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Avec Fabrice Ferez (hautbois) ,Stéphane Philippe (clarinette) Christian
Bouhey, (basson)Créé en 1991, quel a été le
point de départ du Trio de Poche...
Ces musiciens talentueux souhaitent avant tout faire redécouvrir
le répertoire du trio d'anches, formation un peu oubliée.
Christian Bouhey, porte parole, nous parle de
la passion qui anime les
musiciens pour la musique de
chambre et de leur démarche pour la faire partager avec le plus grand nombre...
Créé en 1991, quel a été le point de départ du Trio de Poche...
Christian Bouhey : Cfest avant tout une rencontre humaine et plus particulièrement celle du clarinettiste Stéphane Philippe et moi-même. Nous nous étions rencontrés par hasard sur une série ponctuelle de musique de chambre et nous avons eu envie de poursuivre cette expérience et faire de la musique ensemble...
Vous vous êtes fixés rapidement des objectifs...
C. B. : Très vite nous avons voulu monter un
petit ensemble pour explorer le répertoire particulier du trio dfanches
notamment le répertoire de la musique française que nous avions joué pendant
nos études au CNSM et qui possède quelques grandes pièces écrites entre les
années 1920 et 1950. Je fais référence aux Trios de Jean Françaix, Jacques
Ibert, Alexandre Tansman très peu joués de nos jours.
Vous souhaitiez avant tout gexplorerh le
répertoire...
C. B. : Le mot gexplorerh est bien adapté.
Depuis la création du Trio de poche, il y a une quinzaine dfannées, on
sfaperçoit que nous avons fait un réel effort de recherche au niveau du
répertoire avec lfenvie de redécouvrir des œuvres qui nfavaient plus été jouées
depuis la fin du XIXe siècle. Nous avons découvert le Trio dfange Flégier à la
Bibliothèque nationale. Ce compositeur romantique français, ami de Jules
Massenet, est le seul a avoir écrit pour trio dfanches. Cfest une belle pièce
que le public apprécie lors de nos concerts et à cela nous a donné lfidée de
lfenregistrer assez rapidement.
Et aujourdfhui quel regard avez-vous sur le
répertoire...
C. B. : Notre réflexion se poursuit avec
lfarrivée de Fabrice Ferez voilà 3 ans et avec qui nous avons le sentiment dfavoir trouver notre
troisième au sein du trio. Il nous a apporté les transcriptions qufil réalise à partir de trio, quatuor à
cordes... et des airs dfopéra. Nous avons joué lfannée dernière des
transcriptions de Don Juan de Mozart, pour une opération que nous faisions conjointement avec lféducation nationale, plus précisément
avec des classes qui étudiaient le Don Juan de Molière.
Existe-t-il un répertoire à lfétranger...
C. B. : Il existe un répertoire en Europe de
lfEst bien connu là-bas, mais pas du tout ici. Nous lui consacrerons au
printemps notre 3e disque avec au programme Lutoslawski, Veress, Slavicky...
En fait le répertoire est à créer...
C. B. : Oui, et cfest pour cette raison que depuis 1996, nous travaillons avec
des compositeurs. Le premier en date a été Francis Coiteux avec la Fête aux
bois pour trio et orchestre dfharmonie. Nous avions eu la chance de le
rencontrer lors dfune master class que nous faisions auprès dforchestres de
jeunes. A cette occasion nous avons eu lfidée de lui demander un concerto pour
trio et grand orchestre dfharmonie. Et grâce à lfaide de la fédération
régionale du Doubs nous avons pu concrétiser notre première aventure avec la
création. La fédération nous a aussi beaucoup soutenus à nos débuts dans
lforganisation de master class et dans le cadre de nos interventions dans le
milieu amateur.
Connaissiez vous le milieu amateur avant ces
interventions...
C. B. : Oui, nous avons tous travaillé avec
les harmonies à un moment où à un notre de notre parcours. Pour ma part, alors que jfétais élève au CNR de Dijon mon maître mfa
conseillé dfaller jouer au sein de lfharmonie de Chenôve. Jfavais 16 ans et
cfest un souvenir qui est resté ancré dans ma pratique. Pour Stéphane Philippe,
cfest la même chose. Elève à Besançon, et il a été très tôt aux contacts des
harmonies où il a été clarinettiste et ensuite intervenant... Ce contact
sfapprofondit avec le temps et nous faisons partie du comité de réflexion du
festival de Chenove gA tout venth, dont la deuxième édition aura lieu en mai
prochain. Ce festival dirigé par Thierry Weber et soutenu par la fédération
régionale et Christophe Morizot, est axé autour des pratiques amateurs.
D'autres compositeurs ont écrit pour vous...
C. B. : Grâce au soutien de lfAddim de la Haute-Saône, organisme
commanditaire de plusieurs pièces et plus particulier son directeur Fabrice Creux, depuis 1997 nous
passons commandes aux
compositeurs. Kasper Toeplitz a composé un trio avec saxophone ;
Frédéric Jacqmin un trio et orchestre dfharmonie et récemment François Poullot,
ancien tubiste de la Garde républicaine et élève de Maître Dondeyne, une
nonette. Son œuvre redécouvre un
style néo-classique, très léger, très primesautier inspiré des tableaux du
Douanier Rousseau. Nous lfavons créée en fin octobre avec lfharmonie de Port
sur Saône (70)
Nous aimons rencontrer des compositeurs aux
univers différents car chacun à son approche personnelle. En 2007, nous
créerons une pièce de Jacques Casterède pour harmonie de chambre. Une autre
belle aventure en perspective...
La formation gtrio dfanchesh est peu
représentée en France...
C. B. : En effet, si on dénombrait dans les années 20 plusieurs trios, après la
seconde guerre, on nfen trouve plus trace hormis le Trio dfanches de
Franche-comté ou celui de Dijon.
Comment fonctionne un trio...
C. B. : Au départ, il est important de se voir
beaucoup pour échafauder un répertoire et trouver ensemble des repères dfécoute
par rapport à la partition. Les repères humains sont aussi très importants pour
connaître le fonctionnement de chacun et pouvoir être réactif sur scène quand
lfun de nous prend une direction dfinterprétation et pouvoir suivre
immédiatement. Cfest très important pour trouver des simultanéités dfécoute et
des repères rapides. Une fois ce travail mis en place, les répétitions peuvent
être plus diluées dans le temps et on peut se permettre de répéter uniquement
en période de concerts. Bien
entendu si le répertoire est nouveau il faudra plus de travail. Mais lfidéal,
cfest dfavoir des rendez-vous ponctuels pour ne jamais se perdre de vue
auditivement. Cfest plus de lfordre de la sensation un peu à lfimage du feeling
chez les jazzmen...
Comment mettez-vous en place une création ?
C. B. : Cfest plus complexe. Nous essayons
dfavoir les partitions très tôt pour savoir ce que chacun de nous a à faire.
Puis en fonction des difficultés nous organisons notre calendrier avec des
repères dans le temps. En général, après une première lecture où nous dégrossissons
la partition nous rencontrons le compositeur pour avoir son avis, son aval, ses
conseils puis nous poursuivons notre travail de groupe, tout en essayant de
rester très proche du compositeur.
Quel est votre programme pour 2006 ?
C. B. : Nous avons beaucoup de concerts à
venir avec des programmes très différents. Le 9 janvier, nous serons à
Dijon pour jouer la pièce de François Poullot avec lforchestre dfharmonie
de chambre du CNR de Dijon dirigé par M. Bourgeois , directeur adjoint et très
proche du milieu amateur. En février, entre le 8 et le 10, nous serons en
concert à Besançon et nous réaliserons une master class en relation avec
lféducation nationale sur Les Noces de Figaro de Mozart avec des classes de
1ere qui préparent le bac de français et qui travaillent sur lfœuvre de
Beaumarchais.
Le 24 mai, nous serons au festival de Chenove et le 27 nous donnerons la
création de Philippe Forget, jeune compositeur bourguignon qui a, pour
lfoccasion, écrit la musique et le texte pour trio, chœur dfenfants et
récitant. François Castang sera avec nous pour ce concert avec les enfants
issus des écoles primaires de Haute-Saône. Cfest une grande aventure...
Vous intervenez souvent en milieu scolaire...
C. B. : Nous sommes tous les trois pédagogues*
dans lfâme et nous faisons de nombreuses interventions dans les écoles de
musique par le biais de master class autour dfun thème en fonction de ce que
lfon nous demande comme le travail particulier pour la musique de chambre... ou
sur le répertoire...la respiration. Nous approfondissons également ce travail de chambriste lors
du stage dfété que nous organisons fin juillet dans la drôme.
Cfest une année bien chargée...
C. B. : Nous terminerons lfannée à lfautomne
avec le festival en Haute-Saône, «En A vent !», consacré aux pratiques des
vents. Cette manifestation sera un
lieu de rencontre entre les orchestres professionnels et amateurs, les jeunes
et les moins jeunes et nous allons essayer dfy associer la voix. Nous y créerons
lfœuvre de Jean-Louis Gand, directeur du CNR de Dijon, pour récitant et trio,
point dforgue de lfannée consacrée à nos quinze ans. Ce projet est chapoté par
lfAddim de Haute-Saône et nous faisons partie du comité de réflexion de ce
festival.
Propos recueillis par Christine Bergna
*Portraits
Fabrice Ferez, hautbois, diplômé du CNSM de
Lyon, titulaire du CA enseigne au CNR de Besançon ;
Stéphane Philippe, clarinette, diplômé du CNSM
de Lyon, titulaire du DE de
professeur, enseigne à lfécole de musique dfAnnemasse ;
Christian Bouhey, basson, diplômé du CNSM de
Lyon, lauréat du Concours international de musique de chambre de Martigny,
lauréat de la fondation Cziffra; enseigne au CNR de Dijon et à lfécole
départementale de Haute-Saône.
Chargée de production pour les orchestres
dfharmonie
Trio de Poche Michaela Rubi :
michaela.rubi@free.fr
http ://triodepoche.free.fr
triodepoche@free.fr
triodepoche@wanadoo.fr
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