cmf journal
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LE MONDE DES ANCHES
Conseils techniques
Les anches, Quésako ? (nº 527)
Le bec, élément du son (nº 528)
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Les anches, Quésako ?
Rencontre avec un fabricant en trois
temps : les anches, les becs, et
le mariage bec-anche-ligature.
Premier volet
Entretien Guy Dangain : Lfanche est-elle
fondamentale dans la conception du son ?
Jean-Paul Gauvin : Bien sûr, lfanche sert à efaçonnerf
le son, mais cela fait partie dfune philosophie de la vie : la préparation
de lfanche, la manière de souffler, dfaborder la musique, cfest
un grand débat qui renvoie au plus profond de la personnalité
de chacun. Le choix de lanche est là pour assurer un confort au
musicien, et pour lui donner confiance. Car lfanche est bien plus qufun
morceau de bois, cfest lfâme du souffleur.
G. D. : Faut-il avoir une ou des anches
de référence ?
J.-P. G. : Tout musicien passionné et
sérieux nfa pas une anche de référence, il a des anches qui lui permettent de
trouver un eidéalf. De plus, la rotation des anches est importante : plus
on sfhabitue à jouer des anches de force un peu différente, plus ces anches
finissent pas se stabiliser (et vous stabiliser !). Il ne sfagit pas de
copier son voisin, parce qufil consomme deux anches par mois ou au contraire
deux boites. Lfessentiel est que chaque musicien trouve son compte ; ce
qui veut dire que chaque anche peut trouver un acquéreur.
G. D. : Quelle est la position idéale de
lfanche sur le bec ?
J.-P. G. : La morphologie de chacun, son
embouchure, ne sont pas toujours en adéquation immédiate avec lfanche ;
dfautre part, il y a aujourdfhui une grande diversité de becs (exemple :
facette large ou fine au bout du bec). Ce qui nous amène à penser que la
position de lfanche peut varier.
Quelques petits conseils...
- Une anche un peu facile peut trouver sa
place en la faisant dépasser très légèrement du bec (on retrouvera une rondeur
de son tout en conservant sa souplesse)
- Le déplacement latéral de lfanche (gauche ou
droite) peut amener à lui trouver le parfait équilibre.
Quelques précisions...
Outre la qualité du roseau, les principaux
facteurs qui agissent sur le résultat dfune anche sont :
- matériels : son association avec les
autres éléments (par exemple un 5RVLyre avec une anche n3 convient à beaucoup
de musiciens) ;
- physiques : lfembouchure (lèvres, mâchoire, cavité
buccalec) et la colonne dfair ;
- physiologiques : lfacidité de la salive
par exemple ;
- climatiques et acoustiques : le temps,
le milieu sonore dans le- quel on joue ; vous jouez ? le bois aussic
Face à ces paramètres changeants, le
maître-mot est donc une eadaptationf de tous les instants. Il est très utile de
limiter la subjectivité autant que possible :
- en connaissant les réactions de son matériel
dans différentes situations ;
- en demandant lfavis de musiciens qui
connaissent votre style de jeu ou en sfenregistrant soi-même.
La réussite est au bout : arriver à eoptimiserf ses
anches, cfest obtenir le meilleur delles-mêmes au moment souhaité.
De grands maîtres du XXe siècle, professeurs
au Conservatoire de Paris, comme M. Mule (saxophone) ou U. Delécluse
(clarinette), conseillaient par exemple une erotationf des anches. Eviter de
jouer trop longtemps une anche neuve, jouer une anche un peu plus forte que sa
force eévidentef, travailler cette anche pour la rôder peuvent être des
conseils de bon sens pour acquérir cette souplesse dfembouchure qui permet de
faire face à des situations variées.
Jean-Marie Paul
(Etablissement Vandoren)
Petite bibliographie
Lefebvre, Pierre et Goffin, René : De la
technique du son dans les instruments à anche battante simple. Ed. Leduc, 1972.
Dangain, Guy : A propos de la clarinette.
Billaudot, 1978.
Ferron, Ernest : Clarinette mon amie, et, Ma
voix est un saxophone. Ed. IMD, 1994 et 1996.
Fessard, Jean-Marc : Lfévolution de la
clarinette. Delatour, 2006.
Ces ouvrages sont en vente dans les librairies
musicales, ainsi qufà lfEspace Partitions Vandoren, 56 rue Lepic, 75018 Paris
(01 53 41 83 03), où vous pourrez également trouver les eVandoren magazinef
traitant de ces sujets (les magazines sont également téléchargeables sur
Internet : http://www.vandoren.fr
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Le bec, élément du son
Deuxieme volet
Un bon bec optimise le confort de lfinstrumentiste ; la souplesse
de jeu et la facilité dfémission sont les ingrédients
que chacun souhaite.
Guy Dangain : Pourquoi y a-t-il autant de modèles de becs ?
Jean-Paul Gauvin : concernant la clarinette par exemple, le choix
reste assez simple. Les modèles recommandés par une majorité de professeurs
restent globalement les mêmes (exemple : 5RVLyre, B45, B40c). De ces
incontournables viennent sfy ajouter des becs qui ont su éveiller lfintérêt
comme le M30 ou le B40 Lyre. Pour le saxophone, lfAL3 est certainement devenu une référence.
G. D. : Quelle est la spécificité de ces becs ?
J.-P. G : Les différences dfun modèle à lfautre reposent notamment sur deux paramètres importants : lfouverture du bec, la courbe de sa table, qui déterminent la précision et la facilité de lfémission, en fonction de la résistance de lfanche bien entendu.
Il nfy a pas de règle qui dise qufun bec ouvert aura nécessairement
plus de son ou réciproquement. La seule règle repose avant tout sur la
morphologie de lfinstrumentiste, liée à lfanche qui a été utilisée. Dans tous
les cas, nous parlerons non pas dfacoustique, mais dfun phénomène mécanique qui
consiste à optimiser la mise en vibration de lfanche.
Ce principe sfapplique également aux saxophones, mais nous rajouterons
le paramètre de la structure interne du bec, la chambre, qui contribue à la
résonance de lfinstrument (bec classique, comme lfAL3, bec de jazz ou de
musique dfensemble comme les becs de la série V16).
G. D. : Dans ce cas,
quels becs recommander à un élève ?
J.-P. G : Il faut un compromis entre la force dfanche et le modèle
de bec. En général, une anche de force moyenne (n3) et un bec plutôt fermé. Le
choix pourrait être plus complexe par rapport au nombre de références sur le
marché, mais la recommandation des professeurs se concentre sur quelques
modèles.
G. D. : Quand faut-il
changer de bec ?
J.-P. G : Cfest une question que beaucoup se posent. Le bec en ébonite reste suffisamment stable pour prétendre durer quelques années. Le nombre dfheures passées sur son instrument, le soin apporté à son entretien restent deux éléments majeurs. Il est très important dfêtre soigneux et dfun esprit curieuxc De temps en temps : de comparer son bec à un bec neuf pour en apprécier lfusure éventuelle. Là aussi, lfœil et lforeille experte du professeur seront précieux.
G. D. : Justement, quelles sont vos recommandations sur lfentretien de son bec ?
J.-P. G : Lfébonite utilisée (caoutchouc vulcanisé) nfest
pas inusable, il faut lfessuyer avec un écouvillon adapté
; certains le lavent à lfeau et le nettoient avec une brosse à
dents, ce qui est somme toutes respectablec Les sources de chaleur et
de lumière peuvent parfois altérer la couleur de lfébonite,
cette forme dfoxydation de la matière nfest pas forcément
significative dusure prématurée du bec. En revanche les frottements
de lfanche sur la table du bec ou bien le fait de le poser à plat peuvent
lfaltérer.
G. D. : Comment
savoir si son bec est en mauvais état ?
J.-P. G : Tout simplement en le comparant avec une même anche à un
bec neuf du même modèle. Lfusure se traduit parfois par trop de facilité et le
bec devient donc moins contrôlable. Le bec fait partie de soi, cfest lfélément
moteur du son qui reste très personnel, à partir de là chacun de nous a ses
propres sensationsc
Jean-Paul Gauvin est conseiller artistique aux Ets Vandoren, 56 rue Lepic, 75018 Paris, tél.: 01 53 41 83 03 ;http://www.vandoren.fr
A suivre...
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