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L'origine de cette prestigieuse formation date de 1848 avec des débuts officiels qui remontent à 1852, lors de la distribution des drapeaux aux Champs de Mars. C'est une telle révélation que son premier chef Paulus obtient en 1856 la transformation de sa fanfare en musique d'harmonie sous le nom de Musique de la Garde de Paris. Celle-ci devient Musique de la Garde Républicaine en 1871 et entreprend l'année suivante aux Etats-Unis le cycle de ses voyages à l'etranger. Le succès est immédiat et depuis de très nombreuses tournées ont affirmé son prestige.
Les grands compositeurs sont régulièrement au programme de ses nombreux concerts. Certains d'entre-eux ont même dirigé leurs propres oeuvres à la tête de l'Orchestre d'harmonie comme la Cantate de Saint-Saëns, Le Boléro de Ravel ou l'Ascension de Messiaen, Florent Schmitt a même écrit specialement pour cette formation Les dionysiaques.
En 1993, la Musique de la Garde républicaine prend l'appellation
d'Orchestre de la Garde républicaine. Depuis 1997, l'Orchestre de
la garde est placé sous la direction du colonel François
Boulanger et du commandant Sébastien Billard qui s'attachent à
préserver la tradition musicale française que perpétue
dans le monde cette formation depuis un siècle et demi.
Entretien avec François Boulanger
Vous êtes à la tête de la Garde Républicaine
depuis six ans, quel constat ?
François Boulanger : En six ans, la physionomie de l'orchestre
a évolué. En effet, un bon quart de l'effectif -ce qui est
enorme en l'espace de cinq ans- a été renouvelé, les
musiciens étant partis à la retraite. Aujourd'hui, l'orchestre
a une allure plutôt jeune parmi les pupitres de cordes et de vents
avec une énergie et une vision des choses sans doute plus dynamique
qu'avant, dans le sens ou les jeunes apportent un savoir-faire et une énergie.
L'orchestre va se figer pour quelques années. Il va vieillir avec
moi et j'espère dans un bon esprit...
L'image de l'orchestre change...
F. B. : Notre manière de communiquer avec l'extérieur a évolué.
Isabelle Bureau-Poste a en charge la communication et si nous avions
interdiction, il y a quelques années, de faire de la promotion,
les choses se sont un peu inversées. Nous avons non seulement l'autorisation
mais aussi le devoir de nous montrer ...
Combien de concerts donnez-vous dans l'année ?
F. B. : Nous faisons environ 80 concerts par an toutes formations confondues
soit 40 musiciens pour l'Orchestre a cordes et 80 pour l'Orchestre d'harmonie.
La réunion des deux formations permet de nous produire en orchestre
symphonique...
Cela se produit fréquemment ?
F. B. : L'orchestre symphonique n'a pas une saison régulière
car ses musiciens jouent aussi à l'orchestre d'harmonie. Le symphonique
assure les concerts liés au protocole des institutions militaires,
Gendarmerie et Mairie de Paris et ne se produit pas lors de concerts privés
sauf occasion exceptionnelle ce qui a été le cas, il y a
deux ans, avec notre concert a New York... Dernièrement il était
a l'Eglise St Eustache pour les cérémonies du 11 novembre.
Le 11 décembre, jour anniversaire de la naissance de Berlioz, nous
avons joué la Symphonie fantastique et Harold en Italie dans l'Eglise
des Invalides, endroit mythique pour le compositeur qui y a créé
son Requiem. Nous sommes à nouveau dans ce lieu le 18 décembre
pour une création, commande faite par la fondation Vauban. Cette
composition orchestrale avec choeur écrite par E. F. Lulle d'une
durée de 40 minutes en 12 tableaux évoque la vie de Vauban. Cette
oeuvre devrait être reprise pour une tournée française
et européenne dans les grands lieus où Vauban est intervenu.
Quel est le répertoire de l'orchestre...
F. B. : L'orchestre symphonique a un effectif de 65 musiciens qui permet de jouer le répertoire de l'école baroque jusqu'à la première période du romantisme avec Schubert, Schumann et Berlioz. Au de-la nous ne respecterions pas les pensées des compositeurs.
Et l'activité de l'harmonie...
F. B. : Pour la première fois l'Orchestre d'harmonie va en Chine en décembre pour deux concerts à l'Opéra de Shanghai. Nous allons apporter notre savoir faire avec les grandes pièces inscrites à notre répertoire : le Bolero de Ravel, Berlioz et le Sacre du Printemps de Stravinsky dans la version harmonie que j'ai realisée et qui est vraiment adaptée à notre formation bien que complexe à monter. Nous avons déjà présenté cette oeuvre en France, notamment au Théâtre des Champs Elysees où a eu lieu la création en 1913, puis en Suisse et en Espagne. L'accueil a été chaleureux et je suis très heureux de présenter cette oeuvre car elle est représentative du savoir-faire maximum de l'orchestre. Elle témoigne du pas supplémentaire franchi par cette formation.
Les facettes de cette grande formation sont multiples...
F. B. : Les formations existantes au sein de la Garde Republicaine (les orchestres à cordes, symphonique et d'harmonie, les choeurs de l'armée...) offrent de nombreuses possibilités de concerts avec des propositions de programmes variés. Les gens sont très intéressés et demandeurs et il arrive parfois qu'il y ait deux concerts en même temps...
Quelle place pour le répertoire contemporain ?
F. B. : Même si nous faisons des créations, ceci n'est pas l'objectif premier de l'Orchestre. D'ailleurs notre public ne s'attend pas venant de notre part à entendre un concert composé uniquement d'oeuvres contemporaines.Traditionnellement nous jouons les grandes pièces du répertoire.
Bien sûr nous l'enrichissons de nouvelles pièces. L'orchestration
du Sacre du Printemps pour version harmonie aurait surpris plus d'un si
nous l'avions faite il y a trente ans... Dans ce même esprit,
je viens de terminer l'orchestration de La Mer de Debussy que nous présenterons
bientot.
Vous allez poursuivre la voie de la transcription...
F. B. : Oui, d'autant que nous venons de recruter Yann Edern Goas, jeune musicien arrangeur, récompensé au CNSM de Paris en analyse, orchestration et classe d'écriture. Il est très pointu dans l'orchestration et vient d'obtenir un prix de composition. C'est un jeune plein d'avenir. Il travaille actuellement sur un Quintette pour saxophone et orchestre d'harmonie et un quatuor de tuba de Piazzola... C'est un plus pour le répertoire de notre formation.
Vous avez votre propre édition ?
F. B. : L'orchestre joue avec son matériel ce qui est rare pour
un orchestre professionnel. Nous avons une bibliothèque et notre
édition. Les chefs qui se sont succédés ont beaucoup
réorchestré et les copistes faisaient le reste. C'est toujours
le cas aujourd'hui, mais au moyen de l'ordinateur.
Tout a été conservé ?
F. B. : Oui, bien sûr. Non seulement tout est conservé, mais comme l'orchestre vit et change, nous nous adaptons à la modernité et la capacité des instruments qui ont de nouvelles possibilités de jeu, surtout pour les saxhorn et euphonium.
Y a-t-il des enregistrements disponibles ?
F. B. : Plusieurs enregistrements ont été réalisés* entre 1998 et 2000 à mon arrivée a l'Orchestre. D'autres disques existent à l'étranger, malheureusement ils ne sont pas disponibles ici. Il y a notamment plusieurs enregistrements de très bonne qualité réalisés pendant nos tournées au Japon. La derniere date de 2000 où nous avions joué Till allen Spiegel de Strauss et Sheherazade de Rimsky-Korsakov. Il y a aussi un important travail d'archives fait par les japonais avec la réédition d'enregistrements historiques à partir de 1903. Il existe aussi des DVD diffusés en circuit fermé. Nous avons actuellement un disque en cours de fabrication aux éditions Corelia qui sortira en 2004.
Pouvez-vous nous en dire plus sur cet enregistrement ...
F. B. : C'est une présentation de l'ensemble de nos formations. Y figurent l'Apprenti sorcier de Dukas ; une Symphonie salzbourgeoise de Mozart (cordes); une piece pour orchestre a cordes et trompes de chasse de Mouray ; le Choeur des soldats de Gounod avec l'orchestre symphonique et le choeur.
L'orchestre va aussi enregistrer pour la CMF...
F. B. : Nous allons enregistrer aux editions Billaudot un support musical
destiné à la culture musicale. Plus précisement, nous
allons illustrer une méthode de solfège avec de courts extraits
sonores représentatifs des différents styles de musique.
Cela ira de la Symphonie fantastique aux Quatre saisons de Vivaldi...
C'est étonnant pour un orchestre d'une telle renommée...
F. B. : Cela fait partie des missions pédagogiques. D'ailleurs dans ce même esprit, nous proposons une générale à l'attention du jeune public avant le concert tout comme les orchestres régionaux qui mènent de nombreuses actions de ce type. C'est une question d'organisation.
Cette année la CMF a organisé pour la première fois l'épreuve de chef d'orchestre symphonique qu'en pensez-vous ?
F. B. : J'ai assisté au jury du premier tour de ces épreuves.
Je constate que ce type d'orchestres se développe en province. La
Garde Republicaine a son rôle à jouer. Comme nous le sommes
avec l'orchestre d'harmonie nous pouvons être au niveau de l'orchestre
symphonique un modèle pour ces formations.
Vos projets pour 2004?
F. B. : Nous aurons une belle tournée à l'étranger, mais il est encore trop tôt pour en parler. Puis il y a tous les concerts en France. Le planning est disponible sur le site de la Garde.
Propos recueillis par Christine Bergna
L'Orchestre de la Garde Republicaine,
12 bd Henri IV, 75181 Paris cedex 4; www.garderepublicaine.com
*Derniers enregistrements sous la direction de François Boulanger
et Sébastien Billard : Marches triomphales, Berlioz chez Auvidis
(1998); De Liszt a Nougaro, ed. Robert Martin (1999) ; Saxophone avec Jean-Yves
Fourmeau, chez feeling Musique (2000) et aussi chez Sony et Corelia.
Biographie
Né en 1961, Francois Boulanger a été recompensé
par cinq prix au Conservatoire national superieur de Musique de Paris.
Pianiste et organiste, il s'est par la suite revelé lors de trois
grands rendez-vous internationaux où il a été laureat
: les concours des jeunes chefs d'orchestre de Besançon, de percussion
de Paris et de Genève.
Fort de ces succés, il a été invité très jeune à jouer en soliste (percussion, orgue) avec des orchestres tels que le nouvel Orchestre philharmonique de Radio France, et á diriger de prestigieuses formations telles que l'Orchestre de l'Opéra de Paris, l'Orchestre Pasdeloup, l'Orchestre national de Lyon, l'Orchestre philharmonique de Montpellier, l'Orchestre régional d'Auvergne, l'Orchestre de la Radio Télévision Luxembourgeoise, l'Orchestre Royal d'Oslo, l'Orchestre national d'Ukraine, l'Orchestre philharmonique de Moscou, les orchestres des Conservatoires de Paris et Lyonc
Nommé en 1997 à la Garde Républicaine, le colonel
François Boulanger dirige les formations d'harmonie et symphonique
lors de leurs multiples prestations, tant en France qu'à l'etranger
(Japon, Etats-Unis, Espagne, Chine, Suisse, Slovénie...).
n° 509 décembre 2003 copyright © 2004 cmfdiffusion _ www.cmfjournal.org
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