Pour sa sixième saison, l'Orchestre national dfharmonie des jeunes
a élu domicile à Vigy (57).
Du 15 au 30 juillet, les jeunes stagiaires ont travaillé le programme des trois concerts qui devaient suivre. Pascale Jeandroz, était pour une deuxième session à la direction , secondée pour le travail des pupitres par Jean Fessard (percussions), Sylvie Hue (bois), André Jung (cuivres).
Les œuvres au programme
Première partie
Martian Tribes - la Tribu des Martiens dfEmmanuel Séjourné
(1961).
Cette œuvre est extraite dfun ensemble de trois pièces. Les
jeux de scène sont inscrits au même titre que les notes. Forme
de petite incursion dans le théâtre musical, le but principal
reste la musique. On peut imaginer que lfon
assiste à la découverte dfun marimba par une tribu qui nfa jamais vu un
instrument de musique.
El Golpe
Fatal de Dirk Brossé (1960).
Le poème symphonique El Golpe Fatal pour grand orchestre d'harmonie,
représente un combat de taureaux "latino américain"
(corrida de toros).
...Le roulement de tambour et la sonnerie de la trompette, soutenus par de solides accords sonores, introduisent solennellement la cérémonie d'ouverture. Le rythme et l'utilisation d'instruments de percussion sud américains donne une impression elatinof.
La sonnerie de trompette est à présent
soutenue par les bois de manière insistante. Puis le taureau entre en piste,
accueilli par les cris d'une foule.
Deux thèmes contrastés vont à présent se développer
à travers toute l'œuvre : l'un héroïque, symbolise la détermination du matador,
l'autre, plus mélancolique, représente l'image du condamné à mort, le taureau.
Le combat débute, le public applaudit. Le taureau se bat de toutes ses forces,
le combat devient violent. Un signal bref des cuivres par "un roulement de
la morth, morne et étouffé, annonce la décision du jury : le matador a récolté
assez de points, l'animal affaibli et épuisé peut être abattu. Le coup fatal,
El Golpe Fatal, suit, sans pitié. L'animal vacille et succombe. Le matador fait
son dernier tour d'honneur. Les accords de fin rigoureux laissent soupçonner
une finale couronnée de succès. Mais ceci n'est qu'une fausse apparence. Le
dernier accord, sonne doucement et mélancoliquement. Il symbolise la fin triste
de cette histoire.
Funky People dfAntoine Hervé (1959)Création pour lfONHJ 2007
Selon Antoine Hervé, Funky People est une pièce virtuose
et haute en couleur, écrite pour l'ONHJ, et qui reprend des parties
de Select People, autre pièce écrite pour l'Orchestre national
de Jazz en 1987.
L'arrangement est entièrement repensé pour l'orchestre d'harmonie.
Ses six percussionnistes donnent la réplique à la section
de saxophones, mise en valeur et traitée comme eun solistef à
part entière. Le style du phrasé évoque celui de Michael
Brecker, talentueux et célèbre saxophoniste de jazz récemment
disparu. Le traitement rythmique général évoque ici
la polyrythmie contenue dans la musique traditionnelle africaine et le
jazz moderne.
Antoine Hervé, pianiste, compositeur, chef d'orchestre et producteur
a été directeur artistique de l'Orchestre national de jazz
de 87 à 89. Réputé pour la qualité exceptionnelle
de ses improvisations au piano, ainsi que pour son travail de compositeur
aussi bien en musique contemporaine que pour la création scénique,
notamment avec Philippe Découflé, il se produit régulièrement
sur les plus grandes scènes nationales et internationales. Partenaire
des plus grands noms du jazz tels que Quincy Jones, Gil Evans, Chet Baker,
Didier Lockwood, Michel Portal, Dee-Dee Bridgewater, Peter Erskine,
Randy Brecker, Toots Thielmans, les frères Moutin, Markus Stockhausen, etc.
Musicien au sens large du terme, pianiste virtuose ayant bénéficié d'une solide
formation classique, il crée régulièrement ses œuvres avec des ensembles
prestigieux, tels que l'Ensemble intercontemporain, le Philarmonique de
Radio-France ou le Quatuor Kocian dans les plus grands festivals
internationaux. Il a écrit cinq œuvres pour orchestres d'harmonie, ainsi que deux
œuvres pour les prix de trompettes du CNSM de Paris et de Lyon.
Deuxième Partie
Études
chorégraphiques 1 et 4 de Maurice Ohana (1914-1992).
Ohana écrivit les Quatre Études
chorégraphiques en 1955 pour quatre percussionnistes, puis en 1962, il remania
son œuvre pour six percussionnistes et représentation chorégraphique. Il
déclara : " Dans la première étude, les périodes sont essentiellement
mélodiquesc l'harmonie se transmute en densité, les résonances harmoniques des
gongs et cymbales apportant l'élément de libération par rapport à la gradation
diatonique. La quatrième étude est une étude de rythmes à caractère mélodique
et de forme strophiquec elle affecte une particulière recherche dans les
couleurs mates des peaux et s'achève sur une vibration de timbres, mats aussi,
qui s'estompe en roulement dans une dernière vibration de densité h.
Virgen
de la Macarena de B. Bautista Monterbe (arrangement
Rafael Mendes).Trompette solo Anthony Abel
C'est une marche dédiée à la Sainte patronne de Séville, pour trompette soliste et orchestre d'harmonie. Pièce de bravoure exigeant du soliste une totale maîtrise de lfétendue et des possibilités techniques de lfinstrument, Virgen de la Macarena concilie à la fois musique et virtuosité, et permet à lfinterprète une certaine liberté de jeu, voire quelques fantaisies...
Intermezzo de Goyescas dfEnrique Granados.
En 1911, Granados composa pour piano l'une de ses œuvres majeures, Goyescas, en témoignage de l'admiration qu'il portait à l'œuvre du peintre Goya. Une adaptation orchestrale fut ensuite créée à New York et l'opéra reçut un accueil extraordinaire.L'Intermezzo fut composé à cette occasion, pour un changement de décor.
Boléro de Maurice Ravel (1875-1937).
En 1928, Ravel reçut la commande d'un " ballet espagnol "
pour les Ballets d'Ida Rubinstein : le thème qu'il choisit allait
bientôt obséder le monde entier. Le compositeur a ainsi décrit
son œuvre : " C'est une danse d'un mouvement modéré
et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l'harmonie
et le rythmec le seul élément de diversité y est
apporté par le crescendo orchestral ", parlant même de
" Pièce pour orchestre sans musique " !
Fascinant, obsessionnel, traversé d'un souffle
hypnotique, le Boléro est avant tout un fabuleux exercice d'orchestration, d'une
prodigieuse ingéniosité. Primitivement écrit dans le ton de ré majeur, Ravel le
transposa en ut majeur après une remarque d'un de ses amis, tromboniste, lui
affirmant que les eglissandosf seraient bien meilleurs un ton plus bas.
Les musiciens
68 stagiaires âgés de 15 à 28 ans ont
participé à cette session.
Clarinettes : Adrien Besse, Hsieh-Huei
Chen, Odile Creuzet, Lydiane Curt, Sophie Dartigalongue, Julien Etchepare,
Claire Fremaux, Stève Guegan, Laeititia Helin, Ling-Chen Huang, Sih-Yu Huang,
Jenny Jurado, Lucile Leclerc, Pi-Jen Li, Benoît Monchecourt, Susumie Miyakre,
Floriane Tardy, Marion Zulke.
Bassons : Maxime Briday, Sophie Dartigalongue.
Flûtes traversières : Marion Henry, Lucie Marsaud, Sandra Muller, Alexandra Rauline, Marion Rifaud.
Hautbois : Anne-Laure Moindreau, Flore Platrier, Chia-Hua Shen.
Saxophones : Antoine Bretoniere, Jheison Jurado, Ghislaine Koenig, Julien Padou,
Eric Pigeon, Damien Rouliere, Sébastien Schlosmacher, Yann Thein.
Contrebasse à cordes : Nicolas Ferreira
Cors d'harmonie : Simon Bessaguet, Félix Dervaux, Nicolas Josa, Georges Musiala,Virginie Resman, Isabelle Sierro.
Trombones : Lionel Koenig, Delphine Martinez, Caroline Sylvestre, Gildas Vallée.
Trompettes : Nicolas Heumber, Camille Jaretty, Gaëlle Marescot, Pierre Pichaud, Benjamin Richeton, Pascal Riegel, David Sage, Florian Varmenot.
Tubas : Cyril Blanchet, Pierre Carron, Julian Cousteil, Louis Doyen, Quentin Gruselle, Barthélémy Jusselme, Nicolas Monin, Caroline Sylvestre, Gabriel Westrelin.
Percussions : Cédric Barbier, Jean-Sébastien Borsarello, Ludwig Franchesqui, Sébastien Godbille, Yohan Leleu, Sylvain Roussel.
Anthony Abel (trompette solo)
Né en 1985, Anthony Abel effectue ses
premières notes de trompette dès lfâge de neuf ans. Il intègre le CNR de Lyon à
treize ans dans la classe dféric Plante après avoir fait ses premières armes auprès de Nicolas Giraud et Bernard
Plenet. À dix-sept ans, il obtient la médaille dfor du CNR de Lyon dans la
classe dfAndré Jung, avec qui il se perfectionnera jusqufà être admis
unanimement au CNSMD de Lyon en septembre 2006, classe de Thierry Caens et
Christian Leger.
Après avoir été finaliste du concours
international FAJM de Deuil la barre en février 2006, il a réalisé un
enregistrement remarqué pour le concours du royaume de la musique 2006. Il se
produit depuis régulièrement en soliste, comme récemment au festival de Menton
2007 où il fut invité à donner un récital dans le cadre des concerts
eDécouverte de jeunes talentsf. Anthony Abel est également trompettiste au sein
dfun quintette de cuivres composé de musiciens issus du CNSMD de Lyon, se
produisant au festival Berlioz de la Côte Saint André, ainsi qufau festival de
Menton. Il est aussi membre actif du sextuor de trompettes QufA Six.
Titulaire du Diplôme dfEtat, il enseigne la
trompette en région lyonnaise.
La tournée de concerts
Le 27 juillet 2007 à Toul (Meurthe et
Moselle).
Le 28 juillet 2007 à Bouzonville (Moselle).
Le 29 juillet 2007 à Sarrebrück à la Maison de la radio allemande (Allemagne).
Une animation musicale de petits ensembles a
eu lieu à Amnéville, près de Metz, précédée dfune réception à la mairie.
Une journée a été consacrée sur le centre de
vacances à lfaccueil dfenfants de centres de loisirs de la région. Les
musiciens ont organisé des ateliers de présentation dfinstrument et de démonstrations à leur intention.