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Cévennes de Thierry Muller
Œuvre pour orchestre dfharmonie, imposée en division Excellence
Analyse de Thierry Muller
Cette pièce est une commande de lforchestre dfharmonie dfEvreux et de
son directeur musical, Thierry Patel.
Le cahier des charges était relativement simple : nomenclature de
lforchestre, durée (minimum 12 minutes), degré de difficulté : propre à
générer un défi pour cet orchestre dfun niveau tout à fait correct et cohérent
dans lfensemble de ses pupitres.
Le titre est lié à la région qui a vu lfécriture de la première partie
(vacances dfété 2005 prés du lac du Salagou).
Cette première partie allegro impetuoso mérite dfêtre exécuté de façon
violente et emportée, je sais que le tempo indiqué peut être difficile à
atteindre mais, dans la limite du raisonnable cfest lfesprit qui prévaut sur la
lettre.
Cette première partie, à lfinstar de lfensemble de la pièce, se plait à
opposer deux éléments musicaux opposés : les mouvements conjoints rapides
et liés des mesures 1 à 25 entrecoupés et suivis de la figure rythmique et
brisée : variée de multiples façons.
On notera tout au long de cette partie lfimportance de la partie de
harpe qufon pourra disposer en devant dforchestre et que lfon aura intérêt à
soutenir avec une légère amplification.
À partir de 48 sur un ostinato de bassons, clarinettes et percussions
sfengage une variation-extension de la cellule brisée.
Cette séquence est à jouer avec la plus grande sécheresse. Les
glissades orchestrales reprennent le dessus et se concluent mesure 76.
À noter les tenues de basson et de cor à intervalle de seconde mineure
dont il sfagit de souligner elfaciditéf.
Le thème choral (mesure 82 bois aigu) devra être exposé molto legato et
il faudra veiller à lféquilibre de ses différentes composantes harmoniques.
Attention à la enégociation du viragef de la mesure 117, celle-ci étant
délicate (il sfagit dfun rappel tronqué des glissades initiales).
Dernier élément de cette partie, le trio basson 1 et 2 et cor anglais
mêlé au thème rythmique du début (bassons + trompette, cor et trombone 1),
permet lfatterrissage en douceur de lforchestre sur la deuxième partie de la
pièce.
Malinconico (mélancolique) déroule une figure dfaccompagnement
successivement aux cors, aux clarinettes et à la harpe qui devra être
interprétée avec la plus grande douceur sans pour autant ralentir, le tempo
indiqué est primordial et conditionnera le passage central de cette partie.
Le thème est dfabord délivré aux hautbois et contrepointé par des
chants dfoiseaux aux flûtes puis sfégaye dans les pupitres de bois soutenu par
une harmonie brisée en arpèges aux clarinettes.
Mesure 189, changement brutal, sur une équivalence à respecter impérativement, une fanfare
archaïque est déclamée aux cuivres et aux bois graves et sfoppose à une
ritournelle des petits bois (à exécuter emolto staccatof), tout ceci
sfentremêle jusqufà disparaître, telle une fugitive vision, pour redonner la
place au thème mélancolique des hautbois soutenu cette fois par dfamples
mouvements chromatiques aux flûtes.
Mesure 278, dernière partie de la pièce.
Après une violente introduction alternant de secs éclats aux flûtes,
trompettes, trombone et percussions et des mélismes rapides et en mouvements
contraires aux bois et cuivres graves, la ronde infernale démarre.
Elle sfétendra jusqufà la mesure 423 et il sera nécessaire à
lforchestre de mesurer ses forces afin que le maximum de puissance soit atteint
de la mesure 421 à la mesure 424 incluse.
À noter dans toute cette partie lfimportance du thème des eclochesf aux
cors et au carillon tubulaire (celui-ci doit être joué avec le maximum de
force).
Une sorte de ecodaf finale redit tout dfabord le thème mélancolique aux
clarinettes et bassons modifié harmoniquement sur fond de trilles graves des
flûtes jusqufà ce que le thème des cloches éclate enfin à tout lforchestre,
ralenti et ponctué par les percussions et les glissandi de harpe (mesures 444 à
459).
Mesure 460, une sèche fanfare des cuivres coupe le discours et
lforchestre conclu la pièce tutti fortissimo dans un climat solaire.
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The Old Legend de Jean-Philippe Vanbeselaere
Œuvre pour orchestre dfharmonie, imposée en deuxième division
Analyse de Michel Nierenberger
La pièce débute par un solo erecitativof chanté par le saxophone alto
(mode éolien de do) offrant dfemblée un caractère archaïque à cette pièce
narrative. Véritable épine dorsale de ce econtef musical, la flûte reprend le
même thème en écho, sur un canevas harmonique de bois.
Ce thème est dfailleurs bâti sur une rythmique simple et expressive, en
servant une démarche formelle claire.
Mesures 11 à 20 : le thème laisse place à une transition
paisible grâce à un crescendo orchestral qui sforganise par les entrées
des divers instruments dans la couleur orchestrale.
Mesures 21 à 28 : le 2e thème joué par la flûte et le hautbois
(dont la tête reprend en augmentation le 1er thème offert initialement par le
saxophone alto) se dévoile, soutenu par une secrète puissance de suggestion
rythmique (demi-soupir 3 croches) qui mène à la réexposition du 1er thème
(tutti flûte, hautbois, clarinettes et cornets) qui sfépanche avec majesté et
magnitude, pour sfapaiser rapidement, decrescendo, sur un retard aux mesures 34
et 35.
Un ostinato rythmique en 12/8 de caisse claire, épaulé dfun balancement
V-I des timbales, confère à ce passage un caractère dansant digne dfune gigue
irlandaise.
Lfesprit festif inonde de joie ces mesures : un chœur jonché de
claquements atteste ces instants mirifiques de bonheur fusionnel très intense,
grâce au procédé de modulation au ton supérieur (ré modal). En effet, dès la
mesure 43, le thème eternairiséf de la flûte et de la trompette solo se déroule
dans lfallégresse jusqufà la mesure 51 où se reproduit lfélan irrésistible de
ces mesures aux percussions. La fête se déverse impétueusement dans tout
lforchestre (thème aux hautbois, clarinettes et trompettes). La contagion
inonde le tutti à la mesure 59 où apparaissent les 3 croches. A la mesure 63 ,
ces 3 croches, à la manière dfune klangfarbenmelodie, pétillent et virevoltent
dfun instrument à lfautre. Le 1er thème sfannonce de nouveau dès la levée de la
mesure 68 pour stopper net sur un 7/4 à la mesure 74.
Après un riff roulé des timbales, les trombones, puis les bois, et
enfin les cuivres se rajoutent avec dynamisme, préparant lfarrivée du 3e thème.
Les timbales se déchainent à la mesure 88 : les forces maléfiques semblent
lfemporter grâce à une caisse claire écrite à 3 temps.
Mesures 93 à 96 : des ré fortement clamés tous les 3 temps (mais
en décalage avec la rythmique de caisse claire) assènent avec violence une tonique
virulente. Le combat se perpétue à la mesure 97 (reprenant les mesures 82 à 87)
lorsque tout se décante brusquement, se détend dans un climat epastoralf chanté
par la flûte, repris par le hautbois et les clarinettes à la mesure 107 (où
apparaît enfin le do dièse dans lfaccompagnement).
Un silence rompt lfexpressionc, le solo de trombone psalmodie le 3e
thème qui se liquéfie dans un subliminal decrescendo ; alors, à la manière des
baroques ou des classiques, le 1er thème surgit tutti et à lfunisson, dans
toute sa plénitude salvatrice comme au début de la pièce orchestrale.
Tout se précipite sur le
3e thème triomphal mesure 120 pour
sfachever fortissimo.
Jean-Philippe Vanbeselaere signe une merveilleuse page musicale de ecolorationsf. Ne nous fions pas à lfapparence qui donne la fausse illusion dfune facilité ostentatoire sur le plan technique. Lfinterprétation devra parfaitement faire ressortir les silences expressifs, les fluctuations du tempo, les rubatos de certains solosc Le chef dforchestre devra impérativement gérer et veiller à la justesse, à lfexpression de lfamplification des deux thèmes principaux, à la polymétrie sous-jacentec
La mélodie, simple, ferme, flexible, devra incarner lfesprit de la
musique populaire avec beaucoup de noblesse et de raffinement, sans oublier
que, comme chez Schumann, lfaccompagnement secrète toujours une puissance de
suggestion.
Animé de couleurs, de rythmes incantatoires, dfune forme rhapsodique
évidente où se succèdent interrogations et oppositions, lfauteur ne cède pas à
la virtuosité gratuite. Au contraire, avec des moyens épurés et persuasifs, la
simplicité prévaut tant dans lfexpression des mélodies que dans les rythmes
fermement articulés.
Lfinstrumentation et lfécriture restent limpides, avec une propension
pour lfusage du eblocf instrumental nimbé dans un halo modal (décor).
Ce voyage musical démontre encore une fois la quintessence dfun
compositeur en pleine possession de son art, dfune affection concentrée et
dfune justesse intérieure dfun orchestre qufil aime particulièrement, et qui
feront de cette légende une page exemplaire dfun savoir-faire qui ravira
instrumentistes, chefs dforchestres, jurys et publics
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Suite pittoresque de Désiré Dondeyne
Cette œuvre est imposée pour orchestre d'harmonie en division
supérieure.
Analyse faite par le compositeur
Quatre numéros
Durée totale approximative : 13 à 14
minutes
N‹I. - Ouverture : Allegro moderato (noire = de 80 à
86)
Après une introduction très courte, le 1er
thème dfun caractère rythmique bien accentué se présente avec un accompagnement
dfune percussion à caractère de danse.
1ère section (Do Majeur) jusqufà la mesure 18.
2e section (mesure 19) (La mineur) jusqufà la
mesure 30. Le retour à Do Majeur ( avec les mêmes rythmes) et conclusion du 1er
thème (mesure 46).
Pont modulant (très court) vers une nouvelle
tonalité, réb Majeur pour le 2e thème. Celui-ci se déroule en 2 séquences
distinctes (lfune en doubles croches, lfautre en triolets). Ce 2e thème est
brusquement interrompu par 2 mesures à 3 temps modulantes ramenant le 1er thème en Do Majeur, brièvement achevé.
Une sorte de « trio » en mib-Lab (3e
thème, selon appréciation) reprend partiellement des éléments des thèmes
précédents (sorte de développement central) et enfin la réexposition du 1er
thème en Fa Majeur (ton plagal) puis en Do Majeur (mesures 104-112) suivi de la
conclusion sur une séquence en triolets découlant du 2e thème.
Durée approximative : 3f15ff à 3f30ff.
N‹II. - Nocturne : Adagio (noire =
52)
1er thème (en mib Majeur) proposé aux
clarinettes soli, accompagné dfune forme mélodique expressive contrapuntique
(clar. bas.-euphonium).
Retour de ce 1er thème (mesure 11) aux flûtes
(en sib Majeur) dont la forme expressive dfaccompagnement est plus développée.
Mesure 19 : Piu animato, les cors et les
trompettes précédent les anches (tutti), montant en crescendo modulant sur un
pont nouveau (2e thème non évident) et ramènent le 1er thème, au ton
initial (mib Majeur), (mesure 30), (flûtes et clarinettes), toujours accompagné
dfune ligne contrapuntique expressive et linéaire (sax. alto-trompette solo).
La conclusion (mesure 38), Piu lento, rappelle
les différents caractères du thème principal en sféliminant peu à peu...
Durée approximative : 3f.
N‹III. - Scherzo : Vivace en 1 temps (blanche
pointée = 102 -104)
Dfabord une introduction sur la dominante dfUt
Majeur et thème principal en ut (mesure 17) (léger, spiccato, sans lourdeur).
Le thème alterne entre les cuivres et les
anches puis en tutti en passant par différentes modulations (la reprise est
obligée).
Mesure 41, un chant expressif sfajoute au
thème principal.
Nouveau thème en réb Majeur amené par un pont
modulant (mesure 81). Ce nouveau thème peut être considéré comme le trio du
scherzo, plus détendu, - expressif et soutenu - (sa reprise est également
obligée) avec une série de croches aux flûtes et clar. soli, la deuxième fois.
On accélère la fin du trio afin de ramener le
tempo premier du Scherzo, 1er thème, sans reprise cette fois, suivi de la coda
terminale.
Durée approximative : 2f30ff.
N‹IV. - Parade en fa Majeur (noire = 108
- 110)
Longue introduction sur la tonique suivie de
la dominante et le 1er thème se présente mesure 17 (le tout rythmé et sonore).
2 séquences : la 2e séquence servant de
pont pour la conclusion du 1er thème qui enchaîne une 2e partie servant de
développement thématique. Ce
développement nous conduit vers un 2e thème en ré Majeur (7:8).
Un 2e développement (mesure 94) en sib Majeur
(1er thème) retour du 2e thème en ré Majeur qui se termine par le rappel de
lfintroduction et la réexposition du 1er thème (par un renvoi X) vers une coda
ou se manifeste un rappel du 2e thème (mesure 155) dans un tutti général et une série cadencielle de la fin.
Durée approximative : 3f30ff à 4f.
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