cmf journal

Philippe Ferro

Chef de l'orchestre de la Musique
des Gardiens de la Paix





En 2001, nous rencontrions Philippe Ferro nouvellement nommé à la tête de l'Orchestre de la Musique des Gardiens de la Paix... cinq années sont passées, lfoccasion de nous livrer ses réflexions...


Vous êtes à la direction de la Musique des Gardiens de la Paix depuis décembre 2000, quel bilan ?

Philippe Ferro : Cfest un très bon orchestre composé de musiciens qui ont envie de faire de la musique et cfest essentiel. Une chose est sûre, cfest que nous avons fait connaissance et le son a forcément changé. De plus, depuis mon arrivée, une trentaine de concours de recrutement ont été organisés permettant la venue de gsang neufh au sein de notre formation.

Quel répertoire proposez-vous en concert ?


Le répertoire de concert est une alchimie savante. Jfattache beaucoup dfimportance à la musique originale mais aussi aux grandes transcriptions tout en essayant de trouver un équilibre entre les deux... Il faut penser à lfintérêt musical des œuvres, aux attentes des musiciens et du public... le programme doit être savamment élaboré de manière à éduquer, apporter quelque chose de nouveau tout en proposant des œuvres accessibles. Vulgariser des œuvres très connues mfintéresse peu. Cfest différent pour les prestations en extérieur dans les parcs et jardins de Paris, où nous proposons de la musique légère mais de qualité. Dfune manière générale, jfévite de suivre une certaine mode proposée par certains éditeurs. Je n'aime pas la standardisation. Cfest un peu le fast-food de la musique...

Jfestime qufon ne peut pas jouer les sempiternels eremakef et lforchestre de la Musique des Gardiens de la Paix a un rôle à jouer au niveau de « lféducation musicale » des formations amateurs qui je pense, attendent de nous autre chose que ce qufils font eux mêmes...

Cfest-à-dire...

Dfune manière générale, nous changeons très souvent de répertoire et travaillons des choses très différentes liées à notre actualité discographique. En cela la bibliothèque de la Musique des Gardiens de la Paix est un magnifique outil. Désiré Dondeyne, qui est resté plus de 25 ans à la tête de cette formation, a fait un travail extraordinaire. Il a non seulement écrit et beaucoup orchestré, mais il a aussi rencontré et sollicité de nombreux compositeurs : Tomasi, Durey, Milhaud, Tailleferre, Auric, Koechlin, Schmitt, Jolivet, Lancen, Gotkovsky, Bonneau, Loucheur... Ils ont écrit ou autorisé Désiré Dondeyne à transcrire certaine de leurs oeuvres. La Suite Transocéane de Jolivet est très difficile et aussi intéressante que les Dionysiaques de Schmitt, morceau de référence pour lfharmonie.

Le fonds est riche...

A mon arrivée fin 2000, après une immersion dfune semaine dans la bibliothèque, jfy ai découvert des partitions que nous sommes les seules à posséder... Jfessaye de les faire connaître en les jouant, les enregistrant et en œuvrant auprès des éditeurs pour leur diffusion.

C'est ce qui explique les nombreux enregistrements que vous avez réalisés ces derniers temps...

Nous avons réalisé notre premier enregistrement en avril 2002, consacré dans son intégralité à Germaine Tailleferre. En février 2006, nous avons enregistré notre 10e disque consacré à Serge Lancen avec les éditions Molenaar...

Même si cela peut paraître paradoxal par rapport à la crise de lfindustrie du disque, il est important pour un orchestre dfenregistrer car cfest aussi la constitution dfun patrimoine. C'est une carte de visite mais aussi une source de motivation pour les musiciens et le chef, car le disque reste et il faut être performant. Enregistrer, cfest aussi contribuer à la promotion de nouveautés, ne pas refaire à lfidentique ce que les autres ont déjà fait... Il faut sortir des sentiers battus.

Parlez-nous des différentes parutions à venir...

Le disque dédié aux cuivres graves qui paraîtra en mars prochain aux éditions Passions met en valeur des musiciens talentueux : Ivan Milhiet,  issu de notre formation dans le Concerto d'euphonium de Vladimir Cosma; Joël Vaïsse, trombone solo de lfOrchestre National de France et Stéphane Labeyrie, Tuba solo de lfOrchestre de Paris dans le Double concerto de Jean-Philippe Vanbeselaere. Il y a aussi la Suite balkanique de Janko Nilovic dans l'orchestration de Claude Pichaureau, et Arcane de Jérôme Naulais pour euphonium et ensemble instrumental écrite en toute liberté puisque Ivan Milhiet et moi-même avons laissé carte blanche à Jérôme pour lfécriture de cette pièce.

Puis dans les prévisions, il y a un disque dédié aux jeunes compositeurs : Trois réincarnations, concerto pour trompette et orchestre dfharmonie de Daniel Casimir avec Bruno Nouvion, trompette solo à lfOrchestre Philharmonique de Radio France et le Concerto pour trombone et orchestre dfharmonie de Jean-Philippe Vanbeselaere avec Gilles Millière professeur au CNSM de Paris. Nous venons de terminer un double CD dédié à Serge Lancen récemment disparu (sorti prévue en mai 2006) et nous consacrerons prochainement deux disques aux oeuvres inédites de Roger Boutry, et un plus tard à Jacques Castérède. Nous réalisons en moyenne deux disques par an.

Est-il facile de réaliser un CD...

Jusqufalors, nous avons enregistré avec des maisons différentes sur proposition de producteurs, peu dféditeurs, et le plus souvent suite à une volonté de ma part en fonction du contenu musical. Ce qui explique la présence de certains producteurs non spécialisés dans la musique dfharmonie et cela est une très bonne chose. Le choix de Jolivet sfest fait parce que sa musique est injustement trop méconnue et que son catalogue pour vents méritait qufon lui consacre un disque entier puisqufil y avait matière. La célébration en 2005 du centenaire de sa naissance était une excellente occasion car quel producteur aurait pris le risque de s'engager dans cette aventure en dehors de cette commémoration? Il suffit de regarder le nombre trop restreint dfenregistrements symphoniques consacrés à ce compositeur et vous aurez la réponsec Figurent sur ce disque les fanfares pour Britannicus, Soir et Défilé, la suite transocéane dans une superbe orchestration de Désiré Dondeyne et le 2e Concerto pour trompette, avec Clément Saunier merveilleux musicien que nous nous avons la chance de compter parmi nous. Ce disque paru en novembre dernier a fait lfobjet de bonnes critiques dans la presse spécialisée (Monde de la musique et Diapason). Pour nous tous, musiciens et chef, cfest une grande satisfaction que de voir nos disques critiqués dans ces revues spécialisées où il faut reconnaître que nos formations ne font jamais lfobjet dfarticle.

Je voudrais revenir à la suite transocéane dont la transcription a été réalisée avec lfaccord de Jolivet, ce dernier ayant décliné lfoffre de Désiré Dondeyne quant à la composition dfune pièce originale pour vents. Cette suite en 4 mouvements nfa été jouée qufune seule fois dans les années 70, par la Musique des Gardiens de la Paix à la salle Gaveau sous la direction de Désiré Dondeyne à lfoccasionc dfun congrès annuel de la CMF et à la demande de son Président de lfépoque Albert Erhmann. Jolivet et Dutilleux ont assisté à ce concertc Dondeyne mfa dit qufils avaient passé un temps fou en répétition à préparer cette oeuvre difficile et que malheureusement il nfavait pas pu la donner en concert par la suite.

Cfétait il y a 40 ansc Ne sommes-nous pas capables de pérenniser ce genre dfactions ? Je ne crois pas être passéiste mais lfhistoire mfa toujours passionné car sa connaissance devrait permettre dféviter le renouvellement dferreurs à venir, voire actuellesc

Aussi, je dois constater qufen France nos orchestres ont perdu une part de leur identité.

Cfest-à-dire ?

La France, puis la Belgique sont à lforigine de lforchestre dfharmonie. Le répertoire de la fin du 19e siècle et du début du 20e montre que lforchestre disposait dfune nomenclature et richesse de timbres extrêmement diversifiées par lfutilisation des différentes familles instrumentales : bois, saxophones, cuivres clairs, cuivres doux (bugle, alto mib, saxhorn, contrebasse...), percussions. Or, on a perdu cette richesse. On se contente de trois parties de trompettes, quatre parties de cors, la famille des saxhorns a complètement disparu...

Le problème vient des instruments, des chefs ?

Je pense que cfest avant tout un problème de standardisation... Je regrette qufun orchestre français sonne comme un orchestre hollandais, américain ou asiatique... Pourquoi aujourdfhui ne joue-t-on plus suffisamment des compositeurs comme Schmitt modèle en France, ou Strens, Schoemacker, Poot, Gilson compositeurs Belges, qui ont écrit pour orchestre d'harmonie complet, non amputé. Je constate que les éditeurs ont fait le choix de standardiser la partition pour pouvoir la proposer à lfétranger où certains instruments sont inexistants. Pour ma part, je pense que cfest une grave erreur et je ne souhaite pas renoncer à la richesse de notre patrimoine parce que nous devons nous plier aux règles du marché mondial, (le débat pourrait même devenir culinaire, mon avis ne diffèrerait pas).

Je sais qufavec votre orchestre, vous respectez lfesprit du compositeur...

Jfessaie de respecter les auteurs et jfai la chance dfavoir des musiciens compréhensifs et partageant les mêmes valeurs ; nous jouons les Dionysiaques de Schmitt dans la version de lfauteur avec notamment petit bugle mib, 4 parties de bugle, 3 parties dfalto, 6 parties de basses sib, 2 parties de baryton et 3 contrebasse sib... Certaines formations étrangères jouent cette pièce à 40 musiciens, cfest plus que regrettable. Cette pièce est difficile, mais la performance ne suffit pas. Il faut respecter la couleur originelle. Si lforchestration est gommée, il ne reste que le matériau musical et cfest vraiment dommage.

Vous-êtes là pour défendre le patrimoine...

Les harmonies professionnelles doivent garder le cap. Une chose me chagrine beaucoup, quand jfentends dire à lfétranger et ce nfest pas rare : « qufest-ce qui se passe en France, y a t-il encore des orchestres dfharmonie ? » Mais nous avons de bons orchestres amateurs, même sfils sont moins nombreux, à un haut niveau, que dans certains pays.

Concernant le répertoire, je passe le message suivant : Arrêtons de manger tous les jours au fast-food ; de temps en temps cela suffit ...

Les éditeurs ont pris lfhabitude de dire : cfest ce qui se vend, cfest le goût du monde amateur et du public... Mais qui peut affirmer cela? Je crois qufau contraire, on sfhabitue à cela puisqufil nfy a rien dfautre (il suffit pour cela de faire la comparaison avec ce que les grands médias nous proposent tous les jours aux grandes heures dfécoute). Dernièrement nous étions en concert à lfArsenal de Metz avec au programme : la transcription des Préludes de Liszt, Noces de cendres de Tomasi, la Symphonie de Paris de Lancen et la Suite balkanique de Janko Nilovic ; le concert a été un succès ... Il faut diversifier les esthétiques et très souvent, nous sommes surpris du retour du public. Bon nombre de gens sont venus me voir à la fin du concert pour me dire : « cette pièce de Tomasi, quelle force et quelle œuvre ! » Quant à l'organisateur, il mfa avoué qufà la lecture du programme avant le concert, il était quelque peu inquiet quant à la réceptivité des 1200 personnes présentes. Moralité : ne jamais baisser les bras. Les compositeurs doivent continuer dfécrire pour ce type dforchestre même si les oeuvres sont un peu plus contemporaines car nous sommes au XXIe siècle. Mais peut-être avons-nous cinquante ans de retardc

Cinquante ans de retard par rapport à la composition...

Il y a un décalage énorme entre ce que lforchestre dfharmonie joue à lfheure actuelle et ce qui se fait dans le monde savant de la musique avec les post-sériel, les dodécaphonistes, les néo-classiques... Après les Dionysiaques, Il aurait fallu continuer de solliciter les compositeurs. Cela a été fait dans la mouvance de 1936 avec le 14 juillet de Romain Rolland et les pièces dfIbert, Auric, Honegger, Milhaud... puis avec Désiré Dondeyne (cf plus haut) et heureusement, sinon, il y aurait un immense vide dans le répertoire. Roger Routry a largement contribué à lfélargissement du répertoire.

Aujourdfhui il nous faut solliciter les compositeurs savants actuels comme Nicolas Bacri, Thierry Escaich, Guillaume Connesson, Philippe Hurel, Bruno Mantovani, Régis Campo... et les convaincre dfécrire pour orchestre dfharmonie, à la portée des orchestres amateurs.

Mais certaines œuvres existent...

Oui, mais elles sont mal diffusées... Lorsque jfétais directeur de lfharmonie dfIngré à côté d'Orléans, il mfarrivait souvent dfêtre désarmé par lfamoncellement des catalogues d'éditeurs que je recevais où tout se ressemblait. Je faisais alors comme tout le monde, je commandais ce qufil y avait dec moins pire, et je reprenais des œuvres originales ou transcriptions dans la bibliothèque très fournie de cet ensemble qui, à une certaine époque, avait compté plus de 100 musiciens. Jfen profite pour souligner lfexcellent travail que nous avons réalisé avec cette harmonie amateur. Certaines personnes croisées à lfoccasion de concerts ou stages mfont dit : «tout ce que vous dites est très bien, mais vous ne connaissez pas la réalité du terrain, vous dirigez un orchestre professionnel». Malheureusement pour eux et heureusement pour moi, je crois assez bien connaître les réalités du terrain car lorsque jfai dirigé cet ensemble amateur à lfage de 17 ans faute de chef, nous nfétions plus qufune trentaine de musiciens et notre harmonie a du être classée en 2e division 2e section. Lorsque je suis parti 15 ans plus tard en janvier 2001, il y avait près de 80 musiciens et nous avons ensemble remonter les manches et les marches pour arriver en Supérieure 1ère section. La plus belle récompense du travail réalisé durant ces 15 années aura été dfassister à un de leur concert 3 ans plus tard en 2004 où François Thuillier interprétait un concerto pour tuba commandé à Jean-Christophe Cholet. Pour en revenir au répertoire, il existe un outil intéressant pour les chefs: le catalogue du CDMC à Guebwiller rassemblant plus de 50000 ouvrages consultables en ligne ou sur place www.windmusic.org. Il y a aussi le fonds de l'Ariam qui propose plus de 100 créations pour orchestres à vent de compositeurs tels que Jeanneau, Emler, Constant, Mantovani, Musseau, Caratini, Sanchez, consultables prochainement au CDMC. Et puis se développent de plus en plus les commandes d'orchestres faites aux compositeurs. Mais ces œuvres une fois jouées ne sont pas forcément éditées et restent dans les tiroirs. Il faut faire quelque chose et vite afin que ces créations ne soient pas aussi éphémères que les insectes du même nom...

Il y a une crise du répertoire...

Il y a déjà un manque cruel dfinformations sur le répertoire existant et il faut réagir. En ce qui concerne les orchestres à vents professionnels, François Boulanger (Lforchestre de la Garde républicaine), Claude Kesmaecker (Musique de lfAir), Benoît Girault (Police nationale) et moi-même avec la Musique des Gardiens de la Paix avons procédé à une sollicitation commune auprès du Directeur de la Musique, pour que la direction avalise une commande annuelle pérenne au titre de la création destinée aux orchestres à vents professionnels. J'espère que notre appel sera entendu car nos administrations de tutelle ont souvent dfautres préoccupations et cela peut se comprendre en période de restriction budgétaire...

Pourquoi lforchestre dfharmonie est-il en difficulté en France ?

Je pense que cfest aussi un problème dféducation culturelle. Aux Etats-Unis, Japon, Chine, de nombreux orchestres dfharmonie sont présents dans les collèges, lycées, universités... et il y a une véritable culture de la musique dfensemble qui nfexiste pas chez nous à ce niveau. Jfattends beaucoup des orchestres à lfécole, opération lancée par la chambre syndicale de la facture instrumentale.

Dfailleurs, la Musique des Gardiens de la Paix a fait don de ses instruments réformés à l'association Drapos. Ils seront remis en état par la chambre syndicale et notre convention précise que ces instruments seront destinés à des zones dféducation prioritaire. Il serait souhaitable que lfopération puisse sfétendre à tous les orchestres qui possèdent des instruments qui dormentc

La Musique des Gardiens de la Paix poursuit ses interventions en milieu scolaire ?

Nous intervenons dans les écoles de la ville de Paris en petites formations. Nous développons le parallèle entre la notion de respect de lfoeuvre écrite par un compositeur interprétée par un ou plusieurs musiciens, ce qui implique la mise en oeuvre dfun certain nombres de règles à lfimage de ce que tout être humain se doit dfappliquer vis à vis dfautrui, et dans la société en général. Nous rencontrons environ 3000 enfants par an avec 40 animations annuelles. Nous organisons aussi des concerts citoyens en grande formation à l'intention des enfants des écoles dfun arrondissement ou dfune circonscription.

Vos activités sont très ouvertes...

Ceest une nécessité absolue. Je crois aux partenariats. Suite à ma rencontre avec le directeur du CNSM de Paris, lfOrchestre des Gardiens de la Paix sera à la disposition, pour deux répétitions fin février, des élèves des classes dforchestration afin qufils sfinitient à l'orchestre dfharmonie (à la française). Le 17 juin, nous accompagnerons les candidats au récital de Prix de la classe de saxophone de Claude Delangle au CNSM de Paris pour la pièce composée par Michaël Lévinas pour saxophone et petit ensemble à vent (une vingtaine dfinstruments). Nous avons aussi un partenariat avec lfAriam Ile de France avec qui nous proposons d'accueillir les chefs amateurs pendant nos répétitions et débattre autour du répertoire... Un étudiant de la classe de direction dforchestre de Jan Cober au conservatoire de Maastricht viendra diriger, à lfoccasion de son master de direction, lforchestre des Gardiens de la Paix au CNSM de Paris le 30 septembre prochain. Il faut ouvrir nos portes...

Nous organisons les 23, 24, 25 mars conjointement avec le CNR de Paris, 14 rue de Madrid, les rencontres internationales dforchestres dfharmonie avec lforchestre du CNR dirigé par François Carry ; le 23 mars à 19h, celui des jeunes de Westphalie du Nord dirigé par Pierre Kuijpers ancien chef de la KMK des Pays-Bas le 24 mars à 19h et enfin la Musique des Gardiens de la Paix le 25 mars à 17h où nous interpréterons le concerto pour piano de Stravinky avec une soliste vietnamienne, Images du temps pour harpe principale et orchestre à vents de Ton That Tiêt (œuvre que jfavais commandée pour lforchestre dfharmonie de la région centre en 2002), Sarabande de Dutilleux et la fameuse Suite transocéane de Jolivet.

Vous restez proche du monde amateur notamment avec lforchestre dfharmonie du Centre que vous dirigez...

Je dirige cet orchestre depuis 1992. Mais je le connaissais bien avant puisque jfy suis entré comme flûtiste en 1985, puis jfai été son président de 1989 à 1994... Lforchestre a plus de vingt ans. Depuis sa création plus de 600 musiciens de la région se sont succédé. Cfest aussi un remarquable vivier où se côtoient des amateurs de très haut niveau, des enseignants des écoles de musiques de la région, des jeunes des conservatoires et des musiciens professionnels.

Comment se déroule une session ?

Lforchestre se retrouve 1 à 2 fois par an. La prochaine session de novembre 2006 comprendra une création pour orchestre dfharmonie composée par Alain Louvier, ancien directeur du CNSM de Paris, dans une nomenclature où la famille des saxhorns nfest pas passée sous silencec, le Concerto pour trompette de David Gillingham  avec Clément Saunier en soliste, Feux dfartifice de Maurice Schoemacker et le Divertimento de Léonard Bernstein. Suivront 6 concerts en région Centre et un concert de gala en Belgique à Harelbeke dans le cadre dfun concours international de composition. Par ailleurs lfannée dernière, nous avons réalisé lfenregistrement de notre premier disque où figurent la pièce de Joseph Horovitz Bacchus on blue ridge, le concerto pour tuba « Sacrée journée » que nous avons commandé à Marc Lys avec François Thuillier en soliste, une autre pièce pour tuba et petit ensemble de Jean-Jacques Charles et lfOuverture cubaine de George Gershwin. Nous avons en préparation un disque dans le cadre du 50e anniversaire de la mort de Florent Schmitt (2008) que nous enregistrons actuellement sur plusieurs périodes. Lforchestre dfharmonie de la région Centre regroupe des musiciens passionnés et cfest une belle expérience humaine et musicale.

Lforchestre sfest présenté à divers concours avec des résultats très encourageants. En 2000, nous nous sommes présentés au concours international de Strasbourg et sommes arrivés 1er de la catégorie B ; en 2004 au même concours, nous avons obtenu la 1ère place de la catégorie A. En 2005, invité au concours de Kerkrade, nous sommes arrivés second dans la division de concert et jfen suis très heureux car il faut montrer à lfétranger qufen France nos orchestres dfharmonie amateurs sont de qualité.

propos recueillis par Christine Bergna



Quelques repères biographiques

Né en 1967, Philippe Ferro obtient les plus hautes récompenses au Conservatoire national nupérieur de Musique et de Danse de Paris dans les classes de flûte, musique de chambre, pédagogie et direction dforchestre.

Très attaché au répertoire pour instrument à vents, il occupe depuis 1992 le poste de Directeur musical de lfOrchestre dfHarmonie de la Région Centre. Il est également invité à diriger différentes formations symphoniques (Orchestre Colonne, Orchestre et Chœur des Universités de Parisc) et encadre de nombreux stages de formation à la direction dforchestre.

Flûtiste solo de lfOrchestre Poitou-Charentes de 1992 à 2000, il fut également membre du quatuor Arcadie composé de Pierre-Yves Artaud, Arlette et Pierre-Alain Biget.

Ses différentes activités le conduisent à se produire dans la plupart des pays dfEurope, Japon, Etats-Unis et Vietnam, pays pour lequel il a assuré une mission pédagogique auprès des étudiants du conservatoire de Hanoï en 1997 et 1998 (flûte, musique de chambre et orchestre).

Titulaire de trois certificats dfaptitude aux fonctions de professeur (flûte, chargé de direction et ensembles instrumentaux), il a enseigné la musique de chambre et dirigé les classes d'orchestre au Conservatoire National de la Région de Tours de 1997 à 2000.

En décembre 2000, Philippe Ferro est nommé Chef de la Musique des Gardiens de la Paix de Paris et entreprend notamment avec cette formation une large politique discographique avec la parution de sept enregistrements en faveur de compositeurs français (Berlioz, Boutry, Dutilleux, Jolivet, Nicolas, Tailleferrec).

Il est, en outre, régulièrement invité à encadrer des stages de formation destinés aux enseignants.


Contacts utiles 

Musique des Gardiens de la Paix,
79 avenue Philippe Auguste

75011 Paris,
01 55 25 27 27 ; courriel : musique.gpx@wanadoo.fr ;
site internet :
www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/connaitre/Musique/Musique.htm


Orchestre dfHarmonie de la Région Centre, 27 rue de Bourgogne
45000 Orléans
courriel : contact@harmonieregioncentre.com
site internet :
www.harmonieregioncentre.com



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