Déroulement du colloque
Introduction : de la formation à la pratique
Jean-Marie Dazas,
1er vice-président de la CMF, directeur du CRI de
Lencloître (Vienne).
1-À quoi ressemble un ensemble amateur aujourd’hui ?
Jean-Marie Dazas
2-Quelle formation pour le musicien amateur ?
Jean-Pierre Pommier
directeur du CRD de La Rochelle, compositeur.
3-Les débouchés musicaux pour le musicien amateur
Anne Bernard
directrice générale des services de la CMF.
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Extraits
3- Les débouchés musicaux pour le musicien amateur
Apprendre à jouer d’un instrument, c’est bien, mais qu’en
fait-on après ? Plusieurs choix s’offrent aux musiciens amateurs : la première,
la plus simple a priori: jouer tout seul, bien sur. Mais c’est dommage, et le
manque de motivation se fait vite sentir. On voit rapidement les limites de
jouer seul, sans renouveler son répertoire, et surtout sans aucun échange
musical et humain. Car le but de tout musicien, quel que soit son niveau, est
bien de partager.
Le mieux est donc de jouer à plusieurs. Quel que soit le
genre, quel que soit le nombre, quel que soit le niveau, la convivialité est
vite au rendez-vous, on ressent une certaine émulation, et la progression qui
va avec. À cela s’ajoute la perspective de jouer en concerts et même parfois de
voyager, forte source de motivation. Tout cela permet aux musiciens de ne pas
ranger définitivement leur instrument, ou, pire, de le revendre (et donc
d’évacuer complètement de son esprit la possibilité de reprendre un jour son
instrument).
Le mieux est donc de jouer en groupe : mais en groupe
comment? En musique de chambre? Dans un groupe de rock ? Dans un orchestre ?
Tout est possible.
Les ensembles de musique de chambre ou groupes de musiques
actuelles sont souvent constitués de copains, sans forme juridique définie tel
qu’une association. Le répertoire est soit constitué de pièces existantes et
éditées, soit des arrangements et adaptations pour cet ensemble en particulier,
réalisés par un de ses membres.
Quand on n’a jamais joué en orchestre, on ne pense pas à
cette possibilité, ou bien on n’ose pas prendre contact, ou même on ne connait
pas l’existence des associations musicales, alors qu’il en existe dans la
plupart des villes, même de petites tailles. C‘est la raison pour laquelle il
est très important de créer des liens entre les conservatoires et les
associations, pour que les musiciens « prennent l’habitude ». Il est prouvé que
les musiciens ayant pratiqué dans une association pendant leurs études, y
retournent lorsqu’ils arrêtent le conservatoire. Soit immédiatement (ils
continuent à jouer en orchestre mais ne prennent plus de cours), soit plus
tard, lorsqu’ils sont installés dans la vie active. On voit même des musiciens
revenir lorsque leurs propres enfants apprennent la musique (ils viennent jouer
avec eux). D’autres également, reviennent au moment de la retraite.
Quand on n’a jamais joué en orchestre, on peut également
avoir des appréhensions: quelle sera ma place? Est-ce que j’aurai le niveau? Ne
suis-je pas trop vieux? Qu’est-ce que les autres vont penser de ma façon de
jouer?
Je rassure ceux qui seraient dans ce cas: les associations
accueillent toujours les musiciens à bras ouverts. N’ayez pas peur de les
contacter, d’aller les écouter en répétition. En général, elles vous
proposeront même de venir directement avec votre instrument. Ensuite, n’ayez
aucune crainte, les autres musiciens sont comme vous, ils viennent pour se
faire plaisir, et vous serez vite adoptés. Surtout, quel que soit votre niveau,
il ne faut pas hésiter.
Il existe une multitude de genre d’orchestres qui peuvent
permettre à tous de trouver son bonheur. Commençons par les possibilités
offertes aux musiciens jouant d’un instrument à vent ou percussions. C’est en
effet eux qui ont le plus de choix: ils peuvent jouer en:
- Orchestre d’harmonie : orchestre composé d’instruments à
vent et percussion. Il en existe énormément (la CMF en compte 2600 parmi ses
adhérents), malgré qu’ils soient souvent méconnus du grand public et pas
médiatisés. Ils offrent généralement un répertoire varié, incluant des musiques
originales, mais aussi des musiques de film, des arrangements ou même des
transcriptions de musique classique.
- Orchestres de fanfare : ressemble aux orchestres d’harmonie
mais avec moins de bois, les clarinettes étant remplacées par des bugles.
- Brass-bands, composés uniquement
de cuivres. Ils sont très nombreux dans les pays anglo-saxons et se développent
en France. Le grand public les a découverts à travers le film “Les virtuoses” ,il y a quelques années. Il peut également assister au
championnat national que la CMF organise chaque année.
- Batterie-fanfares, composés de cuivres, mais avec des
instruments naturels.
- Big-bands, composés uniquement
d’instruments à vent avec un répertoire uniquement jazz.
- il existe également un certain nombre de groupes plus
d’animation, type “orchestres de rue”, “fanfares universitaires” ou “bandas”.
- enfin, les musiciens jouant d’un instrument à vent ou
percussions peuvent jouer en orchestre symphonique.
Les orchestres symphoniques, comme chacun sait, sont
composés d’instruments à cordes, vents et percussion. Leur répertoire est le
plus souvent classique, mais il peut être contemporains ou plus légers (musique
de film, arrangement, etc.)
Les instrumentistes à vent et les percussionnistes n’ont
donc que l’embarras du choix.
Les instrumentistes à cordes quant à eux peuvent jouer dans
les orchestres symphoniques, ainsi que dans les orchestres à cordes.
Parfois moins connus du grand public, il existe également
des orchestres spécifiques à certains instruments:
- des orchestres à plectre, composés de mandolines et de
tous les instruments de cette famille et de guitares.
- des orchestres d’accordéons, composés d’accordéons et de
percussions.
- il existe également des orchestres de clarinettes, des
bandes de hautbois, ou encore des ensembles de flûtes, etc.
- les instruments dit “amplifiés” guitare électrique ou
basse électrique trouveront naturellement leur place dans des groupes de musiques
dites “actuelles”, mais peuvent également s’intégrer dans certains orchestres à
vent, notamment les basses électriques, pour compléter les instruments graves.
- enfin, pour les chanteurs, il existe de nombreuses
chorales, mixtes ou à voix égales, avec des répertoires allant de la variété au
lyrique.
Quel répertoire?
Ne pas cloisonner les genres...
Ce n’est pas parce que l’on joue dans un orchestre, que l’on
aime, que l’on écoute, ou que l’on ne joue que ce style de musique.
Certains musiciens jouent même dans plusieurs orchestres (un
orchestre d’harmonie et un brass-band, par exemple;
ou un orchestre d’harmonie et un orchestre symphonique)
En tout cas, la plupart des musiciens aiment jouer plusieurs
styles différents à l’intérieur de leur orchestre: il n’est pas rare de voir se
côtoyer dans les programmes des orchestres de la musique originale, de la
musique de film, de la musique du monde, voire même du rock ou autres,
transcrit pour orchestre. En général, le public est aussi ravi que les musiciens
par ces mélanges de style.
Le mélange des genres peut également se faire en s’ouvrant
vers d’autres ensembles: les concerts communs ‘orchestre et chorale’ se font
régulièrement, mais associer un groupe de rock ou de variété avec un orchestre
d’harmonie ou même un orchestre symphonique est faisable et donne des résultats
très intéressants.
Et pourquoi s’arrêter aux mélanges des genres musicaux ?
L’association avec les autres arts est également intéressante. Les orchestres
peuvent inventer! Pourquoi ne pas coupler un concert avec une exposition de
peinture ? avec des lectures de poésies? avec du théâtre ou du cirque ? Il ne faut pas hésiter à
innover. Ces projets motivent aussi bien les musiciens que les élus et le
public. Sans compter l’intérêt pour tous de rassembler des publics de
différents horizons.
Anne Bernard
Programme musical donné dans le cadre du colloque Musicora, le 5 avril 2008
- Cocktail de Jérôme Naulais, par
l’Ensemble de cinq trompettes composé de Bastien Giraud, Gaspard Péchenard, Raphaël Quinart,
Adrien Tomba, Camille Toupet
- Entracte de Jacques Ibert et Take
five de Paul Desmond (arr. Youri Tessier) par le Duo Hautbois et guitare avec
Clémentine Buonomo et Arthur Michaud.
- Traffic de Thomas Doss, Pirates des Caraïbes (suite symphonique) de Klaus Badelt (arrangement John Wasson,
El golpe fatal (poème symphonique) de Dirk Brossé
avec l’Orchestre d’harmonie de Pantin, direction Laurent Langard.