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J.CMF : Tout au long de lfannée, chaque semaine, lfémission, le Kiosque des
amateurs a donné la parole aux
musiciens amateurs, comment est né le concept ?
François Dru : Je mfoccupais alors dfune
tranche dfarchives de trois heures à la radio et nous voulions rendre hommage à
Guy Dangain, concertiste et clarinette solo de lfOrchestre national de France.
En préparant la programmation, nous avons été embarrassés pour faire un choix
car nous avions trop de gbonnes chosesh à diffuser. Nous avons donc consulté
Guy Dangain, qui a dit : g Si on
doit parler de moi, je souhaite qufon souligne mon engagement auprès des
amateurs h et il mfa demandé de diffuser les Dionysiaques de Florent Schmitt
interprétés par lfOrchestre national dfharmonie des jeunes de la CMF sous la
direction de Claude Kesmaecker.
Après lfémission, nous nous sommes retrouvés
avec les clarinettistes venus témoigner sur la carrière de Guy Dangain et en
parlant, nous sommes tombés dfaccord sur le fait que lfécole française des
vents est extraordinaire, et sur lfimportance dfavoir joué au sein des
orchestres des harmonies et des fanfares... début déterminant pour lfavenir
professionnel de ces musiciens. Force est de constater qufon nfen parle pas et
Guy de dire : g Il faudrait faire quelque chose h.
Jfai gardé en mémoire cette remarque en
pensant qufil fallait que je propose une émission à Thierry Beauvert, directeur
de France Musique et cfest ce que jfai fait.
Puis tout cela sfest enchaîné...
Jfaifficelé un projet et en ai fait part à Guy
Dangain, qui est venu présenter la CMF à France Musique. Jfai ensuite rencontré
à nouveau Thierry Beauvert qui a accepté le concept et quelques jours plus tard
mfannonçait que lfémission serait le samedi à 17 heures sur France Musique à la
suite de celle de Frédéric Lodéon. Honnêtement, je nfy croyais pas... Frédéric
Lodéon est mon père spirituel. Cfest lui qui mfa donné ma chance sur France
Musique. Je sais qufil écoute le Kiosque des amateurs et qufil me soutient dans
ce projet. Il est dfailleurs membre dfhonneur de la CMF
Cfétait un pari pour France Musique...
Oui, même sfil y avait eu dans le passé des
émissions comme Avis aux amateurs, Violon dfIngres, mais à des heures plus difficiles...
réaliser une telle émission nfétait pas aisé. Je me posais aussi la question de savoir comment le monde
amateur pouvait sfintéresser à France Musique. Au final, le Kiosque des
amateurs est une émission qui
fonctionne aussi bien auprès des amateurs
que des personnes qui connaissent peu ou pas ce milieu et cfest sympathique.
Pour vous avoir écouté et partagé votre
enthousiasme sur les ondes, je sens une certaine connivence...
Cfest un milieu que je connais bien, jfai
commencé adolescent à jouer la trompette au sein de La lyre de Bethisy Saint
Pierre petite harmonie dfun village de lfOise. Ensuite jfai poursuivi mes
études de musique et jfai fait mon service militaire à la musique de
Villacoublay dans lfArmée de lfair. Ce milieu ne mfest donc pas inconnu, bien
que les choses aient changé. Les harmonies étaient dirigées par les anciens,
maintenant je vois beaucoup de jeunes à la direction et le répertoire a
beaucoup changé. Dfailleurs jfai été très surpris par les enregistrements que
nous avons reçus par rapport au répertoire que je jouais. Des jeunes
compositeurs ont émergé qui écrivent une musique de qualité tout en restant
accessible et cela a relevé le niveau... il y a aussi tout le travail réalisé
par les écoles, lfencadrement et la direction qui a fait évoluer les choses...
L'émission est basée sur la rencontre de musiciens amateurs
avec des professionnels...
Cela a donné des moments incroyables. George
Prêtre parrain de lfémission qui dit : g Je me souviens quand je jouais à la deuxième trompette de lfharmonie
de Douai h et Maurice André à celle dfAlès.
Et puis, il y a eu, bien sûr, de belles
histoires, comme celle de cette jeune Alsacienne de lfHarmonie de Saint-Louis
qui a embarqué dans un avion pour la première fois avant de découvrir la Maison
de la Radio. Et celles et ceux qui montaient à la capitale pour la première
fois, découvrant à la sortie de la maison ronde, à la nuit tombée, la parure
étincelante de la Tour Eiffel et qui sfétonnaient du fait que sur le pont qui
embrasse la Seine devant la maison ronde, on trouve une autre statue de la
Libertéc Parmi ses personnalités si humaines, quelques visages apparaissent,
celui de Marc Surrel, scieur de bois au pied du Mont Gerbier des Joncs, qui a
appris la trompette seul dans son coin, en écoutant les disques de Maurice
André et qui a pu progresser au contact de lfHarmonie du Monastier sur
Gazeillec Cette émission humainement a été très importante. Elle a été
lfoccasion de rencontres avec la plupart des musiciens qui continuent à me donner
des nouvelles.
Ce type dfémission demande un travail
préparatoire...
Françoise Monteil, mon assistante a beaucoup
œuvré pour constituer les plateaux des invités et trouver des disponibilités le
samedi lfémission étant en direct. Ensuite il fallait faire comprendre notre
cahier des charges : parité entre les hommes et les femmes, entre les
générations, entre les musiciens, cfest-à-dire ne pas recevoir quatre
clarinettistes dans la même émission... Par ailleurs il nous fallait équilibrer
le niveau.
Pour ma part, je pense qufil est important de
pouvoir inviter tout le monde. Cela montre qufil y a une vraie vie et cela peut
susciter des envies auprès des musiciens qui ne vont pas généralement à la
rencontre de ces orchestres. De ce point de vue, nous avons montré lfexemple.
Et vous...
Jfétais en contact principalement avec les
professionnels que je connaissais bien pour la plupart. Je savais qufils
seraient heureux de rencontrer les musiciens amateurs, qufils prendraient la
parole pendant lfémission, véritable lieu dféchange. Dfailleurs certains
musiciens ont été invités par les orchestres dfharmonie. Il y a eu aussi des
rencontres très sympathiques ... un musicien de lfharmonie du Monastier qui
sfest souvenu dfavoir connu tout petit Gilles Mercier, trompettiste au
philharmonique de Radio France et qui a dit en direct : g Jftfai connu tout
pftit, tu montais tes gammes à lfharmonie h.
Et les coulisses de lfémission...
Nous rencontrons les musiciens une heure avant
lfémission. Suit ensuite une heure de direct, sans filet. Généralement tout se
passe vraiment bien avec des émissions plus faciles que dfautres... Pour les
extraits musicaux diffusés, nous essayons dféquilibrer le répertoire en faisant
écouter tous les genres. Généralement cette rencontre se termine à la brasserie
du coin pour un bilan, des échanges dfadresses... Certains venus de très loin
repartent en courant pour reprendre leur train. Mais, il reste toujours un
contact... quelque chose qui sfest tissé autour de cette émission.
Pour la 40e et dernière émission de la saison,
un plateau de musiciens amateurs et un invité prestigieux Maurice André...
La dernière émission a été faite en direct du
studio 104, avec tous les risques que cela comporte. Jfavais invité lfOrchestre
de Bruay - La Buissière du Nord-Pas-de-Calais à jouer avec un challenge
difficile : préparer en un mois des œuvres que les musiciens ne connaissaient
pas (Saxtory de Jérôme Naulais; le Concerto de Thierry Thibaud avec le quatuor
Epsilon; Rossini, avec le soliste Philippe Hanon).
Ce samedi 30 juin, il y a eu deux services de
répétitions, un raccord avec les solistes, et pourtant il nfy a pas eu de
pression pendant le direct même si certains musiciens sfétaient levés très tôt.
Tout sfest passé comme avec des professionnels. Je dirais même plus sagement.
Cfétait vraiment étonnant. Les musiciens étaient très fiers. Ils ont la chance
dfavoir un chef extraordinaire en la personne de Jean Castanet. Souvent jfai
constaté que la qualité dfun orchestre et sa vitalité reposent sur le chef et
ses qualités musicales et humaines qui rassemblent et qui donnent envie aux
gens.
Et puis, Maurice André était venu rendre
hommage aux musiciens amateurs et parler de lfharmonie dfAlès qui lui a tant
donné... une dernière émission de la saison très festive.
Quels sont vos projets pour la rentrée ?
Nous continuons la formule avec un budget
supplémentaire qui permettra de réaliser une émission une fois par mois à
lfextérieur. Ce sera lfoccasion de faire de la musique vivante et je serai
accompagné dans ce voyage par un soliste... Nous inviterons aussi les compositeurs...
Pour cette deuxième saison, nous aurons un
partenariat avec la maison Selmer qui prendra en charge financièrement le
déplacement à Paris des musiciens, car cette année nous nfavions aucun budget
et cela a été un réel problème pour les petites formations. Par ailleurs
lfémission continue dfêtre jumelée à celle de Frédéric Lodéon.
Comment peut-on vous contacter pour passer
dans lfémission ?
Les musiciens doivent nous contacter par
courriel ou par courrier* et nous faire parvenir un enregistrement de leur
formation.
Cfest avec lféquipe technique qufune décision
est prise. À savoir si lfenregistrement est diffusable artistiquement, car nous
avons le souci de ne jamais discréditer un orchestre.
Notre critère de sélection est avant tout basé
sur la qualité technique de lfenregistrement. Parfois nous avons été tristes de
ne pouvoir accepter un orchestre de qualité car le support audio était
impossible à diffuser sur une radio numérique.
Dfailleurs, il nous a été fait la remarque que
peu de petits orchestres avaient été reçus. Cela sfexplique par le manque de
moyens de ces formations qui ne peuvent sfoffrir un bon enregistrement.
En guise de conclusion...
Je remercie la direction de la CMF et les
présidents des régions pour leur soutien et jfespère que le Kiosque des
amateurs puisse servir à vous faire connaître encore plus.
Si je regarde le bilan de cette année, il y a
de quoi être optimiste. Quand je vois la passion, lfentrain déployés par toutes
les personnes qui se sontfdébrouilléesfpour venir parler à lfantenne... quand
jfentends des papis, des jeunes qui jouent ensemble et qui souvent, font la vie
des petites communes, très honnêtement, il y a de quoi être optimiste, même si
localement il y a des difficultés en termes dforganisation. Il y a une réelle
attente des musiciens, et jfespère que cela va se poursuivre pendant longtemps
et qufil y aura encore de belles rencontres.
Je voudrais rappeler aussi la diffusion sur
France Musique du concert de lfONHJ ce 21 juin à 10 heures du matin pour la
Fête de la musique. Je tenais à le souligner, car il y a des années qufun
orchestre dfharmonie nfa pas été diffusé à une telle heure dfécoute.
Propos recueillis par Christine Bergna
*Contacts:
Courrier : Radio France - le Kiosque des Amateurs, François Dru, France Musique,
116 avenue du Président Kennedy, 75220 Paris cedex 16
Courriel : Francois.dru@radiofrance.com
Site : www.france-musique.com
Programme de la rentrée
Le Kiosque des amateurs (tous les samedis de
17h à 18h sur France Musique)
8 septembre - LfOrchestre à vent de Doullens (80), direction Serge
Beaudoin ; Jean-Michel Tavernier, corniste de lfOrchestre de la Garde Républicaine et membre du Quintette
Magnifica.
15 septembre - À lfoccasion de En Fanfare aux
Tuileries ! (Musée du Louvre) ; Philippe Nahon, directeur musical de lfEnsemble
Instrumental Ars Nova.
22 septembre - À lfoccasion des journées Louis
XIV (en direct du Château de Versailles).
29 septembre - Chœur et Orchestre Oya Kephale
(75), direction Laëtitia Trouvé ; Virginie Buscail, violoniste de lfOrchestre
Philharmonique de Radio France.
6 octobre - Orchestre dfHarmonie de la Garde
Républicaine, direction François Boulanger
13 octobre - LfEnsemble Orchestral dfAuch (32), direction Claude Lourties ; André Cazalet, corniste de lfOrchestre de Paris. Professeur au CNSM de Paris.
20 octobre - LfOrchestre de cuivres de Paris,
direction Pierre Gillet ; Yves Rémy, directeur de publication de La Gazette des cuivres.
27 octobre - En direct du CNSMD de Lyon avec lfOrchestre dfHarmonie du Rhône, direction Florent Bonnetain, et
les solistes Juliette Hurel (flûtiste de lfOrchestre Philharmonique de
Rotterdam) et Thierry Caens (trompettiste, professeur au CNSMD de Lyon).
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