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Pascale Jeandroz
à l'orchestre d'Harmonie des Gardiens de la Paix...





Pascale Jeandroz nouvellement nommée chef d'orchestre - chef adjointe de l’orchestre d'harmonie des Gardiens de la Paix nous donne sa vision de l’orchestre d’harmonie.


J. CMF : Vous avez dirigé, l’ONHJ pour une deuxième saison, quels ont été les rendez-vous de cette année ?

Pascale Jeandroz : La session 2007 s’est déroulée en Lorraine haut lieu des orchestres à vent en France. Comme l’année dernière, il y a vait un soliste invité. C’est un point important pour moi qui faisait partie de mon projet artistique quand j’ai présenté ma candidature au poste de directeur. En France, les futurs solistes, mis à part les lauréats aux concours internationaux, ont peu d’opportunité de jouer devant un orchestre. Je crois que l’ONHJ a vraiment vocation d’accueillir ces jeunes musiciens et j’espère que ces invitations sont appelées à se pérenniser.

Deuxième point, la création d’Antoine Hervé a permis à l’ONHJ d’aborder le jazz.

C’était un challenge ?

Surtout pour moi, car une grande partie des musiciens de l’orchestre pratique le jazz habituellement. Quant à moi, j’en ai fait pendant mes études et j’étais curieuse de diriger pour la première fois du jazz. C’était un défi à relever. Ayant reçu la partition d’Antoine Hervé un mois avant le stage, cela m’a permis d’y réfléchir et de pouvoir poser toutes les questions au compositeur. Pour lui aussi c’était un challenge d’écrire pour harmonie... Mais je l’avais prévenu du niveau très élevé de l’orchestre et qu’il pouvait écrire comme pour des professionnels.

L’improvisation était au menu ?

Surtout pour les saxophones, car Funky People est dédié au grand saxophoniste Michael Brecker récemment disparu, avec l’idée de rendre hommage à une manière de jouer du “sax” aux États-Unis. Deux de nos saxophonistes s’en sont donné à cœur joie. Mais il y avait aussi des parties d’improvisation pour les batteurs et les percussions. Antoine Hervé; a assisté à la deuxième semaine de répétitions et cela a été très intéressant pour tout le monde. Il a mis sa patte pour que l’orchestre sonne comme il le souhaitait et cela a été fascinant de voir à quel point une musique peut se transformer. La partition était très riche pour chaque instrument et il a réussi à transformer cela en quelque chose de joyeux et d’éblouissant. De plus il a une oreille extraordinaire et il corrigeait en temps réel. La partition se mettait à vivre. Je pense que cette partie du stage a été très intense pour les jeunes, sans oublier la visite de Michel Plasson qui les a fort impressionnés. De la même manière, Michel Plasson a été touché par l’orchestre d’harmonie qu’il a trouvé très intéressant...

Quel a été le fil conducteur du programme de cette année ?

Après l’honneur aux cuivres de l’année dernière, c’était place à la percussion avec les Études chorégraphiques de Maurice Ohana, pièce de référence pour les percussionnistes mais très difficile à jouer. Il y avait aussi la pièce d’Emmanuel Séjourné, Martian tribes (la Tribu des martiens), assez comique où les martiens découvrent sur terre le marimba. Le pupitre des percussions a ouvert les première et deuxième parties des concerts. Les bois n'ont rien perdu, car l’œuvre d’Antoine Hervé mettait à l’honneur les saxophones avec des partitions très difficiles.

Qui encadrait les pupitres ?

Sylvie Hue responsable dupupitre des bois a fait travailler en partielleet en tutti à la fois dans la rigueur et la détente extrêmes. Toujours prête à expliquer et à montrer avec sa clarinette.
André Jung est une institution pour les cuivres...  il explique par le biais de son expérience. Maître dans cet art, il n’hésite pas à livrer ses “trucs”. C’est très généreux et les cuivres en ont besoin, car ils ont un des postes les plus dangereux à l’orchestre.
Jean Fessard encadrant des percussions a proposé en dehors du programme, des séances de musique de rue avec des répétitions intensives où tous les musiciens de l’orchestre pouvaient participer. Bien sûr il y avait quelques absents car certains musiciens avaient à se préparer à des concours, qu’ils ont d’ailleurs réussis pour la plupart. Un est rentré au CNSM de Paris, un deuxième à celui de Lyon et d’autres dans les CNR. Les musiciens de l’ONHJ constituent une bonne équipe qui poursuit son chemin.

Le bilan de cette année...

La physionomie de l’orchestre était assez idéale hormis le manque de basson et de contrebasse mais bien équilibrée dans l’ensemble avec six cors.
Par rapport à l’année dernière où le lieu d’hébergement était génial et la salle de répétition aussi, mais avec quelques kilomètres qui séparaient les deux lieux... cette année, le lieu d'hébergement était agréable, dans le sens où le lieu de répétition, une salle de gymnase était très proche et cela nous permettait de répéter tard le soir sans gêner personne. On ne peut pas tout avoir...
Le point négatif de ce stage, malgré tout le bonheur de faire de la musique ensemble, reste le manque de public aux concerts. Cela est difficile à surmonter pour un musicien, car on ne joue pas pour soi. De ce point de vue, il y a du travail à faire.

D’une manière générale, l’orchestre d’harmonie reste vraiment mal connu...

À mon avis il y a une espèce de monde parallèle et c’est à nous musiciens de le faire connaître. La CMF avec l’ONHJ est sur le bon chemin car c’est par la jeunesse que l’on peut modifier la perception. En développant ce concept avec des musiciens de haut niveau, une exigence sur le recrutement du chef et des intervenants, un répertoire difficile et la création avec le partenariat de la DTMDS, la réalisation d’enregistrement, c’est exactement ce qu’il faut faire pour l’orchestre d’harmonie.... il ne manque que la « case » public.

Après cette période estivale intensive et cinq années passées auprès du Chœur de l’Armée française, vous êtes depuis septembre à l’orchestre des Gardiens de la Paix...
Est-ce la direction de l’ONHJ qui vous en a donné l’idée ?

En fait c’est à la Garde Républicaine lorsque j’y étais chef de chœur, que j’ai redécouvert l'harmonie en allant écoute ses concerts et j’ai été ébahie par la beauté de l'orchestre, sa richesse musicale, sa couleur et son répertoire. C’est donc grâce à la Garde républicaine que j’ai sollicité le poste à l’ONHJ contente de travailler avec des jeunes de haut niveau. C’est aussi par la Garde républicaine, que j’ai entendu parler de l’orchestre des Gardiens de la Paix. J’ai pu par ailleurs me faire une idée de ce magnifique orchestre grâce à sa riche discographie réalisée ces dernières années.

Vous êtes à l’orchestre des Gardiens de la Paix depuis peu racontez-nous...

Je suis chef adjointe à l’orchestre d’harmonie à la Musique des gardiens de la Paix depuis septembre. Entrée le 3, je dirigeais mon premier concert le 7... puis il y a eu une première cérémonie à l’Arc de triomphe... c’était un peu nouveau pour moi car le protocole est différent de celui de la Garde républicaine, mais l’orchestre m’a vraiment aidé. Le programme des concerts est chargé. Philippe Ferro, chef principal, a énormément de charisme et sait vraiment où il veut aller avec son orchestre. Un orchestre est une entité et quand ça marche c’est magnifique. Je suis ravie d’avoir intégré cette formation superbe artistiquement, humainement avec une équipe extrêmement soudée.

Qu’allez-vous programmer pour vos concerts, y aura-t-il de la voix ?

Je suis encore très imprégnée par le vocal étant donné que j’ai “baigné” dedans pendant un certain temps. Au Châtelet, j’ai dirigé une ouverture d’un opéra de Verdi et à Saint Merri, j'avais choisi des pièces d’origine vocales dont certaines avec orgue. Mais concrètement la voix et l’orchestre d’harmonie restent difficiles à concilier car l’espace sonore lumineux de l'orchestre couvre les voix. Cela reste néanmoins possible en petite formation de chambre.

Pour le concert de janvier à St Roch, il y aura une partie fanfare, car je reste très préoccupée par l’image des cuivres. C’est tellement beau... J’envisage aussi dans le cadre de l’année du centenaire de la naissance de Messiaen et celui de la mort de Rimski-Korsakov de rendre un hommage à ces compositeurs. J’aime à changer de programme pour chaque concert en fonction du lieu.J’essaie aussi de suivre un fil conducteur afin de créer une histoire de manière à ce que le public puisse se reconnaître.

Vous allez partir en tournée...

Cette année, l’orchestre des Gardiens de la Paix tourne beaucoup en France. Nous irons à Lyon, Strasbourg... C’est important de se déplacer ! d’être les ambassadeurs de notre institution (la Préfecture de Police), de l’orchestre d’harmonie. Je dois dire que l’orchestre des Gardiens de la Paix se donne vraiment sur scène avec beaucoup de densité. La fibre artistique du groupe est impressionnante.

C’est physique de diriger ?

C’est plutôt requinquant. La direction est l’un de ces rares métiers où, quand il est bien fait et dans de bonnes conditions, l’on reçoit bien plus que ce que l’on donne. Dans un concert, il se passe beaucoup de choses avec de grands moments d’émotions et c’est magique.


Propos recueillis par Christine Bergna




Contacts
www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/connaitre/musique/Musique.htm

Prochains concerts à Paris
Dimanche 13/01 à Saint Roch à 16h, entrée libre ; samedi 12/04 à Saint Merri à 16h autour de Messiaoen ; 21/03 au CNR, rue de Madrid, autour de Désiré Dondeyne.
25/01, concert de la B.-F. à la mairie du IIIe.

Tournées en province
9 et 10/05 à Strasbourg ; en mai, dans le cadre des Festivals Coups de Vent et Eolia ; 16/02, en formation de chambre au CNSM de Lyon.

à venir
23 février, invité de l’Émission le Kiosque des amateurs, autour de Roger Boutry
E
nregistrement en cours des œuvres de Désiré Dondeyne en vue de la sortie de CD et DVD.

Quelques repères..
Après des études de piano et de violon au Conservatoire Régional de Grenoble, puis d'écriture au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, où elle obtient quatre premiers prix, Pascale Jeandroz s’oriente vers la direction d’orchestre. Elle suit l’enseignement de divers chefs, notamment Pierre Boulez, Peter Eötvös, John Elliott Gardiner, Eric Ericsson…

Lauréate du 13e Concours international de direction d’orchestre de Lugano (Suisse), titulaire du Diplôme de direction d’orchestre de l’Ecole Normale Supérieure de Musique de Paris, admise en quart de finale des Concours Internationaux de Besançon et Katowice, elle est engagée de 1988 à 1993 par l’orchestre Krakowiak en Picardie. Puis, elle dirige pendant plusieurs années l’Orchestre symphonique des jeunes "Alfred Lowenguth", orchestre amateur de haut niveau avec lequel elle effectue plusieurs tournées, notamment à Prague, ainsi que de nombreux concerts à Paris.

Après avoir assuré la direction artistique de l’Orchestre Vivaldi (Senlis, 1991-1992), elle est nommée directrice musicale du StudiOpéra à Paris, en 1996, puis du Théâtre du Binôme pour une tournée d’opéra.

En 2002, elle prend la direction du Chœur de l’Armée Française à la Garde Républicaine. Avec ce chœur d’hommes professionnel, elle collabore avec les plus grands chefs et orchestres : Christophe Eschenbach (Orchestre de Paris), Pierre Boulez (Orchestre du Conservatoire Supérieur de Musique de Paris), Edmon Colomer (Orchestre de Picardie), Peter Eötvös (Ensemble Intercontemporain)…

Titulaire de deux certificats d’aptitude à l’enseignement (écriture, formation musicale), professeur de musique de chambre au Conservatoire du 8e arrondissement de Paris, elle en dirige régulièrement l’orchestre des professeurs et grands élèves, dans des programmes d’oratorio ou de création contemporaine (salle Gaveau).

En 2006 et 2007, la CMF lui confie la direction de l’Orchestre national d’Harmonie des Jeunes.



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