Nous ne sommes pas peu fiers de prendre la route de l'Ardèche, venant
de plusieurs régions de France, pour lfélaboration, à
Viviers dfun orchestre national que nous attendions depuis longtemps (mandolines,
mandoles, guitares, mandoloncelle, guitare basse). Nous savons certes que
lfenjeu est dfimportance pour nos formations amateurs. Si la CMF, avec
lfaide dfune équipe reconnue et dfune grande compétence,
nous donne la possibilité dfune telle réalisation, il nous
appartient, en amateurs certes confirmés, mais conscients de nos
limites, de ne pas trahir la confiance qui nous est faite. Nous devrons
dépasser nos compétences, combler nos lacunes et prouver
le sérieux de la démarche.
Nous mesurons le travail qufil faudra fournir pour mettre au point, en
quelques jours seulement, un programme musical contemporain et ambitieux pour
aboutir à une exécution en public lors du concert qui sera donné six jours plus
tard.
Dès le premier matin (9 heures) jusqufau soir
- souvent même après le souper - le travail en pupitre alterne avec les séances
en tutti. Peu de temps pour revoir les difficultés en travail personnel (il est
bon de souligner que nous nfavons eu les partitions que trois ou quatre
semaines avant le début du stage et que nous ne sommes, ni les uns, ni les
autres, rompus à un répertoire que nous nfabordons que très rarement dans nos formations
dforigine).
Cependant, nous sommes tous acquis tant aux exigences qufaux explications
patientes de notre chef Florentino Calvo, remettant sans cesse lfouvrage
sur le métier, avec de très courtes pauses, le travail des
pupitres sfarticulant sous la férule de Marilyn Montalbano, Vincent
Beer-Demander et Mathieu Sarthe-Mouréou, souvent sollicités par nos questions pour une technique appropriée.
Une excellente entente sfinstalle dès la
première minute. Lfentraide mutuelle sera un excellent moteur tout au long des
dix jours de travail. Toute une semaine à ebûcherf sur un répertoire, nous en
rêvions tous. Cela crée des liens et la cordialité du groupe ne sfest jamais
démentie.
Il y aura bien sûr quelques moments de
détente. Le premier soir, une récréation nous est offerte par la présence du
Quatuor Debussy en résidence à Viviers pour son traditionnel festival annuel,
Cordes en Ballades (voir plus loin), et notre équipe en son complet se propulse
à la cathédrale pour se régaler de la magistrale prestation de cet ensemble
réputé et de lfOrchestre dfAuvergne pour le concert dfouverture. Puis,
chansons, foot, mini ballades dans les ruelles médiévales de Viviers, si joli
village sous un soleil qui nous fut radieusement fidèle, feu dfartifice du 14
juillet.
Il y eut obligatoirement les moments forts, à
commencer par la surprise de lfenregistrement dfune séance de travail par
lféquipe de France Musique installée sur place pour le festival dont il est
question ci-dessus. Ainsi, grâce aux contacts établis avec le Quatuor Debussy
et la mairie de Viviers (en particulier Paulette Penelon que nous remercions),
Florentino a pu sfexprimer sur les ondes de France Musique avec la complicité
de Jean-Pierre Derrien, dans le cadre de son émission Sur tous les tons (dans
cette salle magnifique de lfHôtel de Ville), diffusant quelques extraits du
court programme enregistré la veille par les techniciens de France Musique.
Un autre moment inoubliable fut bien sûr le
concert donné au Centre culturel de Viviers, le 12 juillet, devant deux cents
personnes enchantées et stupéfaites, non seulement de la qualité de
lfexécution, mais confondues par le timbre, lfampleur du son, et nullement
désemparées par lfécoute dfun répertoire sans concessions.
À cet instant, nous avions tous une pensée
émue pour Mario Monti qui aurait tant aimé assister à cette première, lui-même
ayant beaucoup œuvré pour la
concrétisation de lfONAP.
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Florentino, au nom de tous, remercia lfassistance où lfon pouvait
remarquer : le maire de Viviers, François Louvet et son adjoint
à la culture Léo Werchowski, Robert Combaz, président
de la Fédération musicale Rhône-Alpes, représentant
Bernard Aury, président de la CMF. Ainsi que messieurs
Isaac-Tourre et H. Argentin, respectivement président de la Fédération musicale
dfArdèche et président de la commission des plectres de la Fédération musicale
de Rhône-Alpes.
En vue de cette grande soirée, cfest un
programme musical exigeant et de haute qualité qui fut abordé tout au long de
la semaine.
Pour la première session de cet orchestre
national, le choix fut fait de bâtir un programme autour de la musique
française. Cfétait lfoccasion de faire découvrir aux musiciens un répertoire
nouveau et de faire la démonstration au public (et au-delà) de lfintérêt que
peuvent susciter auprès des compositeurs dfaujourdfhui nos ensembles à
plectres.
Nous ne pouvons clore ce compte-rendu sans
souligner le cadre exceptionnel de lfhébergement dont nous avons pu bénéficier.
Le grand séminaire de Viviers, imposant immeuble du XVIIIe siècle avec grande
cour fermée ombragée (délice de nos courtes pauses), des salles spacieuses
lambrissées pour le travail des
répétitions, offrait en outre une nourriture familiale et généreuse.
Un grand merci, en particulier à Annie Nicolas
et Alain Tesconi qui se sont démenés pour que ce stage ait lieu cette année en
leur fief ardéchois, ainsi qufà lforchestre de Valence auquel incombait lforganisation du concert.
Il va sans dire que chacun aimerait, dfune
part renouveler cette superbe expérience dans les toutes prochaines années,
mais aussi partager avec le plus grand nombre de tels précieux instants. Une
façon supplémentaire dfencourager les jeunes élèves des orchestres à plectres
français pour une meilleure qualité, un but à atteindre pour une reconnaissance
de notre instrument pour lequel lfhorizon sféclaircit petit à petit.
Odile Palancher
Les œuvres au programme
Juvénile
Symphonie de Marc Eychenne, Deux Canons de Régis Campo, Trois
Pièces de Jean Francaix (arrgt. V. Beer-Demander), Le talisman des Voïvodes de Frédérick Martin, Arcalune de Marc Grivel, Chaconne
(Hommage à Mario Monti) de Vincent Beer-Demander, Musique sur le bout des doigts de Roland Chagnon.