cmf journal
Concerto pour Tuba et Orchestre d'Harmonie
de
Stéphane Krégar



 
En attendant le rendez-vous du 26 avril, théâtre de la Faïencerie à Creil, pour écouter le Concerto pour tuba et orchestre d’harmonie créé par le tubiste François Thuillier et l’orchestre d’harmonie de la ville de Clermont (60), rencontre avec Stéphane Krégar, compositeur et chef d’orchestre de ce projet.


J.CMF : Ce n’est pas par hasard si vous avez écrit ce concerto pour François Thuillier...

Stéphane Krégar : En fait je connaissais François Thuillier auprès duquel j’ai travaillé les musiques actuelles dans le cadre de ma formation de tubiste parallèlement à mon cursus classique au conservatoire. Puis nous nous étions perdus de vue et nous nous sommes retrouvés dans une nouvelle optique : écrire pour moi et interpréter pour lui... cela à l’air de bien fonctionner.

Quelles difficultés pour ce concerto ?

S.K. : François Thuillier a souhaité que l’orchestre ne soit pas réduit au rôle d’accompagnateur mais qu’il y ait une vraie complémentarité entre l’orchestre et le soliste. J’ai donc essayé de fusionner les deux. Il y a du travail à l’orchestre pour les bois, les cuivres et la percussion. Rythmiquement, il y a quelques mises en places peu habituelles pour un orchestre d’harmonie. On y  trouve des mesures impaires... néanmoins, ce concerto de 35 minutes est  largement abordable par un orchestre de bon niveau de 3e division et supérieure.

Quel est le style de ce concerto ?

S.K. : J’ai gardé sans le vouloir la forme classique du concerto* avec un 1er mouvement modéré, un 2e lent et un 3e rapide. Les 1er et 3e sont rythmiquement jazz avec des accents musique du monde notamment d’Europe centrale. Le 2e mouvement s’apparente à un andante classique du début XXe  siècle. Le soliste improvise pour chaque mouvement. Dans le 3e François Thuillier prendra le rôle  du bassiste pour accompagner un musicien de l’harmonie. L’écriture tubistique bien que solidement virtuose ne se veut pas démonstratrice et se partage entre l’émotion simple et la dynamique complémentaire aux thèmes développés par l’orchestre.

Tubiste de formation, vous êtes bien placé pour écrire pour l’instrument...

S.K. : Oui, d’ailleurs François Thuillier m’a dit en plaisantant « tu ne me téléphoneras pas pour savoir si on peut ou ne pas faire telle chose avec l’instrument, comme le font habituellement les compositeurs ». Mais au-delà du fait que je connaisse l’instrument, je connais aussi le jeu de François et j’espère qu’il y aura une belle osmose d’autant que l’orchestre m’est familier puisque que je le dirige.

Parlez-nous de votre orchestre d’harmonie de Clermont...

S.K. : J’ai repris sa direction, il y a deux ans et demi. Cet orchestre a su préserver son héritage du passé afin de le mettre au service des exigences d’aujourd’hui. Il est composé d’une quarantaine de musiciens, certains sont aussi mes élèves en musiques actuelles car j’enseigne aux conservatoires de Compiègne et Beauvais. Cela me permet d’intégrer des plages d’improvisation, étoffer la couleur du répertoire et découvrir d’autres esthétiques encore peu développées à l’orchestre d’harmonie. Clairement tourné vers une démarche actuelle l’orchestre de Clermont est un outil de diffusion répondant aux exigences techniques et artistiques que demande la création.

Comment se déroule la préparation de ce concerto ?

S.K. : La commande a été passée en mars dernier et je me suis mis de suite au travail. L’orchestre répète depuis septembre et François Thuillier a eu le matériel en octobre. La première répétition avec soliste a eu lieu en février. L’avant-première se tiendra le 29 mars à la salle Pommerie de Clermont. Suivra la création, le 26 avril, dans la salle du théâtre de la Faïencerie de Creil, commanditaire. Ce jour-là l’European Tuba Trio  (Anthony Caillet, Sergio Carolino et François Thuillier) donnera dans l’après-midi une master class et jouera en première partie du concert, le soir.

Vous avez d’autre projet ?

S.K. : Nous travaillons sur une commande de la ville de Clermont autour du thème de la tolérance.  Ce projet a un cahier des charges très précis, il s’agit de réunir autour d’un texte de Voltaire, les trois orchestres de la ville : l’orchestre à cordes, la chorale et l’orchestre d’harmonie. L’œuvre d’une durée de trente minutes teintée de musiques du monde sera accompagnée d’une chorégraphie. La création aura lieu le 18 juin.


Propos recueillis par Christine Bergna


Présentation du Concerto pour tuba et orchestre d’harmonie
par Stéphane Krégar

L’écriture tubistique bien que solidement virtuose ne se veut pas démonstratrice et se partage entre l’émotion simple et la dynamique complémentaire aux thèmes développés par l’orchestre.
Celui-ci n’est absolument pas réduit à un accompagnement, mais participe entièrement à l’élaboration des ambiances feutrées et lointaines, inquiétantes voire dérangeantes, ou bien carrément festives que l’on retrouve tout au long de la pièce en contrepoint avec le tuba une fois encore surprenant de richesse sonore.
La complicité entre les deux entités, palpable à chaque instant, se retrouve également dans les deux passages improvisés du concerto où le tuba solo et un soliste de l’orchestre pourront partager et faire partager le meilleur d’eux-mêmes.
Le premier mouvement est une invitation au voyage, aux voyages… Destination virtuelle d’une contrée chaude et moite où seule la présence vivante de l’interprétation du soliste nous laisse entendre quelques couleurs d’Europe centrale.
Le deuxième mouvement est beaucoup plus timide et réservé que son prédécesseur. Son atmosphère y est néanmoins plus lourde, pesante mais extrêmement lyrique. L’ensemble se verra plus mis à nu ici et l’on a presque l’impression de rentrer dans l’intimité du soliste…
Le troisième mouvement sans être un « happy end » est néanmoins plus optimiste, mais n’est pas pour autant attendu et révèle de nombreuses surprises dans différents domaines…

Stéphane Krégar en quelques lignes...

Parallèlement à des études de musicologie en Sorbonne, il étudie le tuba au Conservatoire du Xe (classe de Philippe Legris) et au CNR d’Amiens (classe de François Thuillier), où il obtiendra deux prix.

Il enseigne le tuba et les musiques actuelles aux conservatoires de Compiègne et Beauvais, dirige l’orchestre d’harmonie de la ville de Clermont et deux collectifs jazz.
Musicien avec Eddy Louiss, Laurent Cugny, Claude Egéa, Jean-François, Canape, Geoffroy Tamisier, du big band “Xte A suivre…", du sextet de Yoschko Seffer, du Sextet A’brass ; mais aussi avec Georges Prêtre, Marius Constant…
Compositeur de pièces pour diverses formations (orchestre d’harmonie, ensemble de cuivres, ensemble jazz, orchestre symphonique, choeur…), il est membre de la Sacem. De nombreuses commandes originales et éclectiques lui sont régulièrement passées. La dernière est une symphonie en qua-tre mouvements dite Manouche et, à venir, une création pour chœur orchestre à cordes et orchestre d’harmonie sur le thème de la tolérance et sur un livret de Voltaire. Enfin il a remporté le 1er Prix national de composition pour ensembles de cuivres au Festival international de Cluses en 2006.



retour <<

copyright © 2008 cmf journal _ www.cmfjournal.org

accueil a propos du journal dossiers concours archives abonnement contact