments majestueux
présentés lors de l’introduction conduisant
progressivement à une allégresse triomphante
et conclusive (87).
André Waignein est né à Mouscron en 1942.
Il est actuellement Directeur du Conservatoire de musique
de Tournai et professeur au Conservatoire Royal de Musique
de Bruxelles.
Lauréat de plusieurs prix de composition nationaux
et internationaux, dont le Prix de Composition de l’Union
Européenne de Radiodiffusion et le Prix de la Musique
décerné par la Société belge des
Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique (SABAM). Son
répertoire couvre beaucoup de domaines: la pédagogie,
la musique de chambre, la musique pour orchestre symphonique
et pour orchestre d’harmonie.
A ce jour, son catalogue est composé de plus de 300 œuvres
éditées et interprétées en Europe, aux États-Unis,
au Canada, au Japon et en Australie. Sa discographie comprend 52 CD.
PETITE SUITE EN MI BÉMOL
de Boris Galdo
La Petite Suite en Mi bémol se présente sous
la forme de trois mouvements. Cette forme tripartite m’est
apparue la plus appropriée afin de dépeindre
trois univers différents. L’unité de la
pièce est assurée par la présence d’un
leitmotiv (mélodie récurrente) dans chacun des
mouvements.
L’inspiration générale n’étant
liée à aucune référence littéraire
ou autre « musique pure », il me semblait évident
de séparer les trois caractères sous la forme
de mouvements juxtaposés de même façon
qu’une symphonie ou qu’une sonate.
Deux thématiques s’opposent dans le premier mouvement
Introduction-Moderato con moto à allure de marche,
alternant caractères triomphant et lyrique, soutenus
par différentes couleurs orchestrales. Le leitmotiv
apparaît entre exposition, développement et ré-exposition
de ces éléments.
Dans l’Andante grazioso, un choral encadre une mélodie
calme et mélancolique qui gagne peu à peu tous
les pupitres. Cette progression contrapuntique mène
au point culminant du mouvement. Le Leitmotiv plus dissonant
et plaintif amorce un évanouissement sonore jusqu’à
un accord improbable.
Le caractère folklorique mène la danse dans
l’allegro leggiero. L’orchestration met tout à
tour certains pupitres en lumière, évoquant
différents tableaux d’une fête villageoise
imaginaire. La dernière apparition méditative,
du leitmotiv précède un tutti orchestral qui
conclut le final.... et la suite.
Né en 1982, Boris Galdo a obtenu sa licence de musique et musicologie à l’Université de Montpellier. Il joue du trombone au sein de l’orchestre d’harmonie de Montpellier-Jacou et en petite formation. Joue également du piano
LA VIELLE HORLOGE
de Julien Pondé
Tout le monde s’est un jour retrouvé face à
un imposant meuble âgé qui bat sans cesse le
temps. Que ce soit chez ses parents ou grand parents, ce tic-tac
a toujours fasciné les plus jeunes. « La vieille
horloge » montre les derniers temps de l’une d’entre
elles, laissée à l’abandon au fond d’une
pièce où les personnes passent sans la voir,
étant habituées à sa présence.
L’assourdissant Tic-tac retentit majestueusement, mais
le seul mouvement visible reste l’énorme balancier
à la cadence répétitive. C’est
quand tout à coup sonne l’horloge que les regards
sont attirés vers le haut. Alors le cadran montre ses
aiguilles faisant l’éternelle course au temps,
sans jamais le rattraper. Mais c’était hélas
la dernière fois que de tels sons se sont fait entendre,
car la vieille horloge laissée à l’abandon
s’arrête, petit à petit…
« La vieille horloge » est écrite de façon à
pouvoir être jouée par de petits effectifs. Les interventions
importantes des instruments malheureusement rares comme le hautbois ou
la clarinette basse, peuvent être jouées par d'autres musiciens
de l’orchestre.
De petites sonorités inhabituelles ponctues l’œuvre
de petites touches comiques, qui la rendent aussi agréable
à être jouée, qu’à être
écoutée par un très large publique.
Le tempo régulier et les rythmes simples ne demandent
pas un haut niveau technique, de sortes que même une
harmonie de jeunes pourrait la jouer. L’écriture
horizontale (thèmes) et verticale (accords) se mélangent
et se confondent pour donner à l’œuvre une
homogénéité qui fait de l’orchestre
un seul et même instrument.
Pour résumer, « La vieille horloge » possède
un grand attrait pédagogique, mais procure aussi un
grand plaisir aux musiciens et au public.
Après des études au CNR de Bordeaux (solfège, trompette
et musique de chambre cuivres), Julien Pondé est trompettiste au
sein de l’Orchestre d’harmonie de l’Armée de l’Air
de Bordeaux-Mérignac depuis 2001, Chef de l'Orchestre symphonique
des jeunes de l’UDEM 33, professeur à l’école
de musique de Sainte Hélène et d’Ambarès.
VIBRATIONS
de Jérôme Naulais
Oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie, en 1ère division.
Éditions Pierre Lafitan.
C'est une pièce composée dans le style pop-music, rock, jazz-rock,
jazz-fusion, toujours en pulsation binaire. La pièce est construite
en deux parties bien distinctes.
1ère partie :
Le début (noire = 88) est une grande introduction pour amener un
mouvement de rock à la mesure 85 (noire = 132). La multitude d'évènements
vont créer les «vibrations». Néanmoins, la totalité
de la pièce est articulée autour d'un thyme principal.
C'est à la mesure 90 qu'apparaît pour la première fois
ce thème dans sa totalité.
Nous allons analyser brièvement la pièce en commençant
par l'introduction.
Début : noire = 88. Très rythmé : jazz rock. Il faut
être très précis et avoir la notion de pulsations intérieures
des croches avec une prédominance aux instruments graves (mesures
4 à 11). À la mesure 24, arrive un passage phrasé,
avec une apparition d'un extrait du thème principal à la
flûte solo (mesures 28 à 31).
Effets de vagues de la mesure 41 à 51, qui s'enchaînent en
contraste sur un passage rythmique délicat : mesures 51 à
77. (Apparition du thème aux instruments graves : mesures 62 et
63).
Nous enchaînons sur un passage plus calme : noire = 72. La mesure
77 est une amorce pour introduire la 2e partie de la pièce. Tempo
de rock binaire : noire = 132. (Ne pas oublier de noter un bout de thème
principal dans l'accelerando par les petits bois et les trompettes, mesures
81 à 84.
2e partie :
L'interprétation du thème principal, à la mesure 90,
doit être très balancée et très légère,
avec des croches piquées. Les évènements étant
nombreux, de nouvelles vagues arrivent dès la mesure 98 avec les
bois. Apparition du thème avec les cors et le bugle, mesures 102
à 104.
Des escaliers bien liés et homogènes, mesures 106 à 112.
Apparition du thème avec les petits bois, mesures 116 et 117. Bien
redescendre au pp mesure 119 et crescendo pendant 4 mesures (avec apparition
des trois premières notes du thème aux flûtes, clarinettes,
trompettes et bugle). Beaucoup de précision à la mesure 127
en f. Contraste une nouvelle fois important à la mesure 125, en
p subito. Toujours les apparitions de début du thème en enchaînements
(mesure 125 : cors, trombones, 126 : bassons, saxophones, 127 : petits
bois, 128 : bassons, saxophones).
Un évènement soudain vient briser le déroulement de
ces phrases solistes, par l'arrivée de deux mesures deux fois plus
lentes. L'équivalence «croche=noire» précédente
(noire=66) est très importante pour ne pas couper le fil rythmique
et pour pouvoir enchaîner (toujours avec équivalence) avec
le final de la pièce à la mesure 141 et au tempo initial
de noire=132.
Nous entendons pour la dernière le thème dans son intégralité
mesures 150 à 157. (La 2e partie étant harmonisée
en accords, il convient de s'assurer de l'homogénéité
entre les différentes parties).
La coda finale est annoncée avec un fragment du thème de
la mesure 165 à la fin en tutti.
En conclusion
La précision, les reliefs, les contrastes (duels entre rythme et
vagues mélodiques), le respect des nuances et dynamiques, sans oublier
une justesse irréprochable - les harmonies étant riches et
variées avec beaucoup de frottements -, sont les clés de
la réussite de ces «vibrations».
Jérôme Naulais
TOM SAWYER SUITE
de Franco Cesarini
oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie, en division Excellence.Éd.
Mitropa Music.
Franco Cesarini est né en 1961 à Bellinzona en Suisse. Il
entame sa formation musicale au Conservatoire de Milan (Italie), où
il étudie la flûte traversière et le piano. À
partir de 1980, il poursuit ses études auprès de Peter-Lukas
Graf au Conservatoire de Bâle. Trois ans plus tard, il reçoit
le diplôme de professeur de musique. Franco Cesarini a remporté
plusieurs concours en tant que soliste ou chambriste, notamment le premier
prix du concours récompensant le meilleur soliste de Suisse en 1981.
En 1984, il obtient une bourse de la Fondation Ernst Göhner-Migros.
Il poursuit ses études auprès de Peter-Lukas Graf jusqu'à
l'obtention du diplôme de concertiste. Parallèlement, il étudie
la théorie musicale et la composition avec Robert Suter et Jacques
Wildberger ainsi que la direction d'orchestre d'harmonie auprès
de Felix Hauswirth.
Actuellement, il enseigne la direction d'orchestre d'harmonie au Conservatoire
de Zurich. Parallèlement à ses activités de compositeur
et d'arrangeur, Franco Cesarini dirige également le Civica Filarmonica
de Lugano ainsi que le Civica Filarmonica de Balerna. D'autre part, il
est très sollicité en tant que membre de jury et chef invité.
Franco Cesarini est un compositeur particulièrement polyvalent.
Son catalogue comporte non seulement des pièces pour orchestre d'harmonie
et brass band, mais aussi des compositions pour ensemble de musique de
chambre, pour divers instruments solo, pour choeur, orchestre à
cordes et orchestre symphonique. La plupart de ses oeuvres ont déjà
été enregistrées et sont disponibles en compact disc.
Franco Cesarini est membre du comité directeur de la World Association
for Symphonic Bands and Ensembles (WASBE).
Les Aventures de Tom Sawyer était le livre préféré
de Franco Cesarini lorsqu'il était enfant. À partir de ses
souvenirs d'enfance de cet univers magique de joie, de peur et de liberté,
Franco Cesarini tente de donner vie aux personnages du livre dans cette
composition intitulée Tom Sawyer Suite. Chacun des quatre premiers
mouvements décrit un personnage de l'histoire. Tom Sawyer est représenté
dans le premier mouvement où est utilisé le rythme caractéristique
du cake-walk.
Le deuxième mouvement est consacré à Huckleberry Finn,
le meilleur ami de Tom Sawyer, et contient le thème de la célèbre
chanson traditionnelle américaine Ring, Ring de Banjo.
Le troisième mouvement, plus lent, plus expressif et plus mélancolique est une description du personnage de Becky Thatcher. Puis il y a Joe l'Indien, le meurtrier qui tente de rattraper les deux témoins du crime, Tom et Huck, pour les tuer. Le secret de Joe ne doit pas être révélé et la musique de ce quatrième mouvement se fait menaçante.
Le cinquième mouvement illustre le dénouement heureux de l'histoire.
Tous les thèmes des mouvements précédents se rejoignent
en des harmonies joyeuses pour aboutir à un point culminant où
les thèmes de Tom et de Becky se conjuguent de façon splendide.
Enregistrement sur le compact disc : Blue Horizons (202.013-3 MD).
LES ROIS MAGES
de Marcel Chapuis
Oeuvre imposée pour orchestres d'harmonie en 3e division. Éditions
Pierre Lafitan.
Cette oeuvre évoque, à travers chaque roi, un aspect de la
nuit de Noël, telle que la représente l'imagerie populaire
et dont chacun se souvient avec émotion.
Gaspard (1er mouvement), c'est la caravane qui chemine vers Bethléem.
Melchior (2e mouvement) apporte une touche de spiritualité et Balthazar
(3e mouvement) constitue le moment de réjouissance.
L'unité des trois mouvements est obtenue par l'utilisation de couleurs
thématiques et harmoniques, d'inspiration moyen-orientale, par le
chevauchement des thèmes d'un mouvement à l'autre, par les
citations plus ou moins évidentes du cantique Il est né le
divin enfant, du Noël provençal La Marche des rois, et par
les rapports de tonalité.
Descriptif
Gaspard (la mineur) 4'20.
Immensité, silence (sons tenus en quintes aux flûtes), pas
de la caravane (rythme régulier).
Thème 1 joué au hautbois puis repris avec contrechant (clarinettes
et flûtes).
Thème 2 joué aux saxophones et repris par les bois et les
trompettes.
Petit développement et, sur pédale en quintes, citation du
cantique Il est né le divin enfant.
Retour du thème 1 sur lequel vient se greffer le thème du cantique.
Reprise du thème 2.
La coda est jouée par un orchestre de plus en plus épuré et s'achève sur une longue tenue rythmée par le pas de caravane qui s'éloigne.
Melchior (do mineur ambigu) 4'.
L'introduction est jouée par le baryton solo, ponctuée par des interventions des bois et des cors en triolets decrescendo.
Le thème 1 est joué aux saxophones sur nappes d'accords (clarinettes)
avec les mêmes ponctuations.
Reprise enrichie par le contrechant des bois et l'amplification de l'orchestre.
Développement sur le thème en triolets avec effets d'échos.
Le thème 2 est une longue marche harmonique sombre, jouée aux cuivres. Sur la reprise, vient se greffer, à peine modifié, le thème du Noël provençal La Marche des rois, donné par les graves.
Les flûtes en trio apportent une touche céleste, rompant avec
le passage tourmenté qui précède (l'étoile
?, l'annonce et la naissance ? ...)
Retour du thème 1 repris en canon à 5 voix par les différents
pupitres qui convergent (comme les bienheureux ?) vers le point d'orgue
suspensif sur accord de dominante.
Balthazar (mi min./mi maj.) 4'30.
La troisième partie apparaît comme un moment de réjouissance.
Le thème 1, joyeux, joué par les trompettes, est traversé
de multiples traits foisonnants.
D'autres thèmes se succèdent, chacun joué par un pupitre différent : les saxophones, les clarinettes. Après une brève interruption suspensive (pendant laquelle on reconnaît la fin du refrain du cantique), les graves, les trompettes et les bois se superposent jusqu'au retour fugace du thème de Melchior introduisant les percussions.
Le thème de Gaspard réapparaît en majeur maestoso et
se transforme en fugue rapide à 4 voix.
BANJA LUKA
de Jan de Haan
Oeuvre imposée pour orchestres de fanfare, en division Honneur.
Éditions De Haske.
Jan de Haan est né en 1951à Warns, aux Pays-Bas. Son père,
grand amateur de musique et tromboniste, lui insuffla cette passion pour
la musique. Trés jeune, Jan de Haan s'intéresse à
la direction d'orchestre. De 1969à 1973, il étudie l'enseignement
de la musique et du trombone au Centre de formation des professeurs de
musique de Leeuwarden et obtient en 1976 le diplôme de chef d'orchestre
dans la classe de Henk van Lijnschooten au Conservatoire d'Utrecht.
À partir de 1974 et jusqu'en 1994, Jan de Haan dirige le Brass Band
Soli Deo Gloria qui sous son impulsion connaît de grands succès
et remporte notamment plusieurs concours nationaux et internationaux. Soli
Deo Gloria fait désormais partie des meilleurs brass bands européens.
Jan de Haan est fréquemment sollicité en tant que chef invité
par de nombreux orchestres professionnels ou amateurs du monde entier,
tels que l'Orchestre d'Harmonie de la Radio hollandaise, les prestigieux
brass bands anglais Brighouse & Rastrick Band et Desford Colliery Caterpillar
ainsi que l'un des orchestres d'harmonie les plus connus au monde : le
Tokyo Kosei Wind Orchestra ; sans oublier les quatre orchestres militaires
professionnels des Forces Armées des Pays-Bas : la Musique Militaire
Royale, la Musique de la Marine, l'Orchestre d'Harmonie Militaire J.W.F.
et la Musique Royale de l'Armée de l'Air.
De 1978 à 1989, Jan de Haan travaille comme compositeur, arrangeur,
producteur et créateur de programmes pour la Radio Télévision
hollandaise. Durant ces années passées au service de l'audiovisuel,
il créera plus de 140 programmes. En 1983, il fonde la maison d'édition
musicale De Haske Publications en réunissant sous ce label toute
une nouvelle génération de compositeurs. Actuellement, Jan
de Haan assume ses responsabilités de président des éditions
De Haske et se consacre à sa carrière de chef d'orchestre
invité et de compositeur.
En 1995, Jan de Haan compose Banja Luka, une fresque illustrant les évènements
tragiques de la guerre civile qui déchire l'ex-Yougoslavie. Banja
Luka est une oeuvre structurée en huit tableaux et qui relate chacun
un fait, une situation ou un évènement de la guerre : la
violence du conflit (1er tableau), la tragédie (2e tableau, mes.
24), la prière (3e tableau, mes. 49), l'espoir (4e tableau, mes.
64), l'action des dirigeants (5e tableau, mes. 126), l'intervention des
forces armées (6e tableau, mes. 129), la confrontation (7e tableau,
mes. 202), le destin (8e tableau, mes. 226).
Banja Luka débute sur une introduction résolument agressive
qui témoigne de la violence du conflit. Le pupitre des saxophones
dépeint par le biais d'une mélodie plaintive la tragédie
que vit la population de Bosnie-Herzégovine. À la plainte
succède le recueillement, le trombone et la trompette solos interprètent
la prière du peuple meurtri. Après un court rappel du conflit,
une mélodie fluide et légère laisse flotter un vent
d'espoir et de paix mais les dirigeants des républiques belligérantes
en décideront autrement et l'on comprend à l'écoute
du dialogue entre le saxophone alto et la saxophone soprano que tout espoir
de paix est anéanti. Les armées progressent dans leur destruction
organisée laissant derrière elles la désolation et
la mort. La population souffre et le cauchemar semble ne pas trouver de
fin.
Banja Luka est une ville de Bosnie-Herzégovine d'environ 150 000
habitants. Ses nombreux sites historiques témoignent de la richesse
de son passé. Son importance stratégique en avait fait une
ville très convoitée, conquise par les Romains, les Turcs
et les Autrichiens. Au fil du temps, elle s'imposa comme le point central
des échanges commerciaux. En 1969, un tremblement de terre détruit
la quasi-totalité de la ville. Elle sera reconstruite dans une architecture
moderne. Banja Luka signifie «bain de Luc». D'ailleurs la légende
raconte que l'évangéliste aurait été médecin
à Banja Luka et y aurait découvert des sources thermales
dont les vertus thérapeutiques sont encore mises à profit
de nos jours.
Enregistrement sur le compact disc : Banja Luka (DHR 2.018-3
MUSIC FOR CINEMA
de Bertrand Moren
Oeuvre imposée pour brass bands, en 2e division. Éditions
De haske.
Bertrand Moren est né le 26 juin 1976 à Vétroz en
Suisse. Il reçoit ses premières leçons de piano à
l'âge de six ans avant d'entrer dans la classe de la célèbre
pianiste Edith Fischer. En juin 1998, il obtient le diplôme d'enseignement
du piano de la Société Suisse de Pédagogie Musicale.
Parallèlement à ses études de piano, il suit des cours
de formation musicale, d'harmonie, d'analyse, de contrepoint et d'histoire
de la musique au Conservatoire de Sion.
Bertrand Moren est passionné par les cuivres en général
et par le trombone en particulier. À l'âge de huit ans, il
débute le trombone avec son père, Géo-Pierre Moren,
et bénéficie par la suite de l'enseignement de professeurs
renommés tels que Dany Bonvin, Branimir Slokar et Roland Schnohrk.
En juin 1999, il obtient son Certificat d'Études Supérieures
du trombone au Conservatoire de Genève. Bertrand Moren a déjà
remporté de nombreux prix en tant que tromboniste soliste ; il est
notamment lauréat du Championnat Suisse des Solistes d'Instruments
de Cuivre, du concours de soliste du Swiss Entertainment Contest et du
Concours Suisse de Musique pour la Jeunesse. Il est membre et soliste du
Brass Band 13 Étoiles et participe toujours activement à
la vie des fanfares, berceau de ses débuts musicaux.
Son catalogue comprend 30 oeuvres pour Orchestre d'Harmonie et pour diverses
formations de cuivres (quatuor de cuivres, quatuor de tubas, ensemble de
cuivres et surtout brass band). En 1997, il est sélectionné
parmi une cinquantaine de compositeurs pour participer à la finale
d'un concours de composition organisé par l'Harlequin Brass Ensemble
(Grande-Bretagne). Avec la pièce European Overture (Ouverture Européenne),
il remporte, en 1998, le premier prix du jury ainsi que le prix du public
au Concours Européen de l'Association Européenne des Brass
Bands, ce qui lui permet de composer l'oeuvre imposée en première
catégorie au Championnat Européen des Brass Bands à
Munich en avril 99 : The Bandsman's Challenge ("Le Défi du
Musicien d'Orchestre"). En 1998, le Fonds pour le développement
de la musique pour Brass Band en Suisse lui remet le Prix Ernst Graf qui
récompense son travail de composition. Bertrand Moren partage actuellement
son temps entre ses études musicales, l'enseignement, la pratique
instrumentale (trombone et piano) et la composition. Également pianiste
accompagnateur, il se consacre beaucoup à l'accompagnement des cuivres.
Avec Music for Cinema, composé pour le Brass Band de Saulcy en Suisse,
Bertrand Moren rend hommage à un genre musical qu'il affectionne
beaucoup, la musique de films. Cette oeuvre développe une intrigue
qui pourrait convenir à différents films.
L'introduction, sonore et enlevée, rappelle, en filigrane, ces génériques
de grands studios hollywoodiens qui annoncent avec solennité le
début de la projection du film. Le passage central alterne entre
phrases dissonantes et plaintives, et passages soli expressifs et passionnés.
L'auditeur se glisse dans l'une de ces somptueuses histoires romantiques
qui n'existent qu'au grand écran.
Un passage de transition mystérieux et tendu suscite des sentiments
divers et notamment celui de la peur généré par de
nombreuses intrigues. Le final reprend la ligne mélodique initiale
sur des rythmes plus dansants, plus espiègles.
CARROUSEL
d'Anne-Virginie Marchiol
Oeuvre imposée en batteries-fanfares, formation B, en division Excellence.
Éditions Pierre Lafitan.
Oeuvre commandée et enregistrée par la Fanfare de Cavalerie de la Garde Républicaine de Paris. (Tonalité : mib majeur).
Effectif instrumental : trompettes mib, cors mib, trompettes basses mib,
contrebasses mib, timbales, 1 xylophone, cymbales frappées, 1 grosse-caisse.
Cette composition a été motivée par la volonté
de rendre un effet de puissance et de grande énergie sonore. L'effet
provient à la fois de la mise en oeuvre d'un procédé
d'écriture fondé initialement sur la succession de consonances
parfaites (quartes et quintes justes en mouvement ascendant formulées
aux trompettes) et de spécificités instrumentales de cette
formation, notamment dues à la présence de nombreuses trompettes
de cavalerie.
Le titre Carrousel fait d'ailleurs référence au contexte
de la cavalerie et à ses différentes parades.
Le caractère vif (noire = 132), le rythme scandé du thème
1 et l'alternance avec les deux autres thèmes (aux contours plus
mélodiques) contribuent à l'évocation musicale du
carrousel.
La structure s'apparente à une forme rondo dont le thème
1 constitue le refrain.
1- Schéma de la forme :
- Introduction : mesures 1 à 5 ; unisson sur sib puis modulations.
- Thème 1 : refrain (mesures 6 à13) mib majeur.
- Thème 2 : mesures 14 à 21, mib majeur.
- Transition 1 : mesures 22 à 24.
- Thème 1 : mesures 25 à 32, mib majeur.
- Thème 3 : mesures 33 à 48, mib majeur.
- Transition 2 : mesures 49 à 55, modulant
- Thème 1 : mesures 56 à 63, mib majeur.
- Coda sur le thème 1 : mesures 64 à 74, mib majeur.
2- Procédés d'écriture mis en oeuvre :
La cellule composée de 2 intervalles de quinte juste ascendants (mib-sib et sib-fa) caractérise la première partie du thême 1.
La fragmentation instrumentale de cette cellule (trompettes 3 - trompettes
1 et 2) engendre un effet de ricochet récurrent dans l'oeuvre et
déjà présent dans l'introduction. Elle est fondée
sur la répétition alternée de deux consonances parfaites
(la quarte et la quinte juste en mouvement ascendant) qui couvrent l'ensemble
du registre de la trompette : sib 2 - mib 3 - sib 3 - mib 4 - sib 4.
C'est dans la seconde partie du thème 1 que la cellule se trouve
modifiée par le renversement de la seconde quinte juste en quarte
juste : fa-sib.
L'intervalle de quarte constitue également un des éléments
fondamentaux dans l'élaboration de chacun des trois thèmes.
Cet intervalle ne représente pas un élément générateur
du thème 1 mais sa présence dans le thème 1 prépare
néanmoins l'exposé du thème 2 qui suit.
Les thèmes 2 et 3 possédent deux caractéristiques
communes :
- un saut de quarte ascendant marque le début de ces deux thèmes,
- le contour mélodique est assez conjoint.
Ce dernier aspect distingue nettement le thème 1 des thèmes 2 et 3.
Néanmoins les deux premiers thèmes s'inscrivent dans une
mesure à 4/4 alors que le thème 3 se déroule dans
une mesure à 3/4.
La coda construite sur le thème 1 est fondée sur la mise
en évidence aux trompettes de deux nouveaux intervalles : la tierce
mineure et son renversement la sixte majeure.
Le nouvel aspect de l'élaboration thématique apparaît
comme une déformation du procédé d'écriture
mis en oeuvre.
Les mesures 71 à 74 rassemblent les divers intervalles (quarte,
quinte, tierce et sixte). Ils sont juxtaposés et leur sens est inversé.
Cette récapitulation accroît la sensation de mouvement, de
dynamique de l'oeuvre et produit un effet de rebonds multiples.
3- Quelques aspects du timbre :
Les thèmes 1 et 3 sont tous deux confiés aux trompettes alors
que le thème 2 est exposé aux cors (mesure 14) puis réitéré
à l'octave supérieure par les trompettes 1 et 2 (mesure 18).
Les trompettes, divisées en trois, sont largement mises à
contribution tout au long de l'oeuvre.
Enfin, la puissance et l'énergie sonores sont aussi traduites par
l'utilisation récurrente du rythme (croche + triolet de double-croches
aux trompettes) dans le thème 1 et par la capacité de chaque
instrument à effectuer des changements rapides et précis
dans la dynamique.
L'exemple suivant illustre particulièrement cet aspect : crescendo
(d'une mesure) qui aboutit à un sforzando précédant
immédiatement une reprise de son (d'une mesure) allant du mezzo
- piano au mezzo - forte (mesure 23 à 25).
Anne-Virginie Marchiol
JAZZY STOMP
de Jack Razydad
Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation E, en division
Honneur et Excellence. Édition Ph. Vignon.
Le stomp est un style rapide qui a précédé le boogie-woogie.
Il était plutôt une spécialité des pianistes
qui pouvaient s'en donner à coeur joie dans ces traits de virtuosité.
Il était cependant fréquemment adapté aux orchestres.
Ces quelques considérations sont nécessaires avant d'aborder
«Jazzy Stomp».
Ce morceau de variété a été écrit récemment
dans le cadre du développement du répertoire destiné
aux batteries-fanfares de formation E. L'instrumentation est donc très
sobre, à base de cuivres si bémol à timbre doux (clairons
et saxhorns) et d'une percussion traitée à quatre parties
(dont deux dédoublées), soit deux voix de tambours, deux
voix de petites percussions, cymbales, grosse-caisse.
Après une introduction déterminant le mouvement, on trouve
des phrases avec un découpage en douze mesures, classique pour ce
genre de musique. On comprend de suite que les graves (contrebasses toujours
et basses selon les passages) participent largement au soutien rythmique.
Tout le monde devra bien en avoir conscience. À ce propos, on pourra
ici préférer un (ou deux) soubassophone, sans doute davantage
dans l'esprit. Afin d'obtenir et de maintenir avec régularité
la rapidité requise, une parfaite cohésion sera donc nécessaire
entre ces cuivres graves et la percussion.
Au niveau des voix supérieures, plusieurs remarques ont leur importance.
On s'attachera d'abord à l'équilibre entre les cinq parties
(deux clairons et trois bugles), ou parfois sept (quand se joignent les
deux premières basses). Il sera bon d'entendre isolément
les différents accords (bons exemplesà la lettre C) afin
que chacun comprenne l'importance de son rôle. On doit bien sûr
évoquer l'indispensable précision rythmique, indispensable
à la légèreté évoquée plus loin.
Enfin, par-delà les indications de nuances écrites, on accordera
ponctuellement à chaque partie l'importance relative que réclame
le bon rendu de chacune des phrases.
On ne s'attardera pas ici sur l'analyse des différentes formules,
ce morceau étant destiné à des sociétés
d'un haut niveau, généralement habituées à
toutes sortes de difficultés. On peut tout de même préciser
que l'interprétation générale demande beaucoup de
légèreté, y compris dans les passages plus «brillants»,
une impression d'aisance, une volonté d'obtenir un plaisir certain,
tant pour les musiciens que pour leurs auditeurs.
Ph. V.
DAILY
de Philippe Vignon
Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation E, en 1ère division. Éd. Ph. Vignon.
Ce morceau, écrit en 1992, a participé à l'évolution
du répertoire pour les batteries-fanfare de formation E. Il s'agit
d'une marche dite «de genre» et de construction classique qui
pourra prendre place dans un concert.
L'instrumentation type de cette formation E est très sobre, ce qui rend d'autant plus exigeant l'équilibre entre les différentes parties. On pensera bien sûr aux graves, à la percussion. De même, les deuxièmes parties de clairons et de bugles sont très importantes.
Une vue d'ensemble s'avère nécessaire avant d'aborder les
différentes phrases par le détail. On constate une unité
rythmique, annoncée dans l'introduction, et qui se poursuit aux
lettres A, B, C, D. Une rupture est flagrante à E. Elle ne devra
pas avoir d'influence sur le tempo, ce qui n'est pas évident au
premier abord. D'une façon générale, ce sont bien
sûr les subtilités rythmiques qui constituent les seules difficultés
éventuelles de ce morceau. Il conviendra de procéder, pupitre
par pupitre, à une analyse détaillée. On peut citer
ici simplement quelques points particuliers: 1ère et 3e, 9e et 11e
mesures de A, 7e mesure de B, 1ère et 3e mesures de C, 4e et 5e,
12e et 13e mesures de E («jouer» les silences).
En ce qui concerne la percussion, elle devra être suffisamment légère, ce qui passe par le nombre d'instrumentistes approprié, en fonction de l'effectif total, mais aussi par une absolue précision.
Pour les tambours, citons la mesure avant B («ra de treize»),
la phrase D, à détailler spécialement, la 16e mesure
de E. D'une manière plus générale, les nombreuses
appoggiatures brèves («fla») ne devront pas, bien sûr,
déformer les rythmes, ni nuire à leur clarté.
Enfin, et comme toujours, le directeur musical s'efforcera d'apporter sa
touche personnelle dans l'interprétation, de faire apprécier
le morceau tant par ses musiciens que par le public.
Ph. V.
JAZZY MARCH
de Jack Razydad
Oeuvre imposée pour batteries-fanfares, formation G, en 1ère
division. Éd. Ph. Vignon.
Ce morceau a été écrit pour répondre à
la demande de nombreuses sociétés comportant un ensemble
de clairons et tambours ainsi qu'une partie«harmonie», parfois
avec un effectif assez réduit. Il s'agit de proposer une marche
assez facile, avec un côté «swing» susceptible
de procurer de l'intérêt à tous. Pour cela, on a utilisé
la mesureà 6/8, avec des formules rythmiques procurant un certain
balancement.
L'instrumentation est donc conforme aux batteries-fanfares de la formation G, avec tout de même une originalité, c'est-à-dire une percussion traitée avec deux parties de tambours (respectivement avec et sans timbre), une partie d'accessoires à deux voix, laissées au choix (par exemple wood-block deux tons), et bien sûr cymbales et grosse-caisse, sans oublier une partie de clavier, qui pourra être faite par un ou deux glocks, y compris en marchant.
La construction est classique : introduction, thème principal (mesures
9à 24) repris, légèrement varié (mesures 41
à 56, puis mesures 78 à 95). En intermèdes, les clairons
sont mis en valeur entre les mesures 25 et 40, les tambours entre les mesures
57 et 77. On trouve enfin un «trio» (mesures 96 à 113),
qui conduit au da capo.
L'exécution ne posera pas de problèmes majeurs de lecture ou d'analyse. On pourra se concentrer sur l'interprétation, dont la réussite dépendra de la précision des attaques, mais aussi des coupures de notes, du respect des indications d'articulations, de phrasés, de nuances, bien présentes dans la partition. Ceci est évidemment valable pour tous, en particulier pour les clairons et les tambours qui trouveront ainsi matière à se montrer avantageusement.
Ph. V.
ANTIGONE
de Pierre-Etienne Sagnol
Oeuvre primée dans la catégorie excellence pour le concours
de composition brass band 2002, CMF
La vie et le destin tragique de cette jeune femme ont toujours été
pour moi d'une grande force. A l'occasion d'un travail théâtral
avec des adolescents j'ai écrit des thèmes musicaux venant
accompagnés les acteurs sur scène.Ce sont ces thèmes
que j'ai repris et retravaillé pour en faire une « fresque
», des « tableaux » se succédant, représentant
différents moments de la vie d'Antigone, sous le règne de
Créon, à Thèbes.
La présence d'un récitant est facultative mais ces interventions
qui viennent ponctuer l'oeuvre permettent de décrire l'action
d'une manière plus claire.
La harpe également facultative apporte à differents passages
une couleur délicate, permet une intimité particulière
et se lie fort bien avec les cuivres.
Par un thème mélodique facilement identifiable, on peut suivre
cette jeune femme jusqu'à son tombeau. D'autres thèmes l'entourent
et prennent sa place petit à petit et le couvrent progressivement
à la fin.
Le « leitmotif » ou thème d'Antigone est basé
sur deux modes grecs qui se côtoient, se lient : le mode dorien avec
sa sensible supérieure, renforcant la sensualité et le mode
hypolydien avec sa quarte augmentée, tension suprême. Antigone
transmet une image faite de tensions et de sensualité, renforcée
par un rythme irrégulier, proche du 5/8.
Le début de l'oeuvre installe une ambiance mystérieuse, nocturne. Une voie solistique annonce par quelques notes Antigone. Le forte «con forza !» qui suit, massif et très sonore décrit Thèbes, ville où se deroule l'action, cité riche et vivante. Les trompettes passent au premier plan pour scander un motif très nourri.
Le jour se lève ensuite (petit clin d'oeil à Bruckner). Peu à peu la ville se réveille, des appels se succèdent. La tension monte, s'arrête brusquement et fait place à une danse ternaire, jouée d'abord par les solos cornets puis reprise en canon par les autres voix de cornets, sur un ostinato d'euphoniums, de harpe et de percussion.
D'autres voix vont faire entendre cette danse qui se transformera en canon à 4 voix.
La danse se transformera en marche saccadée, la crainte, la peur
se fait entendre.... soudain Créon apparaît dans un «
con fuoco ! » fortissimo de quelques mesures. Apprenant qu'on a outrepassé
ses ordres, Créon déclare sa sentence. Le/la responsable
sera enterré(e) vivante. Il s'avèrera que c'est Antigone,
fiancée de son fils Hémon !
Suit l'opposition entre Antigone qui assume son geste et maintien avoir
raison et Créon voulant faire respecter la loi dictée. Antigone
semble gagner, enfin le pense-t-elle et l'on entend alors le thème
d'Antigone qui revient en entier, mais cette fois « maestoso »,
forte et très nourri. Il se termine en decrescendo, le doute s'installant
quant à la victoire d'Antigone...
Le doute se transforme en suspense puis Créon, à nouveau tranche, hurle son verdict : Antigone sera enterrée vivante ! Ici les fortissimos s'enchaînent avec des chromatismes descendants. Un choral suit, évoquant une pensée « religieuse », la dernière qu'aura Antigone...
La marche funèbre débute alors à la percussion, caisse
claire, grosse caisse, timbales. Le bugle, le baryton et l'euphonium jouent
le thème d'Antigone, d'une rythmique binaire, implaquable. Les autres
voix entourent cette mélodie avec des appels répétitifs,
obstinés, avec sourdine.
Un bref choral pourrait servir de fin, triste et nostalgique. Mais la situation de Créon ne peut rester ainsi... Tirésias, le devin annonce à Créon que la portée de son acte est dramatique. Apprenant la sentence pour Antigone, son fils (fiancé d'Antigone) s'est donné la mort ! Sa femme, apprenant la mort de son fils, s'est elle aussi tuée !!
Créon réalise la portée de son geste et la folie,
peu à peu s'empare de lui...
Une succession de notes en rythmes aléatoires, basés sur une gamme à tons et demi-tons construit une tension déséqulibrée··· telle un château de cartes, Créon succombe finalement, implorant la mort de s'abattre sur sa tête !!
Trois accords formés de deux notes seulement se succèdent
froidement, annonçant l'issue tragique de tous. 4
CAROLINE HYMN
de Nicolas Avinée
Oeuvre recompensée dans la 1ère categorie au concours de
composition pour brass band de la CMF
Après une courte introduction, débute un allegro en sib mineur. L'accompagnement agité en triolets évoque l'instabilité de l'âme humaine. La première difficulté technique réside dans le tuilage parfait de ce motif réparti entre les differents instruments. Apparaît alors un premier thème secondaire en valeurs longues au pupitre des cornets.
Mesure 25 débute une marche harmonique virtuose. Elle traduit l'inexorabilité de notre destin.
Le deuxième thème est exposé au saxhorn alto mesure 32, sous forme d'une marche rythmée par les graves, il traduit l'errance et l'inquietude. Ce thème principal est soumis à quelques développements.
Mesure 83, superposition des deux premiers thèmes, retour de cette instabilité (triolets).
Décompression progressive jusqu'à la mesure 104. Largo décisif,
fin de l'errance, résolution de certains questionnements. S'ensuit
une partie plus calme, sereine en lab majeur, exposition du deuxième
thème principal. Cette stabilité amène un fugato enlevé
reprenant la tête du thème en lab. Explosion d'une certaine
joie bientôt troublée mesure 171. Retour du thème secondaire
mesure 182. Modulation en sol mineur. Ré-exposition de la tête
du premier thème principal mesure 194. Maestoso lent mesure 203,
symbolisant le triomphe de lfhomme qui vainc finalement son destin. 4
CONCERTO POUR ACCORDÉONS
de Celino Bratti
Cette pièce m'a été inspirée par des impressions
et des souvenirs.
Le 1er mouvement débute par une série d'accords (partagés
entre les 1ers et 2e accordéons) qui introduisent une ligne mélodique
en forme de valse. Le 2e thème (n°2 et 3) développe une
mélodie au caractere mélancolique. Au n°4, le tempo devient
plus agité et se termine par une succession d'arpèges stringendo
en 1/2 tons.
À la Coda (n°6), on retrouve les accords et la ligne mélodique
du début mais cette fois sotto voce, afin de faire ressortir la
variation confiée aux 1ers accordéons. Le mouvement se termine
par une envolée des 1er, 2e et 3e ainsi que quatre accords tres
contrastés dans la nuance
Le 2e mouvement, Giocoso, est un souvenir de voyage. Il débute par
un rythme provencal, qui va perdurer pendant tout le mouvement, et qui
soutient les divers thèmes. À la Coda "A" une variation
basee sur le thème du n°2 est exposée par les 1ers et
2e , les 3e les rejoignant sur les deux dernières mesures.
Le 3e mouvement reflète un moment de calme et de rêverie.
Au n°2, les harmonies du n°1 reviennent mais beaucoup plus amples
avec quelques fioritures des 1ers accordéons. Au n°4, les phrases
par deux mesures se succèdent dans une accélération
très agitée se terminant par un allargando qui ramène
le calme. Au n°5, le thème du début revient avec les
1ers a la tâche, donnant à l'ensemble un caractere très
concertant. Après les deux césures du n°6, un point d'orgue
sur la note ré sforzando permet au soliste de préparer, par
un autre point d'orgue court, une gamme veloce avec une conclusion de tous
sur deux accords fortissimo.
Allegro, ce dernier mouvement, au rythme très soutenu, met en valeur
un thème léger et primesautier malgré quelques difficultés
techniques assurées par les 1ers et 2e accordéons. Au n°4,
le thème est dans la même veine qu'au début avec un
effet de quartes. La basse joue un rôle important dans le soutien
rythmique. Au n°6, l'ambiance change complètement. Les quatre
premières mesures (3/4) introduisent une valse au thème très
chantant mais un peu nostalgique soutenu par un effet d'orgue de barbarie
assuré par les 3e.
Observation pour la Coda : les accords assurés par les 3e, 4e et
la basse sont importants et doivent bien sonner. A la 6e et 7e mesure,
les 2e et 3e accordéons sont bien en dehors. 4
n° 503 décembre 2002 copyright © 2003 cmfdiffusion _ www.cmfjournal.org
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