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"Désiré Dondeyne"
pionnier de la Musique pour orchestre d’harmonie en France au XXe siècle

ouvrage écrit par

Francis Pieters



Désiré Dondeyne et Francis Pieters


Francis Pieters auteur du livre Désiré Dondeyne, pionnier de la Musique pour orchestre d’harmonie en France au XXe siècle a réalisé un remarquable travail autour de cette figure marquante du paysage musical français. Nous lui avons posé quelques questions.


J-CMF : Comment avez-vous eu l’idée de ce travail autour de Désiré Dondeyne…

Francis Pieters : En fait, je connais Désiré depuis de nombreuses années et j’ai toujours fortement apprécié son énorme travail, tout autant que ses connaissances et son éternelle gentillesse. Début 2006, j’ai décidé de consacrer ma conférence, pour le congrès de l’IGEB à Northfield aux Etats-Unis en juillet, à Désiré Dondeyne. Comme l’auditoire international était très enthousiaste, le professeur Habla, président de l’IGEB, m’a demandé d’écrire une biographie complète, parce qu’un tel ouvrage n’existait pas encore. Cela m’a semblé une excellente idée et j’ai interrompu mes autres travaux en cours pour me consacrer durant plus de neuf mois à la rédaction de cette biographie.

On sent, à travers ce livre, un échange précieux avec Désiré Dondeyne et un travail de recherche très poussé… pouvez-vous nous en dire plus ?

Il faut effectivement souligner le fait que j’ai eu de nombreux contacts avec Désiré qui m’a toujours accueilli à bras ouverts. J’apprécie énormément l’amitié de Désiré ce qui m’a permis de le questionner à fond et d’avoir accès à une multitude de documents de tout genre, y compris les photographies reprises sur le CD Rom accompagnant le livre. Mes riches archives personnelles m’ont également été fort précieuses, tout comme l’aide appréciée de la part de Frédéric Robert.  Ce dernier a collaboré durant de très nombreuses années avec Désiré Dondeyne et m’a fourni de très précieux renseignements. En plus, Frédéric Robert m’a fait l’honneur d’écrire la préface et je lui en suis profondément reconnaissant. Comme j’ai pas mal de relations et d’amis dans le domaine de la musique à vent en France, j’ai également pu faire appel à leurs concours. Enfin, Philippe Ferro m’a largement ouvert les portes de la Musique des Gardiens de la Paix.

En annexe à votre ouvrage, vous présentez la liste des enregistrements et des compositions de Désiré Dondeyne, témoignage d’une grande activité et créativité…

Bien sûr, c’est avant tout l’impressionnant catalogue des compositions de Dondeyne qui témoigne de l’importance capitale de cette figure de proue de la musique pour orchestres à vent de la deuxième moitié du vingtième siècle en France. Le récent enregistrement du double CD par la Musique des Gardiens de la Paix* est un autre témoignage de la grande diversité de l’œuvre de Dondeyne pour orchestre d’harmonie. L’incroyable discographie, quand à elle, témoigne des efforts énormes de divulgation du répertoire (surtout du répertoire original) français et étranger. Je voudrais souligner le fait que Désiré Dondeyne n’a presque pas enregistré ses propres œuvres ! Tout simplement parce qu’il estimait qu’il avait tant d’autres choses à faire connaître. Je suis heureux qu’un double CD vienne de lui être consacré. Personne n’a fait autant pour la musique d’harmonie en France (et même en Europe) que Désiré Dondeyne, qui reste d’ailleurs toujours actif et surtout, toujours à la disposition de tous. Un exemple à suivre.

‘Pionnier de la Musique pour orchestre d’harmonie en France au XXe siècle’, comme vous l’écrivez en sous-titre à votre ouvrage, quel a été le rôle de Désiré Dondeyne…

N’oublions pas que, hormis les compositions qu’il a écrites et les innombrables enregistrements qu’il a réalisés, Désiré Dondeyne a dirigé la Musique de Gardiens de la Paix de Paris durant un quart de siècle et en a fait une formation modèle, fortement appréciée des Parisiens. Sa participation à d’innombrables jurys à tous niveaux en France et ailleurs, son action pédagogique, sa collaboration à la formation des chefs de musique militaires et autres, la présidence de l’Union des Fanfares de France etc. ne sont que quelques aspects de ses nombreuses activités. Il a fait découvrir tout un répertoire, jusqu’alors presque totalement inconnu en France, tandis qu’il a fait connaître des œuvres maîtresses françaises jusqu’aux Etats-Unis et au Japon. Citons tout simplement, la Grande Symphonie Funèbre et Triomphale de Berlioz, les œuvres de la Révolution Française, les pièces écrites pour 14 Juillet de Romain Rolland qui n’en sont que quelques exemples. Ces efforts peuvent être retrouvés dans le fameux « Traité » que Désiré a écrit en collaboration avec Frédéric Robert. À 86 ans, il reste actif et on fait encore régulièrement appel à lui, simplement parce qu’on a besoin de lui et qu’il reste toujours gentiment à la disposition.

Comment voyez-vous l’orchestre d’harmonie aujourd’hui ?

L’orchestre d’harmonie possède de nos jours de très grands atouts. Beaucoup de jeunes musiciens ont une excellente formation, de nombreux chefs également, bien que ces derniers soient trop peu nombreux. Il existe un répertoire original fantastique et accessible, quoiqu’il faut absolument séparer le bon grain de l’ivraie. Trop de chefs se limitent à ce qu’ils “entendent” sur les innombrables CDs publicitaires qu’ils trouvent dans leurs boîte aux lettres. Les partitions se « lisent » avant tout et sont étudiées, cela demande des efforts et du temps, deux éléments souvent devenus trop rares. Ceux qui travaillent ont d’excellents résultats et nous en sommes tous témoins… L’époque où l’orchestre d’harmonie restait le ‘succédané’ ou ‘ersatz’ de l’orchestre symphonique est révolue ; cela tout le monde l’a compris, alors je ne comprends pas bien pourquoi il devrait être l’ersatz de l’orchestre de variété ou du big band ? Les imitations ne sont que rarement appréciées, alors que l’orchestre d’harmonie a ses propres lettres de noblesses auxquelles s’en ajoutent régulièrement de nouvelles…

Ce livre a pu être édité par le biais de l’association internationale de recherches et de promotions de la musique pour orchestre à vents, quel est son rôle ?

L‘IGEB (Association Internationale de la Recherche et de la Promotion de la Musique à Vent, attachée à l’Université des Arts de Graz en Autriche) est une société musicologique qui réunit, tous les deux ans, environ quarante experts du monde entier qui présentent leurs recherches liées à la musique à vent. En 2008 la conférence IGEB sera organisée pour la première fois à Echternach au Grand-duché du Luxembourg. Les sujets choisis peuvent porter sur des recherches regroupant toute la panoplie des sciences humaines en relation avec la musique à vent, non seulement la musicologie, mais également l’ethnologie, la philosophie, la sociologie, la pédagogie etc. Cette conférence sera encadrée par un cycle de concerts de musique à vent en collaboration avec l’UGDA, des orchestres et des écoles de musique du Grand-Duché du Luxembourg. L’IGEB compte des membres dans le monde entier et publie régulièrement des livres. Une série, appelée Reprints permet de découvrir d’anciens ouvrages de référence qui sont épuisés depuis fort longtemps. Cette biographie devrait être la première d’une nouvelle série.


Propos recueillis par Christine Bergna



Francis Pieters est auteur et critique. Jusqu’à présent il a publié près de mille articles spécialisés concernant la musique à vents dans de nombreux magazines en Belgique et à l’étranger et il a écrit les textes pour plus de cent disques compacts. Durant des années, il a réalisé des programmes pour la Radio flamande en Belgique et pour différentes chaînes de radio aux Pays-Bas et a collaboré à plusieurs émissions de télévision. Il donne des conférences dans de nombreux pays, est régulièrement invité à donner des cours à plusieurs conservatoires (notamment aux Pays-Bas) et participe à la formation des chefs et des musiciens militaires en Belgique. Il a publié neuf livres dont certains sont considérés comme des ouvrages de référence.


Désiré Dondeyne, pionnier de la Musique pour orchestre d’harmonie en France au XXe siècle par Francis Pieters, préface de Frédéric Robert, éditions MusikverlagKliment, Wien. 


Ce livre est accompagné d’un CD avec l’enregistrement de Nuances et un album photos. En vente en France aux Editions Robert Martin, 106 Grande rue de la Coupée, 71850 Charnay-les-Mâcon
tél. : 03 85 34 46 81 ; fax. : 03 85 29 96 ; www.edrmartin.com ; cfelix@martin.com




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