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Analyses d'oeuvres

Cévennes de Thierry Muller
The old legend de Jean-Philippe Vanbeselaere
Suite pittoresque de Désiré Dondeyne




Cévennes de Thierry Muller


Œuvre pour orchestre dfharmonie, imposée en division Excellence

Analyse de Thierry Muller


Cette pièce est une commande de lforchestre dfharmonie dfEvreux et de son directeur musical, Thierry Patel.

Le cahier des charges était relativement simple : nomenclature de lforchestre, durée (minimum 12 minutes), degré de difficulté : propre à générer un défi pour cet orchestre dfun niveau tout à fait correct et cohérent dans lfensemble de ses pupitres.

Le titre est lié à la région qui a vu lfécriture de la première partie (vacances dfété 2005 prés du lac du Salagou).
Cette première partie allegro impetuoso mérite dfêtre exécuté de façon violente et emportée, je sais que le tempo indiqué peut être difficile à atteindre mais, dans la limite du raisonnable cfest lfesprit qui prévaut sur la lettre.

Cette première partie, à lfinstar de lfensemble de la pièce, se plait à opposer deux éléments musicaux opposés : les mouvements conjoints rapides et liés des mesures 1 à 25 entrecoupés et suivis de la figure rythmique et brisée : variée de multiples façons.

On notera tout au long de cette partie lfimportance de la partie de harpe qufon pourra disposer en devant dforchestre et que lfon aura intérêt à soutenir avec une légère amplification.

À partir de 48 sur un ostinato de bassons, clarinettes et percussions sfengage une variation-extension de la cellule brisée.

Cette séquence est à jouer avec la plus grande sécheresse. Les glissades orchestrales reprennent le dessus et se concluent mesure 76.

À noter les tenues de basson et de cor à intervalle de seconde mineure dont il sfagit de souligner elfaciditéf.

Le thème choral (mesure 82 bois aigu) devra être exposé molto legato et il faudra veiller à lféquilibre de ses différentes composantes harmoniques.

Attention à la enégociation du viragef de la mesure 117, celle-ci étant délicate (il sfagit dfun rappel tronqué des glissades initiales).

Dernier élément de cette partie, le trio basson 1 et 2 et cor anglais mêlé au thème rythmique du début (bassons + trompette, cor et trombone 1), permet lfatterrissage en douceur de lforchestre sur la deuxième partie de la pièce.

Malinconico (mélancolique) déroule une figure dfaccompagnement successivement aux cors, aux clarinettes et à la harpe qui devra être interprétée avec la plus grande douceur sans pour autant ralentir, le tempo indiqué est primordial et conditionnera le passage central de cette partie.

Le thème est dfabord délivré aux hautbois et contrepointé par des chants dfoiseaux aux flûtes puis sfégaye dans les pupitres de bois soutenu par une harmonie brisée en arpèges aux clarinettes.

Mesure 189, changement brutal, sur une équivalence à respecter impérativement, une fanfare archaïque est déclamée aux cuivres et aux bois graves et sfoppose à une ritournelle des petits bois (à exécuter emolto staccatof), tout ceci sfentremêle jusqufà disparaître, telle une fugitive vision, pour redonner la place au thème mélancolique des hautbois soutenu cette fois par dfamples mouvements chromatiques aux flûtes.

Mesure 278, dernière partie de la pièce.

Après une violente introduction alternant de secs éclats aux flûtes, trompettes, trombone et percussions et des mélismes rapides et en mouvements contraires aux bois et cuivres graves, la ronde infernale démarre.

Elle sfétendra jusqufà la mesure 423 et il sera nécessaire à lforchestre de mesurer ses forces afin que le maximum de puissance soit atteint de la mesure 421 à la mesure 424 incluse.

À noter dans toute cette partie lfimportance du thème des eclochesf aux cors et au carillon tubulaire (celui-ci doit être joué avec le maximum de force).

Une sorte de ecodaf finale redit tout dfabord le thème mélancolique aux clarinettes et bassons modifié harmoniquement sur fond de trilles graves des flûtes jusqufà ce que le thème des cloches éclate enfin à tout lforchestre, ralenti et ponctué par les percussions et les glissandi de harpe (mesures 444 à 459).

Mesure 460, une sèche fanfare des cuivres coupe le discours et lforchestre conclu la pièce tutti fortissimo dans un climat solaire.







The Old Legend de Jean-Philippe Vanbeselaere


Œuvre pour orchestre dfharmonie, imposée en deuxième division

Analyse de Michel Nierenberger

La pièce débute par un solo erecitativof chanté par le saxophone alto (mode éolien de do) offrant dfemblée un caractère archaïque à cette pièce narrative. Véritable épine dorsale de ce econtef musical, la flûte reprend le même thème en écho, sur un canevas harmonique de bois.
Ce thème est dfailleurs bâti sur une rythmique simple et expressive, en servant une démarche formelle claire.

Mesures 11 à 20 : le thème laisse place à une transition paisible grâce à un crescendo orchestral qui sforganise par les entrées des divers instruments dans la couleur orchestrale.

Mesures 21 à 28 : le 2e thème joué par la flûte et le hautbois (dont la tête reprend en augmentation le 1er thème offert initialement par le saxophone alto) se dévoile, soutenu par une secrète puissance de suggestion rythmique (demi-soupir 3 croches) qui mène à la réexposition du 1er thème (tutti flûte, hautbois, clarinettes et cornets) qui sfépanche avec majesté et magnitude, pour sfapaiser rapidement, decrescendo, sur un retard aux mesures 34 et 35.

Un ostinato rythmique en 12/8 de caisse claire, épaulé dfun balancement V-I des timbales, confère à ce passage un caractère dansant digne dfune gigue irlandaise.

Lfesprit festif inonde de joie ces mesures : un chœur jonché de claquements atteste ces instants mirifiques de bonheur fusionnel très intense, grâce au procédé de modulation au ton supérieur (ré modal). En effet, dès la mesure 43, le thème eternairiséf de la flûte et de la trompette solo se déroule dans lfallégresse jusqufà la mesure 51 où se reproduit lfélan irrésistible de ces mesures aux percussions. La fête se déverse impétueusement dans tout lforchestre (thème aux hautbois, clarinettes et trompettes). La contagion inonde le tutti à la mesure 59 où apparaissent les 3 croches. A la mesure 63 , ces 3 croches, à la manière dfune klangfarbenmelodie, pétillent et virevoltent dfun instrument à lfautre. Le 1er thème sfannonce de nouveau dès la levée de la mesure 68 pour stopper net sur un 7/4 à la mesure 74.

Après un riff roulé des timbales, les trombones, puis les bois, et enfin les cuivres se rajoutent avec dynamisme, préparant lfarrivée du 3e thème. Les timbales se déchainent à la mesure 88 : les forces maléfiques semblent lfemporter grâce à une caisse claire écrite à 3 temps.

Mesures 93 à 96 : des ré fortement clamés tous les 3 temps (mais en décalage avec la rythmique de caisse claire) assènent avec violence une tonique virulente. Le combat se perpétue à la mesure 97 (reprenant les mesures 82 à 87) lorsque tout se décante brusquement, se détend dans un climat epastoralf chanté par la flûte, repris par le hautbois et les clarinettes à la mesure 107 (où apparaît enfin le do dièse dans lfaccompagnement).

Un silence rompt lfexpressionc, le solo de trombone psalmodie le 3e thème qui se liquéfie dans un subliminal decrescendo ; alors, à la manière des baroques ou des classiques, le 1er thème surgit tutti et à lfunisson, dans toute sa plénitude salvatrice comme au début de la pièce orchestrale.

Tout se précipite sur le 3e thème triomphal mesure 120 pour sfachever fortissimo.

Jean-Philippe Vanbeselaere signe une merveilleuse page musicale de ecolorationsf. Ne nous fions pas à lfapparence qui donne la fausse illusion dfune facilité ostentatoire sur le plan technique. Lfinterprétation devra parfaitement faire ressortir les silences expressifs, les fluctuations du tempo, les rubatos de certains solosc Le chef dforchestre devra impérativement gérer et veiller à la justesse, à lfexpression de lfamplification des deux thèmes principaux, à la polymétrie sous-jacentec

La mélodie, simple, ferme, flexible, devra incarner lfesprit de la musique populaire avec beaucoup de noblesse et de raffinement, sans oublier que, comme chez Schumann, lfaccompagnement secrète toujours une puissance de suggestion.
Animé de couleurs, de rythmes incantatoires, dfune forme rhapsodique évidente où se succèdent interrogations et oppositions, lfauteur ne cède pas à la virtuosité gratuite. Au contraire, avec des moyens épurés et persuasifs, la simplicité prévaut tant dans lfexpression des mélodies que dans les rythmes fermement articulés.

Lfinstrumentation et lfécriture restent limpides, avec une propension pour lfusage du eblocf instrumental nimbé dans un halo modal (décor).

Ce voyage musical démontre encore une fois la quintessence dfun compositeur en pleine possession de son art, dfune affection concentrée et dfune justesse intérieure dfun orchestre qufil aime particulièrement, et qui feront de cette légende une page exemplaire dfun savoir-faire qui ravira instrumentistes, chefs dforchestres, jurys et publics



Suite pittoresque de Désiré Dondeyne

Cette œuvre est imposée pour orchestre d'harmonie en division supérieure.

Analyse faite par le compositeur

Quatre numéros
Durée totale approximative : 13 à 14 minutes

N‹I. - Ouverture : Allegro moderato (noire = de 80 à 86)


Après une introduction très courte, le 1er thème dfun caractère rythmique bien accentué se présente avec un accompagnement dfune percussion à caractère de danse.
1ère section (Do Majeur) jusqufà la mesure 18.

2e section (mesure 19) (La mineur) jusqufà la mesure 30. Le retour à Do Majeur ( avec les mêmes rythmes) et conclusion du 1er thème (mesure 46).

Pont modulant (très court) vers une nouvelle tonalité, réb Majeur pour le 2e thème. Celui-ci se déroule en 2 séquences distinctes (lfune en doubles croches, lfautre en triolets). Ce 2e thème est brusquement interrompu par 2 mesures à 3 temps modulantes ramenant le 1er thème en Do Majeur, brièvement achevé.

Une sorte de « trio » en mib-Lab (3e thème, selon appréciation) reprend partiellement des éléments des thèmes précédents (sorte de développement central) et enfin la réexposition du 1er thème en Fa Majeur (ton plagal) puis en Do Majeur (mesures 104-112) suivi de la conclusion sur une séquence en triolets découlant du 2e thème.

Durée approximative : 3f15ff à 3f30ff.

N‹II. - Nocturne : Adagio (noire = 52)

1er thème (en mib Majeur) proposé aux clarinettes soli, accompagné dfune forme mélodique expressive contrapuntique (clar. bas.-euphonium).

Retour de ce 1er thème (mesure 11) aux flûtes (en sib Majeur) dont la forme expressive dfaccompagnement est plus développée.

Mesure 19 : Piu animato, les cors et les trompettes précédent les anches (tutti), montant en crescendo modulant sur un pont nouveau (2e thème non évident) et ramènent le 1er thème, au ton initial (mib Majeur), (mesure 30), (flûtes et clarinettes), toujours accompagné dfune ligne contrapuntique expressive et linéaire (sax. alto-trompette solo).

La conclusion (mesure 38), Piu lento, rappelle les différents caractères du thème principal en sféliminant peu à peu...

Durée approximative : 3f.

N‹III. - Scherzo : Vivace en 1 temps (blanche pointée = 102 -104)

Dfabord une introduction sur la dominante dfUt Majeur et thème principal en ut (mesure 17) (léger, spiccato, sans lourdeur).

Le thème alterne entre les cuivres et les anches puis en tutti en passant par différentes modulations (la reprise est obligée).

Mesure 41, un chant expressif sfajoute au thème principal.

Nouveau thème en réb Majeur amené par un pont modulant (mesure 81). Ce nouveau thème peut être considéré comme le trio du scherzo, plus détendu, - expressif et soutenu - (sa reprise est également obligée) avec une série de croches aux flûtes et clar. soli, la deuxième fois.

On accélère la fin du trio afin de ramener le tempo premier du Scherzo, 1er thème, sans reprise cette fois, suivi de la coda terminale.

Durée approximative : 2f30ff.

N‹IV. - Parade en fa Majeur (noire = 108 - 110)

Longue introduction sur la tonique suivie de la dominante et le 1er thème se présente mesure 17 (le tout rythmé et sonore).

2 séquences : la 2e séquence servant de pont pour la conclusion du 1er thème qui enchaîne une 2e partie servant de développement thématique. Ce développement nous conduit vers un 2e thème en ré Majeur (7:8).

Un 2e développement (mesure 94) en sib Majeur (1er thème) retour du 2e thème en ré Majeur qui se termine par le rappel de lfintroduction et la réexposition du 1er thème (par un renvoi X) vers une coda ou se manifeste un rappel du 2e thème (mesure 155) dans un tutti général et une série cadencielle de la fin.

Durée approximative : 3f30ff à 4f.


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