Portrait
Après ses études au CNSM de Paris, Jean-Claude
Casadesus reçoit lfenseignement de deux maîtres, Pierre Dervaux et Pierre
Boulez. Engagé comme directeur musical du Châtelet en 1965, il devient dès 1969
chef permanent de lfOpéra de Paris et à lfOpéra-Comique. Il participe ensuite à
la création de lfOrchestre des Pays de Loire dont il est directeur adjoint
jusqufen 1976. A cette date, il crée lforchestre national de Lille auquel il
consacre depuis lfessentiel de son activité. Sous sa direction, lfo.n.l. a su
porter son large répertoire, son dynamisme et la qualité de son projet
artistique fondé sur lféthique et la durée au fil de quatre continents et de
trente pays. Parallèlement, Jean-Claude Casadesus mène une carrière
internationale dans les répertoires symphoniques et lyriques. Il est invité
régulier des orchestres de Philadelphie, Salt Lake City, Saint-Pétersbourg,
Montréal, Paris, de celui de la
Fondation Gulbenkian ou encore des Berliner Sinfoniker.
Tokyo, Budapest, Prague, Séoul, les
Etats-unis, Monte-Carlo, Trieste pour Faust de Gounod, lfOrchestre de Paris
pour les Contes dfHoffmann ou encore lfOrchestre national de France pour le
Requiem de Verdi lfont accueilli récemment. Ses prochains engagements le
mèneront à Baltimore, Lisbonne et Berlin. Il a effectué une vingtaine
dfenregistrements à la tête de lfo.n.l. qui lui ont valu plusieurs récompenses.
Il est lfauteur dfun livre, Le plus court chemin dfun cœur à un autre
publié aux éditions Stock. En 2004, les Victoires de la Musique classique lui
ont décerné une Victoire dfHonneur.
Jean-Claude Casadesus est président de Musique Nouvelle en Liberté
et directeur musical de l'Orchestre français des jeunes.
Le rôle du chef dforchestre
« Le geste du chef consiste avant tout à
traduire une réflexion, une conception sans laquelle il ne peut prétendre diriger. De longues
heures dfétude et dfanalyse sont nécessaires avant de se présenter devant
lforchestre. Le chef doit être pour les musiciens comme un guide du code de la
route. Ce code est inscrit sur leurs parties. Les musiciens ont un parcours à
accomplir, ponctué de signaux. Il peut leur indiqué le tempo, les départs, les
arrêts, certains virages particulièrement accidentés, les mises en garde, avec
le plus de clarté possible. Dans un deuxième temps, le geste doit suggérer les
dynamiques, le phrasé et lfarticulation. Cfest encore du geste que dépend la
sonorité que lfon veut obtenir. Mouvement et mimiques sont autant dfindications
pour le musicien qui adopte son feu en fonction des informations qufil reçoit.
Lfun des éléments essentiels (bien qufen apparence très simple) de le battre
est de toujours montrer avec précision le premier temps de la mesure et
(entreprise plus difficile) le 2e temps. Ce sont toutes ces données qufun chef
débutant doit intégrer ».
Le percussionniste
« Au fil de mes engagements, je
découvrais la hiérarchie propre au métier du percussionniste. Un débutant joue
des accessoires : triangle, castagnettes, tambour de basque, wood blocks.
À lfautre extrémité les instruments nobles, timbale et caisse claire, sans
parler des claviers sont lfaboutissement dfune carrière. Mais la caisse claire
requiert une technique difficile afin de nous y préparer, au conservatoire nous
faisions nos armes au tambour militaire, en fonction des règles éditées par la
batterie de Napoléon. Nous jouions des marches, des rigodons et des dianes.
Un bon tambour pouvait prétendre faire une
carrière de « caisse claire» spécialité rare et prisée. Jfavais un efriséf
coup alternatif des deux mains et un « papa-maman » maîtrisés, perlés
et rapides. Un véritable acharnement au fil dfun travail technique assidu
mfavait permis dfarracher à mes poignets récalcitrants lfindispensable
souplesse requise. Jfétais devenue un « friseur » et un
« papamamandiste » du tonnerre.
Le philosophe et sa volonté artistique
- La musique est une nourriture vitale
- Lfémotion est un droit pour tous
- Seule la qualité lui donnera une crédibilité
« Cfest à ce stade de mes réflexions que
sfimposa à moi lfidée qui allait guider toute mon action future.
Oui, il fallait associer le plus large public
possible à nos manifestations, en allant à lui. Dans les villages comme dans
les grandes villes, sur mes lieux de travail, à lfuniversité - que
sais-je !- avec le souci constant de la « même qualité pour tous». En
permettant à chacun, quelque soit sa condition dfavoir accès au « fait
musical » à cet art majeur, immédiatement compréhensible par tous. »*
Le président Bernard Aury et les membres du conseil dfadministration
de la Confédération musicale de France tiennent à
remercier Jean-Claude Casadesus dfaccepter de faire partie des membres
dfHonneur de notre noble association. Son éminente personnalité
constitue une référence de choix pour renforcer notre demande
toute entière dévouée à l'épanouissement
de la pratique musicale amateur.
Ce maestro issu dfune illustre dynastie de
musiciens fêtera bientôt ses 70 ans.
À cet éternel jeune homme, généreux, passionné
Ambassadeur de la Musique Française nous souhaitons un Joyeux Anniversaire.
Happy Birthday Jean-Claude !
Guy Dangain,
président du Conseil national artistique de la CMF
*Extraits du livre Le plus court chemin dfun cœur à un
autre de Jean-Claude Casadesus, publié aux éditions Stock.